Au cours des journées annuelles de la Société Française d’Hypertension Artérielle (SFHTA), l’équipe médicale de l’unité d’hypertension artérielle de l’Hôpital Georges Pompidou a présenté des données inédites sur l’autosurveillance de la tension artérielle à domicile grâce à l’application Hy-Result. L’originalité de cette étude réside dans l’utilisation d’une application accessible gratuitement sur le web, approuvée par la SFHTA, marquant ainsi la première initiative française d’autogestion via la e-santé dans le domaine de l’hypertension artérielle.
Les principaux enseignements de l’étude sont les suivants :
1. La population utilisant l’application est composée principalement de personnes engagées dans le dépistage ou le contrôle de l’hypertension, comme en témoigne leur âge moyen de 62 ans, leurs multiples facteurs de risque cardiovasculaires, et leur traitement antihypertenseur, touchant 63 % des utilisateurs.
2. L’application Hy-Result permet d’obtenir dans 90 % des cas un compte rendu d’automesure tensionnelle valide pour avis médical. Ces résultats sont basés sur un nombre suffisant de mesures réparties sur plusieurs jours, conformément aux recommandations scientifiques.
3. 43 % des utilisateurs ont été automatiquement invités à consulter un médecin en raison d’une pression artérielle dépassant les seuils recommandés, soulignant le rôle de l’application dans l’identification des cas nécessitant une intervention médicale.
4. L’application Hy-Result montre un potentiel significatif pour le triage des patients hypertendus, offrant une autogestion guidée par la e-santé. Ces résultats soulignent l’importance de l’autogestion dans le contexte de la santé numérique.
En commentaires, le Dr Nicolas Postel-Vinay et le Dr Nicole Gebara (Hôpital européen Georges Pompidou – Paris) soulignent que l’outil est utilisé par des personnes actives pour leur santé, et que les résultats de l’application sont médicalement pertinents. Ils notent également que l’application facilite le respect des bonnes pratiques d’automesure tensionnelle. L’étude présentée au congrès, contribue à la compréhension des pratiques d’automesure à domicile et souligne l’importance de l’autogestion dans le contexte de la santé numérique, offrant une approche prometteuse pour l’amélioration de la prise en charge des patients hypertendus.
A propos d’Hy-Result
Hy-Result est une web application conçue pour aider les patients à réaliser en autonomie trois tâches successives : 1) effectuer une mesure de la pression artérielle à domicile selon un protocole standardisé ; 2) comprendre leurs résultats ; 3) en cas de tension trop haute partager (avec leur médecin) leurs résultats de mesures via un rapport au format PDF. Avec le consentement des utilisateurs, les données (profil médical + mesures de pression artérielle) sont sauvegardées de manière entièrement anonyme dans une base de données sécurisée. Aucune exploitation publicitaire ou revente des données n’est effectuée.
Conçu par une équipe internationale d’experts de l’hypertension artérielle, (voir détails sur le site hy-result.com) l’algorithme Hy-Result a été d’abord validé par le centre d’hypertension artérielle de l’hôpital européen Georges Pompidou (Paris) avec une étude clinique publiée en 2016 dans le journal spécialisé Blood Pressure Monitoring. Ensuite, les avis de plus de 500 utilisateurs, en France et aux USA ont été publié en 2020 dans Blood Pressure Monitoring. Ce travail avait montré que l’utilisation du logiciel Hy-Result est jugée facile par la grande majorité des patients et qu’elle renforce la relation du patient hypertendu avec son médecin traitant. En 2021, une évaluation du système Hy-Result a été menée auprès des femmes enceintes hypertendues avec des résultats positifs publiés dans la revue Vascular Health and Risk Management. En 2023, la place de l’algorithme Hy-Result comme outil d’optimisation du parcours de soins a été décrit dans la revue Mhealth. En 2023, le conseil d’administration de la société française d’hypertension artérielle (SFHTA) a cautionné l’usage de l’application en autorisant l’apposition de son logo. De façon générale, les dernières recommandations de la société européenne d’hypertension (ESH) précisent que l’utilisation des interventions digitales (tele-health technologies) sont associée à une meilleure éducation des patients.
Hy-Result est accessible gratuitement depuis les sites automesure.com et hy-result.com
L’application Hy-Result® vous guide pour mesurer votre tension et vous aide à comprendre vos résultats de mesure. Elle est recommandée par les médecins. L’application Hy-Result® est un algorithme d’interprétation automatique des résultats de mesure de pression artérielle. Elle fait le lien entre les patients utilisateurs et les professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens). Cet applicatif est le fruit d’une recherche médicale débutée en 1999. Hy-Result® est validé au niveau international.
Hy-Result® a deux finalités : • Le dépistage de l’hypertension artérielle de tous les personnes adultes dont les femmes enceintes • Le suivi des patients déjà connus comme hypertendus, sous traitement médicamenteux ou pas)
Pour en savoir plus sur l’application Hy-Result® consulter le site internet dédié www.hy-result.com qui conçu par des médecins spécialistes de l’hypertension artérielle. Sa direction scientifique est assurée par les docteurs Guillaume Bobrie et Nicolas Postel-Vinay en lien avec un comité d’experts internationaux.
L’utilisation d’une caméra (professionnelle ou bien de smartphone) pour la surveillance sans contact de la pression artérielle est une solution attrayante, mais les recherches n’ont pas encore abouti explique la revue Connected health and telemedecine (1).
Comment ça marche ?
Pour évaluer le débit sanguin dans le système vasculaire périphérique, la photopléthysmographie mesure la lumière réfléchie par la peau. Une source de lumière (soit provenant de l’appareil, soit lumière ambiante) est dirigée vers une zone de mesure, généralement le front ou les joues. La lumière réfléchie est renvoyée (après absorption par l’hémoglobine) vers un photodétecteur et visualisée sous la forme d’une onde. Ensuite, la qualité du signal est améliorée par des algorithmes (moyennage, filtrage, élimination des artefacts de mouvement ou des composants autres que l’hémoglobine, tels que la mélanine). Ainsi nettoyé, le signal est ensuite ajusté pour produire une estimation (qui n’est donc pas une mesure proprement dite) de la PA basée sur les caractéristiques de la forme d’onde et les données démographiques de la personne.
Mais comme le système cardiovasculaire est un réseau de fluides à la fois complexe et dynamique, et il est difficile de déduire une pression à partir de tels paramètres. Une recalibration périodique pour tenir compte des changements physiologiques, tel le vieillissement qui rigidifie les vaisseaux et donc modifie les résultats. La mesure peut donc être influencée par l’âge, le sexe, le genre et la taille.
Parmi les autres difficultés, citons le besoin de disposer d’une source d’éclairage constante, de mesurer la lumière au repos en position assise, d’éliminer les artefacts émotionnels (afflux sanguin majoré au niveau du visage dans ce cas), ou de prendre en compte la pigmentation de la peau qui peut biaiser le résultat (un problème qui existe également avec la mesure de la saturation en oxygène).
A ce jour, les auteurs de l’article considèrent que l’estimation de la PA avec une caméra nécessite encore des validations. C’est aussi l’avis de 3 organismes internationaux (l’AAMI, la société européenne d’hypertension artérielle et l’Organisation internationale de normalisation) qui demandent l’élaboration de nouvelles méthodes de validation pour cette mesure de la PA sans brassard.
Pour sa pratique, médecins et patients doivent savoir que les dernières recommandations de la société européenne d’hypertension artérielle déconseillent explicitement toute utilisation de cette technique de mesure pour les décisions cliniques (2).
Dr. Nicolas Postel-Vinay, directeur du site automesure.comHôpital européen Georges Pompidou, Paris. Mise en ligne octobre 2023
Références :
Curran T, McDuff D, Liu X, Narayanswamy G, Ma C, Patel S, Yang E. Camera-based remote photoplethysmography for blood pressure measurement: current evidence, clinical perspectives, and future applications. Conn Health Telemed. 2023; 2(2): 200004. http://dx.doi.org/10.20517/chatmed.2022.025
Mancia ChG, Kreutz Co-Chair R, Brunström M, Burnier M, Grassi G, Januszewicz A, Muiesan ML, Tsioufis K, Agabiti-Rosei E, Algharably EAE, Azizi M, Benetos A, Borghi C, Hitij JB, Cifkova R, Coca A, Cornelissen V, Cruickshank K, Cunha PG, Danser AHJ, de Pinho RM, Delles C, Dominiczak AF, Dorobantu M, Doumas M, Fernández-Alfonso MS, Halimi JM, Járai Z, Jelaković B, Jordan J, Kuznetsova T, Laurent S, Lovic D, Lurbe E, Mahfoud F, Manolis A, Miglinas M, Narkiewicz K, Niiranen T, Palatini P, Parati G, Pathak A, Persu A, Polonia J, Redon J, Sarafidis P, Schmieder R, Spronck B, Stabouli S, Stergiou G, Taddei S, Thomopoulos C, Tomaszewski M, Van de Borne P, Wanner C, Weber T, Williams B, Zhang ZY, Kjeldsen SE; Authors/Task Force Members:.
2023 ESH Guidelines for the management of arterial hypertension The Task Force for the management of arterial hypertension of the European Society of Hypertension Endorsed by the European Renal Association (ERA) and the International Society of Hypertension (ISH). J Hypertens. 2023 Jun 21. doi: 10.1097/HJH.0000000000003480. Epub ahead of print. PMID: 37345492.
À l’occasion du congrès de la Société Européenne d’Hypertension Artérielle (ESH Annual meeting, 23 juin – 26 juin 2023, Milan-Italie), des médecins de l’unité d’hypertension artérielle de l’Hôpital Georges Pompidou (Paris) et du site automesure.com ont présenté les données de la data base Hy-Result, application d’autosurveillance de la pression artérielle. Ces données offrent un regard original sur un domaine peu exploré : les pratiques en vie réelle de personnes gérant leur pression artérielle au domicile au moyen d’une application accessible gratuitement sur le web. Les données ont comparé un usage de l’application en contexte de soins primaire à un usage conseillé par un service hospitalo-universitaire spécialisé d’hypertension artérielle.
Trois enseignements principaux
Le premier enseignement de cette étude est que l’usage de l’application Hy-Result permet dans 90 % des cas d’obtenir un compte rendu d’automesure valide pour avis médical, (car respectant le calendrier de mesures réparties matin et soir sur un minimum de trois jours comme le veut les recommandations scientifiques). Le deuxième est que la population d’internautes produisant un rapport d’auto-interprétation de leurs mesures est bien dans la cible des personnes chez qui une action de dépistage de l’hypertension artérielle ou bien de contrôle de leur traitement anti-hypertenseurs est justifiée (cohérence en âge, en facteurs de risque et en thérapeutiques anti-hypertensives). Sur les plus de 19 000 rapports analysés, 43 % justifiaient un avis médical en raison d’une pression artérielle dépassant les seuils recommandés. Cette proportion est cohérente avec les enquêtes épidémiologiques françaises et européennes. Cette étude est la première issue d’une application d’autogestion via la e-santé dans le domaine de l’hypertension artérielle
Résumé de l’étude « Pratiques de mesure de la pression artérielle à domicile et e-santé : premières observations sur les données en vie réelle générées par la web application Hy-Result ».
Auteurs : Nicolas Postel-Vinay, Nicole Gebara, Jean Baptiste de Fréminville, Guillaume Bobrie, Aurélien Lorthioir ; Laurence Amar.
Objectif : Il existe peu de données sur les pratiques d’automesure tensionnelle à domicile (AMT) en dehors des essais cliniques. Afin d’évaluer la qualité des données d’AMT générées en situation réelle par le l’algorithme Hy-Result, cette étude décrit la qualité des rapports autoproduits par des internautes et des patients.
Méthode : Nous avons analysé 19 176 rapports d’AMT collectés dans des circonstances réelles entre novembre 2021 et novembre 2022. Chaque rapport a été généré par un patient qui a mesuré sa pression artérielle matin et soir (3 mesures le matin, 3 le soir), pendant un à sept jours consécutifs. Les rapports totalisent plus de 51 000 mesures de la tension artérielle systolique et diastolique. Les données ont été générées par l’application Hy-Result utilisée au domicile par des patients suivant un protocole d’autogestion. Les rapports sont regroupés selon deux critères : 1) s’ils ont été générés par des « utilisateurs de soins primaires » (consommateurs de soins de santé qui trouvent l’application par eux-mêmes sur le site internet <hy-result.com> ou les patients suivant la recommandation de leur praticien) et des « patients tertiaires » utilisant l’application selon la recommandation du centre d’hypertension d’excellence de l’ESH de l’hôpital européen Georges Pompidou, (AP-HP, Paris); 2) si les patients indiquaient recevoir des médicaments antihypertenseurs, ou pas.
Résultats : L’âge moyen des utilisateurs était de 62 ans (62,1 (+/- 13,1), et 63 % des rapports (12 117) ont déclaré recevoir des médicaments contre l’hypertension. Comme prévu, les déclarations des patients de soins primaires étaient plus jeunes, moins sévèrement hypertendus, recevaient moins de traitements antihypertenseurs et souffraient de moins de comorbidités (diabète, accident vasculaire cérébral, maladie rénale) que les patients du centre d’hypertension.
Calendrier de l’automesure : Les rapports étaient considérés comme valides pour l’analyse médicale si les patients procédaient à un minimum de 15 mesures consécutives, matin et soir, pendant au moins 3 jours. Au total, 90 % des rapports ont été conformes au calendrier de surveillance.
Auto-tensiomètres oscillométriques : Les appareils à brassard sont déclarés par 81 % des rapports issus de soins primaires et 93 % des rapports du centre spécialisé. Dans les 2 groupes, les patients traités ont utilisé plus fréquemment le tensiomètre recommandé que les patients non traités. L’éducation thérapeutique effectué dans le centre ESH a favorisé une meilleure observance au calendrier des mesures et une plus grande utilisation des tensiomètres à brassard huméral.
Conclusion : En générant 90% des rapports d’automesure de qualité suffisante pour une interprétation médicale en conditions réelles, l’application Hy-Result a un potentiel significatif pour le triage dans le parcours de soins des patients hypertendus dans les établissements de soins primaires ou dans les centres d’excellence pour l’hypertension. Sur 19 000 rapports, 43 % présentaient une pression artérielle au-dessus du seuil recommandé (PAS et/ou PAD > 135/85 mmHg). Ces utilisateurs ont été automatiquement invités à consulter un médecin par le logiciel.
Qu’est-ce que Hy-result ?
Hy-Result est une web application validée (App) conçue pour aider les patients à : 1) effectuer une mesure de la pression artérielle à domicile selon un protocole standardisé ; 2) comprendre leurs résultats ; 3) partager leurs mesures dans un rapport au format PDF. Les résultats rapportés par les patients (profil médical + mesures de la pression artérielle) sont sauvegardés de manière anonyme dans une base de données sécurisée. Pour en sa savoir plus, voir le site hy-result.com
Cette vidéo de 3 minutes explique comment suivre les différentes étapes de votre traitement contre l’hypertension artérielle. Bien prendre sa tension, comprendre ses mesures et comprendre son ordonnance.
Quels sont les différentes sortes de médicaments antihypertenseurs ?
Il existe de très nombreux médicaments destinés à faire baisser la pression artérielle (médicaments antihypertenseurs). Ils sont commercialisés sous plus de 300 noms de marque différents (génériques compris). Beaucoup sont presque identiques, voire exactement identiques. Les médicaments antihypertenseurs se répartissent en six familles (ou classes) principales : diurétiques ; bêtabloquants ; inhibiteurs de l’enzyme de conversion et antagonistes des récepteurs de l’angiotensine ; inhibiteurs calciques ; vasodilatateurs et antihypertenseurs centraux.
Lorsqu’on prend un traitement antihypertenseur, il est non seulement utile d’en connaître le nom, mais aussi d’en connaître la classe et le dosage précis. Ces informations se trouvent sur la boite (et la notice) du médicament. Lorsque vous faites une série d’automesure de la tension en s’aidant de l’application Hy-Result pour en comprendre les résultats, il est utile de compléter non seulement le nom des médicaments pris, mais aussi le nombre de prise par jour et les dosages précis ; pour en savoir plus voir le site www.hy-result.com
Quels sont les effets indésirables des médicaments antihypertenseurs ?
De façon générale, tous les médicaments sont susceptibles de de faire ressentir des signes d’intolérance. Heureusement, dans la majorité des cas, la prise d’un médicament antihypertenseur est bien supportée. Il existe cependant des effets propres à chacune des familles d’antihypertenseurs. Les effets indésirables peuvent n’apparaître qu’avec les fortes doses d’antihypertenseurs (les petites doses sont souvent mieux tolérées). Toutes les familles d’antihypertenseurs ont des avantages et des désavantages spécifiques pour tel ou tel patient, il est du rôle du médecin de les choisir, les combiner, en déterminer la dose en fonction des caractéristiques de chaque personne. Certains antihypertenseurs nécessitent des précautions d’emploi dans des situations particulières, ou bien présentent des contre-indications. Par exemple les bêtabloquants sont contre-indiqués en cas d’asthme. Signalons aussi que les antihypertenseurs – comme tous les médicaments – peuvent entraîner en cas d’usage à des doses erronées des inconvénients ou bien des accidents. Ainsi les diurétiques peuvent être à l’origine de déshydratation, (en particulier chez la personne âgée, en cas de fortes chaleurs, de diarrhée, de vomissements). Cet effet non désiré est évité avec une bonne surveillance et une bonne information préalable du patient par le médecin. Nous résumons ci-après les principaux effets indésirables de chaque famille d’antihypertenseurs.
Quelques effets secondaires des médicaments antihypertenseurs
Diurétiques
Besoin d’uriner (pollakiurie), fatigue et impuissance
Les effets gênants des diurétiques se ressentent surtout après la prise du médicament à forte dose.
Bêtabloquants
Ralentissement du cœur (bradycardie), fatigue, insomnie et cauchemars, asthme
Un ralentissement excessif de la fréquence cardiaque peut-être très gênant notamment à l’effort. Attention à l’utilisation des bêtabloquants avec d’autres médicaments qui eux aussi ralentissent le cœur. Si vous ressentez un malaise, prenez votre pouls au repos pendant une minute (avec une montre) et indiquez le résultat à votre médecin. Vous pouvez aussi noter la fréquence cardiaque sur les autotensiomètres électroniques.
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion
Toux sèche
Sans gravité, mais parfois gênante
Inhibiteurs calciques
Gonflement des chevilles (œdèmes), maux de tête
Sans gravité, mais parfois gênants
Inhibiteurs de l’angiotensine
Habituellement bien tolérés
Antihypertenseurs centraux
Somnolence, sécheresse de la bouche
À prendre plutôt le soir
Vasodilatateurs périphériques
Céphalées (maux de tête), tachycardie (accélération du rythme cardiaque)
Ces médicaments sont réservés aux hypertensions insuffisamment contrôlées par les autres médicaments
Comment juger de l’efficacité d’un traitement antihypertenseur ?
Les médicaments antihypertenseurs ont pour but de faire baisser la tension. La baisse de tension ainsi obtenue permet une réduction du risque cardiovasculaire, c’est-à-dire la prévention de la survenue d’une complication de l’hypertension, tels, infarctus, hémorragie cérébrale (accident vasculaire), développement de l’athérosclérose, etc. Les antihypertenseurs agissent par des mécanismes complexes faisant intervenir les fonctions du rein, certaines hormones, ou la dilatation des artères par exemple. Il n’y a pas d’utilité pratique à connaître le détail exact de leurs actions pharmacologiques, par contre il est important de savoir apprécier l’efficacité du traitement (le plus souvent jugé après un mois de traitement). La pratique de l’automesure tensionnelle à domicile est idéale pour ce faire. Il suffit de comparer ses résultats d’automesure avant puis après la modification d’un traitement. La comparaison porte sur la moyenne générale des pressions systolique et diastolique, mais aussi sur les moyennes du matin et du soir. Aidez-vous de l’application Hy-Result pour comprendre comment est votre tension ; pour en savoir plus voir le site www.hy-result.com
Comment le médecin choisit-il les médicaments antihypertenseurs ?
Le traitement antihypertenseur a pour but de baisser la tension au-dessous d’une valeur précise, dite « tension cible », c’est « l’objectif tensionnel ». En général, la pression doit être réduite à des valeurs inférieures à 135 mmHg pour la tension systolique, et 85 mmHg pour la diastolique si elle est mesurée en automesure (140/90 avec la mesure au cabinet médical). Chez les personnes hypertendues ayant par ailleurs un diabète ou une insuffisance rénale, la tension cible choisie par le médecin est plus basse encore.
Si l’objectif tensionnel n’est pas obtenu avec un premier médicament (il se peut qu’un médicament ne baisse pas suffisamment la tension, ou même ne donne pas de réponse), le médecin peut remplacer le premier traitement par un médicament d’une autre classe, ou ajouter un second médicament appartenant à une autre classe. Si l’objectif n’est toujours pas atteint malgré cette modification, on peut associer trois médicaments de classes différentes, en veillant à ce qu’un des médicaments soit de la famille des diurétiques. On estime qu’environ un quart des hypertensions artérielles nécessite un traitement associant 3 médicaments. Si cette triple association ne permet toujours pas d’atteindre l’objectif, l’avis d’un médecin spécialiste est requis. Il n’est pas exceptionnel que l’association de quatre, voire cinq médicaments soient utilisés par les médecins spécialistes de l’hypertension. Le choix des différents médicaments est effectué par le médecin. Il tient compte de leur tolérance (on évite autant que faire se peut les médicaments mal tolérés), de leur efficacité et aussi de leurs avantages dans certains cas particuliers. En effet certaines classes sont plus recommandées que d’autres en cas de diabète, de migraine, d’anomalie rénale ou hormonale, par exemple.
Comment ne pas oublier ses médicaments ?
« Prenez vos médicaments chaque jour, sans oubli » précise le médecin. Mais il n’est pas si simple de penser à suivre régulièrement cette prescription. Il y a tant de bonnes raisons pour les oublier ! Le week-end on se lève plus tard et certains gestes routiniers sont différents. En vacances on oublie ses comprimés au fond de la valise. En semaine, à la cantine du lieu de travail, il n’est pas forcément facile de prendre ses comprimés devant tout le monde. Bien suivre son traitement, chaque jour, n’est pas toujours simple, même en prenant soin de faire un nœud à son mouchoir !
Pour ne pas les oublier, vous pouvez associer la prise du médicament à un geste machinal et quotidien : la prise du café ou le brossage des dents par exemple. Dans ce cas, rangez vos comprimés près de la boîte de café ou du dentifrice. Si vous avez beaucoup de comprimés à prendre, (ceux pour la tension, mais aussi pour le cholestérol, le diabète ou le mal au dos), l’emploi d’un pilulier peut se révéler très utile. Il s’agit d’une petite boîte en plastique comprenant des compartiments où l’on place les différents médicaments en fonction des jours de la semaine (lundi, mardi, etc…), mais aussi en fonction des horaires de prises (matin, midi, soir, coucher). Ces piluliers s’achètent en pharmacie et parfois en grande surface. Chaque semaine, le pilulier est rempli soit par le patient lui-même, soit par l’infirmière, l’aide soignante ou un proche en cas de manque d’autonomie (patients âgés ou malvoyants par exemple). Autre avantage du pilulier : certains emballages de médicaments sont malaisés à manier (blister), ou bien, en cas de prescription de demi-comprimé, le médicament est difficile à couper. La personne préparant le pilulier évite ces inconvénients aux patients.
Les réponses à ces questions sont conformes aux règles publiées par la Haute Autorité de santé (HAS), organisme dépendant du ministère de la Santé et celles la Société européenne d’hypertension artérielle.
Rédacteurs : Dr. Nicolas Postel-Vinay et Dr. Guillaume Bobrie pour le site automesure.com
> Management of arterial hypertension: home blood pressure measurement is a cornerstone for telemonitoring and self-management. Postel-Vinay N, Bobrie G, Asmar R, Stephan D, Amar L. Mhealth. 2023 Apr 4;9:18.
> Home Blood Pressure Measurement and Self-Interpretation of Blood Pressure Readings During Pregnancy: Hy-Result e-Health Prospective Study. Postel-Vinay N, Shao JD, Pinton A, Servais A, Gebara N, Amar L. Vasc Health Risk Manag. 2022 Apr 15;18:277-287.
> Working Group on Blood Pressure Monitoring and Cardiovascular Variability of the European Society of Hypertension. Home blood pressure monitoring: methodology, clinical relevance and practical application: a 2021 position paper by the Working Group on Blood Pressure Monitoring and Cardiovascular Variability of the European Society of Hypertension. Parati G, Stergiou GS, Bilo G, Kollias A, Pengo M, Ochoa JE, Agarwal R, Asayama K, Asmar R, Burnier M, De La Sierra A, Giannattasio C, Gosse P, Head G, Hoshide S, Imai Y, Kario K, Li Y, Manios E, Mant J, McManus RJ, Mengden T, Mihailidou AS, Muntner P, Myers M, Niiranen T, Ntineri A, O’Brien E, Octavio JA, Ohkubo T, Omboni S, Padfield P, Palatini P, Pellegrini D, Postel-Vinay N, Ramirez AJ, Sharman JE, Shennan A, Silva E, Topouchian J, Torlasco C, Wang JG, Weber MA, Whelton PK, White WB, Mancia G; J Hypertens. 2021 Sep 1;39(9):1742-1767.
> Postel-Vinay N, Steichen O, Pébelier E, Persu A, Berra E, Bobrie G, Savard S, Nogueria J, Azizi M. Home blood pressure monitoring and e-Health: investigation of patients’ experience with the Hy-Result system. Blood Press Monit. 2020 Jun;25(3):155-161.
La mesure de la température doit être fiable et précise. Suivant le type de thermomètre utilisé, les mères peuvent la mesurer dans des sites différents : dans l’anus (voie rectale), l’oreille (voie auriculaire), sous le bras (voie axillaire), sous la langue (voie buccale) ou le front (voie cutanée). La fiabilité des résultats, la facilité de la mesure et le prix des instruments sont tous différents. Voici quelques notions de base :
Thermométrie rectale : Les thermomètres à mercure sont interdits (le mercure est très toxique et le bris d’un thermomètre expose à un risque d’intoxication), les modèles actuellement commercialisés sont électroniques. Ils permettent une mesure fiable mais il y a des inconvénients : il existe un risque de perforation rectale lorsqu’ils sont mal utilisés ou que l’enfant se débat, ils doivent être lavés très rigoureusement, leur usage peut être vécu de façon très déplaisante. Ils sont indiqués de la naissance jusqu’à 5 ans.
Thermométrie axillaire : C’est une des mesures les plus faciles à faire, mais hélas … peu fiable. Le thermomètre doit rester sous l’aisselle pendant plus de quatre minutes. Sous le bras la plage normale va de 36,5 ° à 37,3°. De la naissance à deux ans, cette mesure est plutôt de l’ordre du dépistage que de la surveillance d’une infection en cours d’évolution.
Thermométrie auriculaire (ou tympanique) : Ils mesurent la radiation thermique émise par la membrane tympanique (sans être en contact direct avec le tympan). C’est un bon reflet de la température interne. Les caractéritiques de chaque marque de thermomètre auriculaire varient, ce qui influe sur leur fiabilité et leur utilisation. Il existe des appareils pour les consommateurs et d’autres pour les professionnels. On doit utiliser les thermomètres qui portent le marquage CE.
Thermométrie frontale :
La thermométrie à infrarouge sur le front au niveau de l’artère temporale sont utiles en dépistage de la fièvre, mais les résultats de mesure peuvent être modifiés par la température de la pièce. Les instructions d’usage peuvent être différentes suivant le modèle de thermomètre.
Sucette thermomètre Les sucettes thermomètres (thermométrie buccale) sont moins précises. La société canadienne de pédiatrie en déconseille l’usage
Méthode
Plage de température normale
Rectale
36,6 à 38°C
Axillaire
35,5 à 37,5°C
Axillaire
36,5 à 37,5°C
Tympanique
35,8 à 38°C
En pratique que choisir ?
Age
Technique
De la naissance à 2 ans
Surveillance : Rectale
De 2 à 5 ans
Surveillance : Rectale En dépistage : axillaire ou tympanique
Plus de 5 ans
Surveillance : Orale Dépistage : tympanique
Rédaction par automesure.com2023 Source : Société Canadienne de Pédiatrie : La mesure de la température en pédiatrie. Paediatr Child Health Vol 5 No 5 July/August 2000. Texte mise à jour en 2015 et reconduit en 2017.
Une étude publiée en janvier 2023 dans la revue Journal of Hypertension indique que la plupart (80 %) des tensiomètres (avec brassard au bras et au poignet) vendus sur internet n’ont pas passé les tests de validation clinique adéquats. Cet état des lieux concerne les ventes sur Amazon dans 10 pays (Europe, Asie, Amérique du Nord et du Sud) pendant un an.
Quatre des 5 appareils automatisés parmi les 100 listes les plus vendues d’Amazon n’avaient pas passé les tests de validation clinique pour l’exactitude et la précision de la mesure de la pression artérielle.
Détail intéressant, que les appareils soient validés ou non beaucoup des évaluations des consommateurs affichent indistinctement 5 étoiles. En Allemagne seuls 35 % des tensiomètres à brassard huméral (se mettant au bras comme recommandé), 31 % au Canada, 5 % en Australie et 3 % en Inde étaient validés.
Comme le recommande depuis toujours le site automesure.com, il ne faut pas acheter un appareil de tension artérielle en ligne sans avoir vérifié qu’il a passé avec succès les tests de validation clinique adéquats. Si vous avez doute, vous pouvez consulter la liste (non exhaustive) d’automesure.com. Certes, les appareils non validés sont moins chers que les appareils validés, mais est-ce une bonne économie que de choisir un appareil peut-être non fiable ?
En savoir plus : Prevalence of validated blood pressure measuring devices being sold by amazon: 12-month prospective analysis across 10 countries. Journal of Hypertension, 41(Suppl 1):e137-e138. 2023. 10.1097/01.hjh.0000914116.21861.af