Chacun peut éprouver à un moment ou un autre de sa vie des difficultés avec sa mémoire : on ne se souvient plus d’événements récents ou anciens ; on oublie de faire certaines choses importantes. Dans la plupart des cas, la gêne est passagère et ne correspond pas à un problème de santé. Mais il se peut que les troubles de la mémoire révèlent certaines maladies
Quels problèmes de santé peuvent se manifester par des troubles de la mémoire ?
Il y en a plusieurs :
La maladie d’Alzheimer est la plus redoutée et médiatisée des maladies qui affecte la mémoire. C’est une maladie du cerveau lentement progressive. Elle se manifeste par des troubles de la mémoire mais aussi d’autres fonctions comme le raisonnement, l’attention ou le langage (on parle de fonctions cognitives). En dépit de progrès des connaissances sur ses mécanismes, sa cause reste inconnue.
On rapproche de la maladie d’Alzheimer certaines maladies apparentées, comme la démence à corps de Lewy, les démences fronto-temporales, les troubles cognitifs d’origine vasculaire, ou encore ceux associés à la maladie de Parkinson.
L’utilisation de certains médicaments peut altérer la mémoire. Citons les benzodiazépines (utilisées pour l’insomnie et pour l’anxiété), les neuroleptiques (utilisés pour des troubles psychiatriques et des troubles du comportement) et les médicaments ayant des propriétés anticholinergiques (on reconnaît ces derniers assez facilement en lisant leur notice, ils sont contre-indiqués en cas d’adénome de la prostate et en cas de glaucome).
La dépression ou l’anxiété.
Les maladies respiratoires chroniques et en particulier le syndrome d’apnée du sommeil
D’autres maladies plus rares peuvent aussi être en cause.
Le vieillissement entraîne t-il des pertes de mémoire ?
L’avancée en âge est associée à une diminution légère des performances de la mémoire. Mais cet effet du vieillissement sur la mémoire n’est pas suffisant pour entraîner des pertes de mémoire dans le fonctionnement quotidien. Aussi, faut-il éviter de dire hâtivement à une personne âgée qui se plaint de sa mémoire : « à votre âge, c’est normal ! ». Du reste de nombreux centenaires ont une bonne mémoire !
Faut-il consulter un médecin ?
Si vous vous plaignez de votre mémoire, ou quelqu’un de votre entourage, demandez l’avis de votre médecin. Il est indispensable faire un bilan médical devant une ou plusieurs des situations suivantes : • la personne a plus de 70 ans • les difficultés de mémoire se sont majorées au cours des derniers mois ou semaines • la personne concernée a besoin de l’aide d’une autre personne pour accomplir certains gestes de la vie quotidienne, comme gérer son budget, utiliser le téléphone, se déplacer et prendre les transports en commun, gérer la prise de ses médicaments • la personne minimise ses difficultés de mémoire ou les nie, alors qu’elles sont perçues comme importantes par l’entourage • la personne a changé de comportement ou de personnalité • la personne prend plusieurs médicaments, ou a fait des chutes, ou a maigri récemment sans suivre de régime • la personne a eu un accident vasculaire cérébral ou est atteinte d’une maladie neurologique (maladie de Parkinson ou autre).
Quel bilan médical en cas de troubles de la mémoire ?
Le médecin pose des questions sur les symptômes, sur les antécédents et les médicaments pris. Il examine notamment au plan cardiovasculaire et neurologique. Il fera passer des tests simples (évaluation cognitive). En fonction des résultats des tests et de l’examen clinique, le médecin peut proposer, si cela est nécessaire, une consultation spécialisée pour réaliser une évaluation plus détaillée et rencontrer un médecin spécialisé (gériatre, neurologue, ou psychiatre). Ce bilan en milieu spécialisé est au mieux réalisé dans une « Consultation mémoire » qui réunit psychologues et médecins spécialisés dans le diagnostic de ces problèmes. Les tests les plus fréquemment utilisés sont :
Le Mini Mental Status Examination ou MMSE. Il comporte 18 questions ou épreuves et dure environ 15 minutes.
Le test CODEX, réalisable en 3 minutes,
Le test de l’horloge
Le test des 5 mots.
Comment trouver une consultation mémoire ?
– Demandez conseil à votre médecin traitant. – Consulter l’annuaire des CLIC (centre local d’information et de coordination)
Les consultations mémoire sont regroupées dans le cadre d’organisations régionales, les CMRR , qui disposent de la liste de ces consultations dans chaque région.
Auteur : Professeur Joël Belmin. Service de gériatrie et Consultation mémoire, Hôpital Charles Foix, Ivry-sur-Seine, contact mail automesure.com® Rédaction Novembre 2008
Suis-je enceinte ? Voilà une question importante que toutes les femmes se posent à l’occasion d’un retard de règles ou tout autre symptôme évocateur d’une grossesse. Par le passé elles trouvaient une réponse avec l’aide, ici de charlatans, de mireurs d’urines ou de médecins. Ce n’est que depuis 1978 que des autotests fiables leur permettent de faire – et en toute confidentialité – leur propre diagnostic de grossesse
L’une des premières traces de ce qu’on peut considérer comme l’ancêtre du test de grossesse à base d’urine remonte à l’Égypte ancienne.
Uriner sur des tiges de blé : premier test de l’histoire ?
Un papyrus décrit une scène où une femme supposément enceinte devait uriner pendant plusieurs jours sur des tiges de blé ou d’orge : « si l’orge grandit, c’est un garçon. Si le blé grandit, c’est une fille. Si aucun des deux ne grandissent, elle n’est pas enceinte. » Puis, vint la médecine hellénistique. Hippocrate (Né 460 avant Jésus-Christ) inspectait l’aspect des urines pour envisager le diagnostic de grossesse. Par ce geste, il inaugura une longue tradition d’inspection visuelle de l’urine (couleur, clarté, présence de dépôts) pour détecter la grossesse (ou des maladies) : la mire des urines, fut une méthode très populaire jusqu’au XVI/XVII ème siècle (voir à ce sujet l’article de Jean Cheymol paru dans le bulletin société française d’histoire de la médecine).
En Europe, des « prophètes de pisse » pensaient diagnostiquer ainsi bien des affections. Dans un texte de 1552, l’urine de grossesse a été décrite comme » d’une couleur citron pâle penchant vers le blanc cassé, avec un nuage sur sa surface. » D’autres tests impliquaient de mélanger vin et urine pour, ensuite, en observer les résultats (de fait l’alcool réagit avec certaines protéines contenues dans les urines). Des théories diverses ont abondé, comme celle où l’urine de grossesse contiendrait certains cristaux identifiables ou des bactéries. Cependant jusqu’à une époque récente, on retiendra que les scientifiques n’en savaient pas assez sur la grossesse pour développer de test fiable.
Diagnostic de la grossesse : le recours au médecin
Très longtemps, la meilleure méthode pour diagnostiquer la grossesse est restée l’observation des sensations physiques et symptômes (ex : absence de règles, nausées matinales). Dans les années 1930-1940, les ouvrages de vulgarisation médicale encourageaient les femmes à consulter leur médecin pour confirmer le diagnostic de grossesse plutôt que de se fier à « des contes de bonne femme ». De leur côté, des avocats de santé publique américains commençaient à encourager les femmes à voir leurs médecins dès que la grossesse était suspectée.
La découverte des hormones : essor de l’endocrinologie à la fin du XIXe siècle
La révolution est venue de l’essor de l’endocrinologie scientifique à la fin du XIXè siècle, avec l’étude des messagers chimiques de l’organisme, qui suggérait que les « sécrétions internes » produites par certains organes étaient cruciales pour le fonctionnement biologique humain. Ernest Starling nomma ces messagers chimiques « hormones ». Citons par exemple la découverte de l’insuline en 1922.
Découverte de la Béta HCG, hormone spécifique de la grossesse
La recherche sur la reproduction humaine s’est intensifiée au début du XXè siècle. Ludwig Fraenkel a décrit le corps jaune (corpus luteum), ou masse glandulaire, qui se forme dans l’ovaire pendant le cycle menstruel, secrétant la progestérone (isolée en 1934). De leur côté, des scientifiques à travers l’Europe ont décrit la présence d’une substance qui promouvait le développement d’ovaire chez des lapins et des souris. En Allemagne, Selmar Aschheim et Bernhard Zondek ont noté que cette substance a spécifiquement affecté la formation du corps jaune. Les scientifiques ont ainsi isolé une hormone spécifique, la gonadotropin chorionic human (HCG)) uniquement présente chez les femmes enceintes. C’est elle qui est au point de départ des tests de grossesse. Aschheim et Zondek ont décrit un test (connu comme le test d’A-Z) qui a identifié la présence de HCG dans l’urine. Pour détecter la grossesse, l’urine d’une femme était injectée dans un rat immature ou une souris. En l’absence de grossesse, il n’y avait aucune réaction. Dans le cas d’une grossesse, le rat était en chaleur, malgré son immaturité sexuelle. Ce test a révélé une production accrue d’hormones au cours de la grossesse. D’autres scientifiques quant à eux ont développé des bio-essais (tests spéciaux utilisant des animaux ou du tissu organique) afin d’identifier les HCG en injectant des échantillons pour stimuler l’ovulation chez des lapins, des grenouilles, des crapauds et des rats (voir photo). Ces tests étaient cependant couteux, et exigeaient le sacrifice de plusieurs animaux. De plus, ils prenaient souvent plusieurs jours pour obtenir les résultats.
Japon 1956 : Test médical de grossesse dit « test de Hogben ». L’urine concentrée de la femme peut-être enceinte est injectée à une grenouille. Si cette injection déclenchait une ponte 12 heures plus tard, le test était « positif
À l’aube des tests modernes : dosages hormonaux et test d’hémagglutination
Les hormones gonadotropines ont été extraites pour la première fois des glandes pituitaires humaines en 1958. En 1960, un « test d’Inhibition Hémagglutination » pour la grossesse a été développé par L. Large et C.A. Gemzell. Le test utilisait des HCG purifiés, mélangés avec un échantillon d’urine et des anticorps dirigés contre ces HCG. Si le test était positif, les globules rouges coagulaient, affichant un aspect particulier. Ce test était beaucoup plus rapide et moins cher que l’ancien bio-essai, mais non dénué d’échec, particulièrement lors d’une grossesse précoce. De plus, ils étaient à l’origine de faux positifs. En 1966 A. R. Midgley a décrit le premier radio-immuno-test pour HCG, mais ce dernier test ne pouvait toujours pas différencier entre les HCG de l’hormone lutéinisante. Plusieurs autres laboratoires ont apporté des améliorations sur ce test, sans jamais résoudre ce problème de base.
En 1970, les tests disponibles (pour les médecins et techniciens) incluaient le test de grossesse en deux heures de Wampole. Le test pouvait être fait dès quatre jours après l’oubli ou l’arrêt du contraceptif. Quant aux tests physiques, il a été imaginé selon un usage laborantin et n’était pas destiné à l’utilisation domestique. En plus du kit, (deux éprouvettes, un support en plastique, une bouteille de solution de contrôle, » une bouteille « d’HCG-antisérum » et une bouteille « de la suspension cellulaire »), les femmes avaient besoin d’un petit entonnoir, un papier filtre ou une centrifugeuse, des pipettes propres ou des seringues et la solution saline en plus de l’échantillon d’urine.
En 1970-1972 les scientifiques du NIH (National Institute of Health) américain connaissaient mieux les propriétés de l’hormone HCG. Ils ont identifié deux sous-unités de HCG et se sont concentrés sur la sous-unité bêta. Ils ont alors constaté que c’était dans cette sous-unité bêta que résidait la spécificité immunologique et biologique de HCG (ce qui la rendait différent des autres hormones). En utilisant des animaux, ils ont développé un antisérum spécifique capable mesurer l’hormone chez les humains.
1978 : premier autotest à dix dollars
La première édition de Our Bodies, Ourselves, un manuel de santé pour les femmes écrit par la Santé des femmes de Boston Collective, a noté que les tests de grossesse disponibles étaient plus efficaces s’ils étaient effectués deux semaines après le rapport. Bien que les auteurs affirmaient que les instructions sur « la collecte et la soumission de l’urine étaient simples, », les lecteurs modernes peuvent ne pas être d’accord. Le texte stipulait : « Ne buvez aucun liquide après le dîner la veille, » (…) « dès que vous vous réveillez, collectez un échantillon d’urine dans un bocal propre, sec, sans savon et soumettez le à un laboratoire. » L’autre option était d’envoyer l’échantillon d’urine à un laboratoire en Caroline du Nord, à condition d’avoir préalablement demander le kit de test.
En 1976, la FDA (Food and Drug Administration) approuva le premier test de grossesse plus connu sous le nom de « le Test de Preuve d’Erreur » (Error Proof Test). Le EPT deviendrait le premier kit de test de grossesse domestique aux États-Unis. A ce moment, plusieurs articles parus dans le American Journal of Public Health ont déclaré que la santé publique serait meilleure servie si la femme pouvait se procurer un test de grossesse et l’utiliser de façon fiable dans sa propre maison. A la fin de l’année 1977, l’EPT était prêt à être distribué sur le marché américain. (À cause d’exigences dans la formulation spécifique sur l’emballage et d’autres détails de dernière minute, il y a eu un décalage entre l’approbation FDA et la disponibilité dans la plupart des officines. Dans la lettre de Warner/Chilcott « Dear doctor letter » les pharmacies ont été informées que « la campagne publicitaire grand public du test de grosse avait été conçue pour diriger directement le consommateur vers leur pharmacie.
En 1978, le test EPT a été repris dans les magazines féminins majeurs comme Mademoiselle, McCall’s, Redbook, Cercle Familial, le Journal Domestique des femmes, Bonne Économie domestique et Vogue. Les publicités sont apparues plus tard dans des magazines comme Predictor, Answer et ACU-TEST
D’après un article paru dans Family Planning Perspectives de 1979, le test permettait à la fois à la femme de protéger sa vie privée si elle ne souhaitait pas informer son médecin de son activité sexuelle, et cela lui permettait également de l’inclure activement dans la prise en charge de sa santé
Le test TPE de 1978 a été décrit aux lectrices de Mademoiselle : « Pour 10 dollars, vous bénéficiez d’une fiole d’eau purifiée, une d’éprouvette, entre autres …aussi bien qu’un compte-gouttes médical et un emballage en plastique pour l’éprouvette, avec un miroir dans le fond. Le test prenait deux heures, et était plus précis pour les résultats positifs (97 %) que pour les négatifs (80 %). Selon Mademoiselle, les avantages principaux étaient : « le respect de la vie privée et ne pas avoir à attendre plusieurs semaines la confirmation d’un médecin, laissant le choix d’envisager un avortement. » (Mademoiselle, avril 1978, p. 86)
Le magazine McCall’s affirmait que « les médecins que nous avons interviewés approuvent le concept. » Mais les rédacteurs conseillaient aux femmes ayant obtenues un résultat négatif et qui soupçonnaient toujours une grossesse de ne pas attendre dix jours pour faire à nouveau le test, « mais de chercher l’aide médicale dès que possible. » (McCall’s, mars 1978, p. 46)
Dans les années 1990, les avancées technologiques ont permis de développer des tests de grossesse plus surs. Depuis 2003 la nouvelle génération de tests de grossesse domestiques, approuvée par la FDA, a vu le jour, dont le test de grossesse numérique Clearblue. A La place d’une fine ligne bleue, l’écran affiche désormais en toutes lettres « enceinte » ou « pas enceinte.«
En 2013 en France, les pharmacies s’apprêtent à céder le pas aux supermarchés.
Depuis cette page, nous donnons des informations sur la disponibilité des différents tests diagnostics pour l’infection à coronavirus
29 décembre 2021 : Les autotests Covid enfin disponibles en grande surface Dès mars 2020, l’équipe médicale du site automesure.com souhaitait cette possibilité et s’en expliquait sur ce site automesure.com et dans un article scientifique de la Revue Médicale Suisse paru le 24 mars 2021. Elle se réalise donc enfin.
12 avril 2021 :vente dans les pharmacies en France
En France, la vente libre des autotests en pharmacie est possible à partir du 12 avril 2021. Les autotests constituant des dispositifs médicaux, la loi n’en permet la vente qu’en pharmacie (article L4211-1 du Code de la santé publique). Les grandes surfaces n’ont donc pas le droit de les vendre, même en parapharmacie.
30 mars 2021 : le site du ministère de la santé ouvre une rubrique sur les autotests covid
https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/tout-savoir-sur-la-covid-19/autotests-covid-19 (le lien n’est plus disponible depuis avril 2023)
24 mars 2021: Mise au point sur les autotest Covid avec la contribution d’automesure.com.
Suis-je contagieux ? Ai-je été infecté ? Répondre par les autotests en temps de Covid-19 par leDr Nicolas Postel-Vinay, le Pr Joël Ménard, le Dr Michel Ballereau et le Pr Laurent Bélec.
Faut-il « infantiliser » ou autonomiser les personnes par rapport au diagnostic du Covid-19 ? À ce jour, la place des autotests Covid comme outils complémentaires dans la lutte contre l’épidémie d’infection à SARS-CoV-2 n’est pas encore complètement définie. Soulignons que les tenants et aboutissants des choix entre le diagnostic classique et l’autodiagnostic privilégiant la responsabilité et le savoir-faire individuel n’appartiennent pas uniquement au registre technique et analytique (sensibilité/spécificité), ni même de celui de la pure praticabilité de l’autotest lui-même. Au contraire, ils associent également des dimensions anthropologiques, sociales, économiques (corporatistes) philosophiques, voire morales, intriquées et éminemment complexes. Au minimum, on s’accordera sur le fait que confier la compétence diagnostique à un profane suppose toujours que cette personne soit désireuse de se tester elle-même et qu’elle reçoive une information de qualité (compréhensible et utile avec une conduite à tenir adaptée quel que soit le résultat).
15 décembre 2020 : la FDA autorise l’autotest Ellume Covid-19
La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a émis une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) pour le premier test de diagnostic entièrement à domicile en vente libre sans ordonnance (OTC) pour le COVID-19. Ce test antigénique détecte des fragments de protéines du virus SARS-CoV-2 à partir d’un échantillon d’écouvillon nasal. Il utilise un écouvillon nasal introduit dans le nez plus en arrière que l’écouvillon nasal habituel, mais pas aussi loin que les écouvillons nasopharyngés qui ne sont utilisables que par un professionnel de santé. Selon la FDA, le test à domicile Ellume COVID-19 a correctement identifié 96% des échantillons positifs et 100% des échantillons négatifs chez les personnes présentant des symptômes. Chez les personnes sans symptômes, le test a correctement identifié 91% des échantillons positifs et 96% des échantillons négatifs. Le test à domicile Ellume COVID-19 se connecte à une application smartphone pour aider les utilisateurs à effectuer le test, interpréter les résultats et donner les résultats en 20 minutes. De plus, l’application communique les résultats aux autorités de santé pour surveiller la prévalence de la maladie.
17 novembre 2020 : Premier autotest Covid 19 autorisé aux USA
La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a émis une autorisation d’utilisation d’urgence pour le premier test de diagnostic COVID-19 pour l’autotest à domicile et qui fournit des résultats rapides : il s’agit du kit test Lucira COVID-19 All-In-One, à usage unique. Des tests de diagnostic COVID-19 étaient déjà autorisés pour la collecte à domicile, celui-ci est le premier qui peut être entièrement auto-administré et fournir des résultats à domicile.
Un arrêté du 16 octobre (paru au Journal officiel daté du 17 octobre) 2020 donne l’autorisation d’utiliser en France, en médecine de ville, les TROD antigéniques. Les TROD antigéniques peuvent être réalisés par les médecins, les infirmiers et les pharmaciens, à partir d’un prélèvement nasopharyngé. En revanche, ce texte précise que la mise à disposition et la vente d’autotests antigéniques COVID-19 restent interdites en France.
19 septembre 2020 : la Belgique autorise la vente d’autotest Covid-19
L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) indique que les autotests pour la détection des anticorps produits par l’organisme à distance de son infection par le SRAS-19 coronavirus ne sont plus interdits de vente en Belgique. Ces autotests ne nécessitent pas l’intervention d’un médecin ou d’un autre professionnel de la santé pour prélever l’échantillon sanguin, mais l’interprétation du résultat ne peut se faire qu’en connaissant bien le contexte personnel qui fait recourir à l’autodiagnostic. Les tests recherchent des anticorps dont la présence indique si une personne a développé une défense (des anticorps) contre le nouveau coronavirus (SRAS-CoV-2). La certitude et la durée de cette protection espérée de ces anticorps ne sont pas complètement connues en Octobre 2020. Ils ne peuvent pas déterminer s’il s’agit d’une infection active par le nouveau coronavirus ou si la personne est contagieuse. L’AFMPS avertit les utilisateurs qu’il existe d’importantes réserves tant sur la fiabilité de leurs résultats (négatifs ou positifs) et qu’ils peuvent donner un faux sentiment de sécurité (faux positifs) ou causer une anxiété inutile. L’interprétation du résultat ne conduit jamais actuellement à un non-respect des règles de distanciation sociale et d’hygiène recommandées. Ces autotests anticorps analysent une goutte de sang prélevée par une piqûre au doigt. Quoique la comparaison entre tous les examens rendus disponibles dans les laboratoires de biologie et tous les tests disponibles ait été impossible, à ce jour, les autotests sont sans doute moins fiables que les tests effectués sur un échantillon sanguin dans les laboratoires cliniques, mais ils ont le grand avantage de concerner plus facilement un grand nombre de personnes et de favoriser une utilisation au domicile. L’AFMPS met en garde sur l’existence de tests contrefaits qui circulent sur Internet et conseillent à ceux qui souhaitent acheter un autotest, de le faire auprès d’une source fiable telle un pharmacien. En permettant cette mise sur le marché belge, l’AFMPS comprend que les citoyens souhaitent obtenir rapidement des éclaircissements sur leur propre santé. Source : https://www.afmps.be/fr (rédaction Dr. N Postel-Vinay et Pr. Joël Ménard. – 24 octobre 2020).
11 juillet 2020 : tests sérologiques rapides pratiqués en pharmacie
Un arrêté publié au Journal Officiel daté du 10 juillet donne le feu vert en France pour la réalisation de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) en pharmacie. Théoriquement, chaque personne qui le souhaite peut désormais savoir en quelques minutes, s’il a été en contact avec le virus SARS-CoV-2 au moyen d’une simple piqure au bout de doigt.
La démarche semble très simple, mais il faut en connaitre les limites. Pratiqué trop près du début de l’infection, le test peut ne pas détecter les gammaglobulines que l’on espère être porteuses d’une immunité. Certains tests ne détectent que les anticorps IgG, qui se forment au minimum quatorze jours après avoir été en contact avec le virus, tandis que d’autres indiquent aussi la présence d’IgM (immunoglobulines M), produites plus tôt, une semaine environ après l’infection. A la date du 10 juillet, 51 TROD sont autorisés, mais les éléments qui en ont permis la validation ne sont pas accessibles à tous. Un test TROD positif signifie que l’on a été exposé au virus et que l’on a développé (ou que l’on est en train de développer) une réponse immunitaire, mais on ne sait pas dans quelle mesure si cette réponse est protectrice ni pendant combien de temps. Il existe aussi des résultats faussement positifs Enfin les consommateurs testés ne doivent pas abandonner l’usage des mesures barrières et le port du masque. Autrement dit, les mesures nécessaires à la limitation de la circulation du virus dans la population continuent de s’appliquer dans les circonstances obligatoires ou recommandées, indépendamment des résultats des tests sérologiques, qu’ils soient positifs ou négatifs : port de masques, distanciation sociale, lavage des mains, utilisation des solutions hydro-alcooliques.
Voici l’extrait du Journal Officiel concerné : « A titre exceptionnel et dans l’intérêt de la protection de la santé, sans préjudice des dispositions de l’article L. 6211-3 et de l’arrêté du 1er août 2016 susvisé, les médecins ou sous leur responsabilité un autre professionnel de santé d’une part et, les pharmaciens d’officine d’autre part, peuvent réaliser les tests rapides d’orientation diagnostique sur sang capillaire de détection des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 selon les recommandations de la Haute Autorité de santé. Les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro sont évalués par le centre national de référence des virus des infections respiratoires, notamment celui de la grippe, conformément au cahier des charges établi par la Haute Autorité de santé et sur la base des éléments transmis par le fabricant ou son mandataire relatifs notamment à la composition et à la performance du dispositif. L’utilisation par les professionnels de santé mentionnés au premier alinéa de dispositifs médicaux de diagnostic in vitro de détection des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 est limitée aux dispositifs marqués CE inscrits sur la liste mentionnée au dernier alinéa du I du présent article. Après vérification par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé des documents mentionnés au troisième alinéa du présent I et sur la base des évaluations scientifiques réalisées par le centre mentionné au quatrième alinéa, les dispositifs conformes aux standards fixés par la Haute Autorité de santé sont inscrits sur une liste publiée sur le site internet du ministère chargé de la santé et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ».
16 mai 2020 : Cahier des charges définissant les modalités d’évaluation des performances des tests séologiques détectant les anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2
2 mai 2020 : l’HAS évalue les indications des tests sérologiques
La Haute autorité de santé (HAS) publie une première série d’indications pour lesquelles les tests sérologiques peuvent contribuer à lutter contre l’épidémie de COVID-19. Ils complètent les tests virologiques (RT-PCR) indiqués en diagnostic précoce de la maladie. Face au manque de connaissances sur l’immunité développée par les personnes ayant eu le COVID-19, la HAS préconise de rester prudent dans l’utilisation des tests sérologiques et les recommande pour les enquêtes épidémiologiques, les diagnostics de rattrapage et la prévention de la circulation du virus dans les structures d’hébergement collectif. Accédez au document de l’HAS : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3182370/fr/premieres-indications-pour-les-tests-serologiques-du-covid-19
29 avril 2020 : Les tests COVID-19 et leur interprétation
Les examens biologiques et les différents tests autour d’une infection virale due au COVID-19 génèrent de multiples interrogations dans toutes les populations touchées par la pandémie, qu’ils s’agissent des soignants ou des citoyens dans leur ensemble. Comme les masques, et après les détections directes du virus dans les voies aériennes, les investigations sérologiques de recherche d’anticorps sont maintenant jugées essentielles au moment du déconfinement : il faut tester, tester, tester, dit-on. Mais que doit -on et peut-on en attendre ?
29 avril 2020 : Tests biologiques pour le Covid-19 : très bref état des connaissances
Les différentes indications des différents tests biologiques du Covid-19, (examens par PCR et examens sérologiques), leur contexte d’utilisation, leur fiabilité et donc leur risque d’erreur avec ses conséquences doivent se baser sur les connaissances scientifiques. Ces dernières sont à ce jour encore lacunaires si bien que les modalités de recours aux tests, soit chez les individus, soit en population, sont susceptibles de varier ou de s’affiner en fonction du résultat des études à venir. Cinq diapositives résument les éléments à prendre en compte pour un bon usage des tests à partir de mai 2020.
24 avril 2020 : la présence d’anticorps ne doit pas servir à produire « un passeport d’immunité » selon l’OMS
Une note de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) datée du 24 avril (Scientific Brief Note), indique que, selon la plupart des études, les personnes qui ont guéri de l’infection virale ont des anticorps. Mais aucune étude n’a évalué si la détection des anticorps est toujours associée à une protection contre l’infection virale. Actuellement beaucoup de pays sont en train de rechercher, par campagnes massives de tests sérologiques, la présence d’anticorps dans le sang contre le SARS-CoV-2 au niveau de populations ou de groupes spécifiques tels que les personnels de santé, les personnes en contact rapproché de cas connus, ou à l’intérieur des ménages. L’OMS encourage ces études capitales pour comprendre la diffusion de l’infection et ses facteurs de risque. Mais si elles renseignent utilement sur le pourcentage des personnes porteuses d’anticorps, elles ne renseignent pas sur leur protection contre une seconde infection. A ce jour, il n’y a pas de preuves suffisantes pour garantir une immunité par anticorps suffisante pour créer des « passeports d’immunité » ou des « certificats » d’absence de risque de contamination ou de contagiosité.
20 avril 2020: le conseil scientifique Covid-19 du gouvernement français rend public son avis
Le Conseil Scientifique sur le Covid-19 présidé par Jean-François Delfraissy distingue deux types d’ examens biologiques.
1° La recherche directe du virus par RT-PCR faite par prélèvement nasopharyngé au moment de l’infection par le Covid 19. Il est pratiqué sur une personne ayant des symptômes évocateurs, ou sur une personne porteuse saine du virus après un contact infectant dans un but d’isolement éventuel.
2°Les tests sérologiques utiles dans les semaines qui suivent l’infection. Ils recherchent la production des anticorps par l’organisme qui prouvent l’existence d’une infection passée par le Covid-19. La mise au point de ces tests par des dizaines d’industries avance dans le monde entier, en France entre autres, grâce aux travaux de recherche épidémiologique d’équipes comme celle de l’Institut Pasteur.
Ce texte distingue deux utilisations différentes des tests :
A) Dans le cadre d’une veille sanitaire populationnelle pour suivre l’extension de l’épidémie dans des populations ou des groupes
B) Dans le cadre d’une utilisation individuelle. Dans ce cas leur pratique demande une analyse précise de chaque cas par un médecin qui prenne en compte , pour chaque personne, l’état de santé, les conditions de vie en famille et au travail et les comportements psychologiques, et les demandes d’information
20 avril 2020 : Premier test PCR avec prélèvement au domicile autorisé aux Etats-Unis
La FDA donne son feu vert pour le test de détection LabCorp’s COVID-19 RT-PCR conçu par la société LabCorp. Il s’agit du premier test destiné au diagnostic de l’infection par Covid 19 faisant appel à un prélèvement fait au domicile (« at-home sample collection »). Ce test rend possible des détections pour les personnes vivant loin d’un laboratoire de biologie ou n’ayant pas accès a personnel de santé ou ne pouvant pas se déplacer hors de chez elles (tels les patients grabataires).
Chez des personnes suspectes d’infection par Covid, la détection qualitative du SARS -CoV-2 peut être faite dans des prélèvements dans les voies aériennes supérieures (nez, naso-pharynx, oropharynx) à l’aide d’un écouvillon. L’échantillon est ensuite posté au laboratoire au moyen d’une enveloppe spéciale.
L’encadrement d’usage de ce test est strict : le processus de diagnostic n’est accepté qu’après remplissage d’un autoquestionnaire et de l’examen du dossier par un médecin. Ces conditions rendent les détournements d’indication difficiles (par exemple demande de personnes qui imagineraient devoir se tester tous les jours). Rappelons que les tests par PCR peuvent être faussement négatifs, en particulier quand les prélèvements ne sont pas correctement faits ou bien effectués à un stade très précoce de la contamination.
20 avril 2020 : Test PCR avec prélèvement au domicile en vente sur internet pour la Grande Bretagne
La société CityDoc spécialisée dans les autotests propose pour 249 £ un « Covid-19 Home testing Kit ». Il s’agit d’un test PCR présenté sur le site internet du vendeur comme facile d’emploi « easy-to-use ». Le fabricant revendique une fiabilité à « 99,9% » et assure que ce produit est en vente légalement en Grande Bretagne (UK). A la date de rédaction de ce commentaire (22 avril 2020) l’équipe d’automesure.com n’a pas la capacité de juger la qualité de ce test, ni de vérifier sa légalité (la Grande Bretagne est sortie de la communauté européenne). Indiquons simplement que la mention de fiabilité à 99,9 % nous parait d’apparence trompeuse, notamment car ce critère de laboratoire ne tient pas compte des défauts de manipulation de l’écouvillon sans supervision par un professionnel de santé. Or tout prélèvement défectueux est source de faux négatif. Enfin, le délai de retour de résultats du test annoncé sur le site internet est de 5 à 10 jours ouvrés. C’est bien trop long. En savoir plus sur le site du vendeur : https://www.citydoc.org.uk/covid-19-home-testing-kit/
16 Avril 2020 : la HAS définit les critères pour évaluer la fiabilité des tests sérologiques
e 16 avril 2020 la HAS présente les critères de qualité et d’exigence auxquels ces tests devront répondre pour être utilisés. Ce premier travail est un préalable à la définition de la stratégie de recours à ces tests. En recherchant la présence d’anticorps, témoins de la réponse immunitaire de l’organisme, les tests sérologiques pourraient contribuer à la lutte contre l’épidémie de COVID-19. Ils sont développés en urgence et dans un contexte de progression continue des connaissances sur cette maladie virale et son évolution. En attendant de disposer des connaissances nécessaires et en prévision de l’utilisation des tests sérologiques en France, la HAS propose un cahier des charges détaillant les critères de qualité et d’exigence vis-à-vis de l’ensemble de ces tests afin de faciliter leur développement et l’évaluation de leur fiabilité.
10 avril 2020 : le CNRS annonce la préparation du test salivaire EasyCov
Un consortium français composé de scientifiques du CNRS travaillant au laboratoire Sys2Diag, de la société de biotechnologie SkillCell, de la société Vogo et du CHU de Montpellier annonce le lancement d’une étude clinique pour tester la performance du nouveau test de dépistage EasyCov. Ce consortium ambitionne également le développement d’une version grand public d’Easycov. Pour en savoir plus voir le communiqué du CNRS ; http://www.cnrs.fr/fr/covid-19-lancement-dune-etude-clinique-pour-un-test-salivaire-de-depistage-rapide
30 mars 2020 : la FDA (Food and Drug Administration) donne 20 autorisations pour les premiers tests
Le 30 mars 2020, la FDA, l’agence nord-américaine du médicaments (Food and Drug Administration) a indiqué par voie communiqué qu’elle a travaillé avec plus de 230 développeurs qui ont soumis ou vont soumettre des demandes d’autorisations urgentes de la FDA pour leurs tests. Au 30 Mars 2020, 20 autorisations ont été données et plus de 110 laboratoires ont signalé à la FDA qu’ils avaient commencé à utiliser leurs propres tests. Pour les fabricants qui envisagent la commercialisation, la FDA a fourni des recommandations sur la manière de démontrer la précision d’un test ainsi qu’un petit formulaire pour simplifier et accélérer le partage des informations sur leurs tests pour une demande d’autorisation urgente (EUA). Cette demande d’utilisation urgente a été mise en place par le Congrès Américain pour permettre une mise à disposition de tests moins contraignante que celle des circonstances usuelles et pour permettre un examen accéléré par la FDA. Dans beaucoup de cas, la FDA peut faire l’examen du dossier en moins d’un jour, et l’a déjà fait de manière répétée. Ce processus d’autorisation accélérée facilite la mise à disposition des tests.
17 mars 2020 : le gouvernement belge interdit temporairement les autotests rapides du SARS-CoV-2
Un arrêté du ministre de la santé belge daté du 17 mars 2020 déclare que « la mise à disposition sur le marché, la mise en service et l’utilisation des autotests rapides de mesure ou détection d’anticorps liés au SARS-CoV-2 sont interdites pour une période de six mois ». Ce texte précise : « Considérant que l’utilisation de tests basés sur la détection d’anticorps qui n’ont pas prouvé leur spécificité pour la détection de SARS-CoV-2, pourrait mener à une mauvaise interprétation sur l’état du patient (porteur du virus ou non porteur). En effet, le patient peut être porteur du virus SARS-CoV-2 malgré un résultat négatif du test (absence d’anticorps) avant la séroconversion (niveau suffisant d’anticorps dans l’échantillon pour être détecté), ce qui est incompatible avec la situation de pandémie actuelle. De plus dans le cas d’autodiagnostic, l’utilisateur profane pourrait également mal interpréter le résultat de par l’absence de connaissances scientifiques. De surcroit, les tests de détection IgM sont susceptibles de donner des résultats faux positifs induisant la prise de mesure chez des patients sains ».
Rédaction Pr. Joël Ménard, Dr. Nicolas Postel-Vinay pour le site automesure.com rubrique réalisée avec le soutien de l’association Robert Debré pour la Recherche MédicaleActualisation 3 janvier 2022
La place et l’intérêt des tests du Covid-19 sont difficiles à comprendre pour plusieurs raisons : le contexte de surinformation apporte son lot de polémiques au détriment de la pédagogie, mais aussi les connaissances scientifiques actuelles comportent encore des incertitudes. Rappelons d’abord que les tests PCR (ou RT-PCR) recherchent la présence du virus dans le nez au moment du test, tandis que les tests sérologiques recherchent dans le sang les traces d’un contact passé avec le virus. L’utilité et les interprétations de ces deux types de tests diffèrent totalement. disponibilité des différents tests diagnostics pour l’infection à coronavirus
En quoi les tests sont-ils utiles ?
Un test RT-PCR positif permet de limiter la contagion en proposant d’isoler le plus tôt possible les porteurs du virus et leurs contacts. Ils ont l’inconvénient d’avoir en proportion assez grande de faux négatifs. Les tests sérologiques sont indispensables pour effectuer les études épidémiologiques (surveillance des populations), mais il faut connaître leurs limites à titre individuel, car ces tests sérologiques ne permettent pas de répondre aux questions : « — Suis-je contagieux ? » ou encore « — Suis-je protégé contre le Covid-19 ? ».
Tests sérologiques et risque d’erreur au niveau individuel : cas d’une maison de retraite
L’utilisation des tests sérologiques dépend de la question posée. Au niveau épidémiologique, les résultats sur des groupes sont utiles pour la surveillance sanitaire. Du point de vue de l’individu, le risque d’erreur reste élevé. Explications à partir de l’exemple d’une maison de retraite.
Comme le détaille un article de la revue New England Journal of Medicine, l’histoire d’une maison de retraite associant court et long séjour dans l’état américain de Washington permet de comprendre l’évolution d’une épidémie d’infections par le coronavirus. Il s’agit d’un lieu fermé où coexistent des personnes âgées et fragiles avec ceux et celles qui les accompagnent. Un membre du personnel soignant avait présenté des symptômes d’infection le 26 Février 2020 et un résident hospitalisé le 5 mars avait eu un test de dépistage du virus par RT-PCR positif (prélèvement effectué le 3 Mars). Les autorités de santé, (le CDC – Center for Disease Control and Prevention), collecta par prélèvement nasopharyngé et oropharyngé les secrétions des résidents, le 3 et le 19-20 Mars 2020. Parmi les 48 résidents positifs, 27 ne signalaient aucun symptôme nouveau au moment du prélèvement Dans les 7 jours qui ont suivi, 24 de ces 27 résidents ont eu des symptômes de la maladie. Ils avaient donc été testés positifs sur la présence de virus par RT-PCR au cours d’une période pré symptomatique de durée moyenne de 4 jours. Il y eut au total 15 décès dans cette maison de retraite.
Suivant les dates de prélèvement les tests RT-PCR montrent des prévalences différentes Parmi les 138 soignants et personnes-contacts, 11 étaient RT-PCR positifs le 3 Mars (prévalence 8%) Une semaine plus tard, 55 ont rapporté des symptômes et 51 ont été testés, dont 26 ont été positifs (prévalence 19%) (infirmier (e)s et aide-soignant(e)s, services de support médical ou social). Ce cluster offre deux exemples de prévalence différentes de l’infection par le Covid-19, allant de 8% (le personnel de soins et d’accompagnement) à 64% (les résidents, quelques jours après la survenue du premier cas).
Et si on avait utilisé des tests sérologiques ? Voilà donc comment, un mois plus tard, on peut imaginer l’utilisation de tests sérologiques recherchant des anticorps développés contre le Covid-19. On imagine que le même test sérologique est effectué après une prise de sang. On imagine que sa spécificité est de 98% et sa sensibilité de 95%. Si l’on fait une enquête complète de tous les contacts et de leurs familles, par exemple cinq cents personnes, les tests sérologiques diront-ils exactement qui a été infecté et qui ne l’a pas été ? Le risque de faux négatif est de combien ? Le risque de faux positif est de combien ? Le sachant, quelles consignes personnalisées donnera le médecin traitant à chaque personne, compte-tenu de l’état psychologique, de l’activités professionnelle, de la situation familiale et des déplacements ? Si la prévalence est vraiment de 8% et si 500 personnes bénéficient d’un test sérologique, près de 9 personnes (19,5% des positifs) seront considérées comme ayant des anticorps dont on espère sans le savoir encore qu’ils soient protecteurs, alors qu’elles n’en ont pas (faux positifs). Deux personnes (1,2% des seront considérées comme sans anticorps alors que ceux-ci sont présents (0,4 % des négatifs) Chez les résidents de cet EHPAD ou d’autres, si la prévalence est de l’infection virale est de 64%, quand on testera la présence d’anticorps dans le sang de 500 personnes, 4 seulement (1,2 % des positifs) seront de faux positifs mais en revanche 16 seront des faux négatifs (8,3 % des négatifs).
L’utilisation des tests sérologiques dépend de la question posée Au niveau épidémiologique, les résultats sur des groupes sont des calculs de veille sanitaire utiles. Au niveau de l’individu, où tout dépend du service que l’on veut rendre à la personne qui souhaite être testée ou à qui l’on suggère de l’être, le risque d’erreur reste élevé. Il n’y a pas de place ici pour le marketing d’une technique ou d’une autre…. « Autant que la technique choisie après le feu vert des autorités (examen en laboratoire de biologie, Test Rapide d’Orientation Diagnostique, autotest), l’interprétation du résultat, hors enquête épidémiologique, relève des résultats d’une éventuelle RT-PCR pratiquée antérieurement et de l’art médical dans toute sa capacité d’écoute, d’analyse et de conseil sur la santé à des individus et à leurs familles. »
Référence : Pr J. Ménard, Pr P. Degoulet et Dr N. Postel-Vinay. D’après M.M. Arons, K.M. Hatfield et coll. avec le CDC COVID-19 Investigation Team* April 24, 2020, at NEJM.org. Mise en ligne sur automesure.com le 4 mai 2020
Depuis cette page, nous donnons des informations sur la disponibilité des différents tests diagnostics pour l’infection à coronavirus
LesTests PCR, tests sérologiques : quelles sont les différences ?
ll faut bien comprendre les différences entre les tests PCR et les tests sérologiques. Les tests PCR recherchent la présence du virus dans le nez au moment du test, tandis que les tests sérologiques recherchent dans le sang les traces d’un contact passé avec le virus. Dans le cas du Covid-19, les tests PCR consistent en un prélèvement par une narine au moyen d’un coton-tige, tandis que les tests sérologiques consistent en l’analyse d’un échantillon de sang par une prise de sang ou une piqure au bout du doigt.
Les buts de ces tests sont très différents :
Rechercher la présence d’un virus à un moment donné permet de déduire si la personne est contagieuse ou pas.
Rechercher les traces passées d’une réaction permet de déduire si une personne est à risque – ou pas – de contracter l’infection. La présence d’anticorps (qui apparaissent dans le sang quelques semaines après l’infection) signe le contact passé avec le virus et permet d’espérer l’existence d’une protection lors d’une nouvelle rencontre avec le virus.
Suis-je actuellement porteur du Covid-19 ? Réponse avec le « test PCR »
Décrit plus scientifiquement, le test PCR est un test diagnostique de la contamination par le Covid 19 au moyen d’un prélèvement naso-pharyngé. En introduisant un long et fin coton-tige dans la narine, on recherche des cellules nasales profondes. Dans ces cellules, le test recherche la présence de fragments de virus (des brins d’ARN, Acide RiboNucléique, matériel génétique du virus SARS-CoV 2). La charge virale, c’est-à-dire la concentration du virus, est quantifiée grâce à des machines qui mesurent la réaction de « polymérisation » en chaîne (PCR) : qRT-PCR (PCR quantitative en temps réel). Si une personne est infectée par le coronavirus au moment du prélèvement, le test « PCR » le détecte. Du prélèvement à la transmission du résultat (malade, médecin, ARS, centre de référence) le temps écoulé doit être inférieur à 24 heures On peut faire ce prélèvement soit chez une personne qui a de la fièvre et/ou de la toux, et/ou une perte de l’odorat ou du goût, soit chez quelqu’un en contact avec un malade, soit en l’absence de tout symptôme. Un test positif (PCR +), indique la présence du virus au moment du prélèvement, on en déduit que la personne est potentiellement contagieuse car elle est porteuse du virus. Cette contagiosité est possible même si la personne ne ressent aucun symptôme au moment du prélèvement ; on parle de « porteur sain ». Il existe des faux négatifs souvent dus à une mauvaise technique de prélèvement
Par le passé, ai-je été en contact avec le virus ? Réponse avec les tests sérologiques
Pour savoir si le corps a été en contact avec le virus, il faut rechercher dans le sang les traces immunologiques induites par ce contact. C’est possible à l’aide de « tests sérologiques ».
Ces tests recherchent la mémoire d’une réaction de défense de l’organisme, par le dosage des anticorps dirigés contre le virus. Ce type de test est par exemple systématique chez toutes les femmes enceintes pour savoir si avant leur grossesse elles ont été en contact – ou pas – avec le virus de la rubéole. Une femme dite « sero-négative » pour la rubéole n’a jamais été vaccinée ou mise en contact avec ce virus et elle se trouve à risque de la contracter, ce qui serait potentiellement grave pour le fœtus en cas de maladie.
Quels sont les tests disponibles ?
La recherche et les autorisations (ou interdiction) de commercialisation des différents tests Covid-19 suit une actualité très rapide. Automesure.com résume les principales informations en les classant par date. Accéder à notre calendrier des tests.
Tests coronavirus : calendrier de la recherche et de la commercialisation
À partir de cette page, nous donnons des informations sur la disponibilité des différents tests diagnostics pour l’infection à coronavirus cliquez ici
Source : automesure.com Rédaction : Professeur Joël Ménard (Professeur de santé publique et ancien directeur général de la santé) et Docteur Nicolas Postel-Vinay (Hôpital européen Georges Pompidou. Paris Actualisation : 3 janvier 2022.
Un autotest est un test que l’on fait soi-même. Il existe de nombreux autotests à visée médicale, un des plus courants est l’autotest de la grossesse. Grâce à lui, une femme, sans besoin de l’accord ni du compagnon, ni d’un professionnel de santé, ni de la mère lorsqu’il s’agit d’une mineure, peux utiliser l’autotest après l’avoir acheté en pharmacie ou sur internet. On trempe le dispositif dans les urines. Après quelques secondes, un voyant en couleur indique l’existence d’une grossesse ou pas. Plusieurs autotests existent pour les maladies infectieuses. Ainsi les autotests servant à savoir si une personne a été en contact, ou pas, avec le virus du sida (VIH) existent depuis 2004. La décision de leur mise sur le marché grand public ont donné lieu à bien des débats et controverses.
La réponse immunitaire en autotest
La réponse de l’organisme au contact d’un virus, se manifeste par la production d’anticorps, que la maladie ait été grave, légère, voire silencieuse, situation la plus fréquente actuellement pour le coronavirus. L’apparition des anticorps débute deux semaines après le contact avec le virus. Il existe deux classes différentes d’anticorps, les IGM (qui vont disparaitre en un mois) et les IgG (qui persistent longtemps après le contact initial avec le virus).
Dans un monde idéal, chaque personne devrait connaitre sa situation immunologique vis-à-vis du coronavirus, quand les tests nécessaires au laboratoire ou, peut-être, les autotests seront disponibles. Sans anticorps, on reste exposé aux risques de la rencontre avec le virus. En présence d’anticorps dans le sang, on est protégé contre une nouvelle rencontre avec le même virus et, ne le portant plus, on ne le transmet plus. C’est pour cela que les professionnels de santé doivent obligatoirement passer des tests vis-à-vis des expositions au virus de l’hépatite virale B ; à la fois pour que l’employeur (l’hôpital, la clinique par exemple) protège le professionnel (le vaccin contre l’hépatite est obligatoire pour les professionnels de santé), à la fois pour s’assurer qu’il n’y a pas de possibilité de transmission.
Dans le cas du coronavirus, connaitre son statut immunologique permettra de prendre des décisions mieux adaptées pour des possibilités de confinement (quarantaine), de reprise de travail et d’activité, de protection.
Quand un autotest est-il fiable ?
En médecine, la question de la fiabilité d’un test n’est jamais simple et peut susciter des débats légitimes, scientifiquement complexes. En Europe, comme aux Etats-Unis, les autorités de santé examinent la validité des tests avant leur commercialisation. Leur accord pour une mise sur le marché est une étape clé. Il faut a priori se méfier d’un test qui n’a pas reçu l’accord (on dit la certification) d’une autorité (par exemple la FDA aux Etats-Unis ou l’ANSM pour la France). Comme pour toutes marchandises, il peut exister des tests validés de qualités différentes. C’est vrai pour les voitures, les vêtements ou les machines à laver : il en est de même pour le matériel médical.
Il est rare qu’un test médical soit fiable à 100 %. Un test peut par exemple « répondre » par erreur absence d’anticorps dans le sang (témoin du contact passé avec un microbe) alors qu’il est présent. On parle de faux négatif. A l’inverse, le test peut « répondre » que l’anticorps existe, alors qu’il n’est pas présent. On parle de faux positif. Les images ci-après illustrent bien ces notions.
On dit qu’un test est fiable à 100 % lorsqu’il ne se trompe jamais. Un test qui serait fiable à 50 % reviendrait à lancer une pièce en l’air pour tirer à pile ou face (moitié de chances qu’elle tome sur face, moitié sur pile). Dans ce dernier cas on peut donc affirmer que la fiabilité du test est nulle. Entre les deux, tout est possible.
Les raisons d’obtenir une mauvaise réponse sont multiples. Elles concernent la qualité du test en lui-même ou bien ses conditions d’utilisation.
• Qualité du test lui-même : un autotest est un produit fabriqué, transporté, conservé. Il en est de bonne ou de moins bonne qualité.
•Conditions d’utilisation du test : il peut arriver qu’on manie mal un test fiable et dans ce cas la réponse est fausse. Prenons des exemples : il existe des autotests de recherche de sucre dans les urines (à l’usage des diabétiques). Si le prélèvement d’urines est fait dans un verre mal lavé (par exemple où il reste des traces de boisson sucrée) : le test donnera une réponse faussement positive. Prenez un test de présence de virus dans le rhinopharynx de la grippe ; si le bâtonnet avec un coton (l’écouvillon) du test n’est pas correctement appliqué dans la profondeur du nez, le test risque de donner une réponse faussement négative alors que le virus est présent.
• En pratique, utiliser un autotest implique de lire et suivre scrupuleusement le mode d’emploi, et l’effort de réflexion n’est pas négligeable.
Pour : Quels sont les arguments en faveur des autotests Covid ?
On peut attendre des autotests qu’ils soient d’un usage plus pratique que le recours aux laboratoires de biologie. Cette facilité peut permettre de tester le maximum de personnes, partout, et éventuellement plusieurs fois. Avec un autotest, il n’y a pas besoin de se déplacer au laboratoire, une livraison à domicile ou un achat en pharmacie suffit. Il n’y a pas d’intervention d’un tiers pour une prise de sang. Le résultat est connu sans délai, sans intermédiaire. On peut attendre que les coûts soient acceptables compte-tenu des nombres De plus, directement dans tous les sites de soins, les médecins pourraient au mieux proposer cette technique lors de toute consultation médicale.
Contre : Quels sont les arguments en défaveur des autotests Covid ?
A la date du 6 avril 2020, les autotests Covid ne sont pas encore disponibles. Ils ne devront être proposés qu’après une double validation : la technique et la valeur informative sur l’état immunologique de la personne testée avec les décisions qui en découlent. Pour savoir si un test génère des faux positifs ou des faux négatifs, il faut connaitre ses performances par comparaison à la meilleure technique de référence. L’utilisation de ces tests n’est pas acceptable s’ils manquent de reproductibilité, de spécificité (trop de faux positifs) ou de sensibilité (trop de faux négatifs).
Il y a-t-il des arnaques avec les autotests Covid ?
En médecine il existe de nombreux exemples de tromperies : fake news, médicaments prétendument efficaces alors qu’ils sont en réalité d’effets nuls voire même dangereux, falsifications ou copies fabriquées dans des usines clandestines, etc. Les ventes sur internet augmentent les possibilités d’acheter n’importe quoi, fabriqué n’importe où. Le consommateur doit être informé et vigilant.
Le 20 mars 2020, les autorités nord-américaines (FDA, Food and Drugs Administration) ont lancé une alerte sur la vente frauduleuse de « Covid 19 Home test kits). « Nous voulons alerter le public américain qu’à l’heure actuelle, la FDA n’a autorisé aucun test disponible à l’achat pour vous tester vous-même à domicile pour le COVID-19. La FDA voit l’intérêt pour la santé publique d’étendre la disponibilité des tests COVID-19 grâce à des tests sûrs et précis qui peuvent inclure la collecte à domicile, et nous travaillons activement avec les développeurs de tests sur ce domaine ».
Source : automesure.com Rédaction : Professeur Joël Ménard (Professeur de santé publique et ancien directeur général de la santé) et Docteur Nicolas Postel-Vinay (Hôpital européen Georges Pompidou. Paris Actualisation : 3 janvier 2022.
« Bague-anti-ronflement »: automesure.com vous déconseille d’acheter ce produit
Certaines pharmacies françaises vendent des « bagues anti-ronflements » de la marque ANTISNOR commercialisées par la société Beauclair Pharma. Ce produit n’est pas recommandé : allégations mensongères, non respect de la réglementation, publicité inappropriée. À éviter.
De la fausse acupuncture, aux allégations mensongères
Il existe très peu de publications scientifiques traitant des effets de l’acupuncture sur le sommeil. Il n’en existe aucune s’agissant des effets de l’acupuncture sur le ronflement et le sommeil. Il n’y a donc aucune preuve d’efficacité de la « bagueanti-ronflement ». Ensuite, affirmer comme le fait le commerçant sur son site internet (visité le 18 avril 2012) que « la bague anti-ronflement AntiSnor est élaborée selon les principes ancestraux de l’acupression chinoise » est un amalgame grossier. Il faudrait croire que l’anneau va vraiment toucher un point particulier d’acupuncture et que l’effet est semblable à celui de l’acupuncture ; ce qui n’est pas le cas. Le site du fabricant (visité le 18 avril 2012) indique que la bague est une « solution novatrice [et] une méthode 100 % Efficace ». Cette affirmation d’efficacité à 100 % est tout simplement mensongère. S’agissant de cette indication, elle peut être qualifiée de publicité ou de pratique commerciale. L’article L 121-1 aliéna 2 du Code de la consommation indique qu’ « une pratique commerciale est trompeuse si elle est commise dans l’une des circonstances suivantes : […] Lorsqu’elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur et portant sur […] Les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir : ses qualités substantielles, […] ses propriétés et les résultats attendus de son utilisation, ainsi que les résultats et les principales caractéristiques des tests et contrôles effectués sur le bien ou le service ». La publicité trompeuse est un délit pénal en France, passible de sanctions comme l’indiquent les articles L 121-3 et suivants du Code de la consommation. L’amende peut être portée à 50 % des dépenses de la publicité ou de la pratique constituant le délit. Par ailleurs, l’article L 5122-15 du Code de la santé publique (CSP) dispose que : « La publicité […] relative aux objets, appareils et méthodes, présentées comme favorisant le diagnostic, la prévention ou le traitement des maladies […] ou la modification de l’état physique ou psychologique […] peut être interdite par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [(ANSM)], lorsqu’il n’est pas établi que lesdits objets, appareils et méthodes possèdent les propriétés annoncées. » De telles allégations sont donc également interdites par l’Agence qui veille au retrait d’une telle publicité.
Une vente en officine non conforme à la réglementation
La vente de ces bagues en pharmacie ne devrait pas avoir lieu car les pharmaciens ne peuvent faire, dans leur officine, le commerce de marchandises autres que celles figurant sur une liste bien précise arrêtée par le ministre chargé de la santé, sur proposition du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (article L 5125-24 du Code de la santé publique). Cette liste des marchandises autorisées à la vente en officine est fixée par un Arrêté du 15 février 2002 (publié au Journal Officiel de la République Française (JORF) du 24 février 2002), complété par arrêté du 30 avril 2002 (publié au JORF du 4 mai 2002) et modifié par arrêté du 2 octobre 2006 (publié au JORF du 13 octobre 2006 (ces dispositions sont toujours valables en Avril 2012)). Dans son bulletin daté de Mars 2012, l’Ordre national des Pharmaciens a publié un article relatif à la vente de bijoux en pharmacie qui précise très clairement que les « bagues anti-ronflements », comme tous les « bijoux » revendiquant des propriétés médicales sont interdites de vente. Afin de pouvoir commercialiser ce produit en France sous le statut de « dispositif médical », la société exploitant le produit aurait du le déclarer à l’ANSM (anciennement Afssaps agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), agence de contrôle dépendant du ministère de la santé, et obtenir une autorisation.
Une publicité sur Internet inappropriée
Le public peut, en consultant le site de la société commercialisant la « bague anti-ronflement », rechercher le point de vente (une pharmacie répertoriée) le plus proche de leur domicile. Lors de la visite de ce site en mars 2012, il apparait que le résultat de la recherche n’est pas exhaustif comme pourrait l’être une recherche sur un annuaire. En effet, seuls quelques pharmaciens sont répertoriés selon les critères sélectifs propres à ce site. Or, la publicité des officines est réglementés et aux termes de l’article R 4235-30 du CSP : « Toute information ou publicité, lorsqu’elle est autorisée, doit être véridique, loyale et formulée avec tact et mesure ». La publicité doit donc être autorisée (elle fait l’objet d’une demande de visa et d’un contrôle de l’ANSM). Aussi, toute sollicitation de clientèle par des procédés contraires à la dignité de la profession ou ayant pour effet de porter atteinte au libre choix du pharmacien par sa clientèle, est interdite (articles R 4235-21 et -22 du CSP). En outre, l’article R 5125-29 précise qu’« un groupement ou un réseau constitué entre pharmacies ne peut faire de la publicité en faveur des officines qui le constituent. Aucune publicité ne peut être faite auprès du public pour un groupement ou un réseau constitué entre officines » et celle-ci n’est possible que dans les conditions fixées à l’article R 5125-26 du CSP. Dès lors, les conditions dans lesquelles cette information est délivrée auprès du public ne satisfait pas aux obligations déontologiques et légales auxquelles les pharmaciens sont soumis. En créant ces listes sélectives, les pharmaciens d’officine cités sont susceptibles de faire l’objet de plaintes devant le Conseil de l’Ordre des pharmaciens.
Des pharmaciens qui se discréditent
Le Code de déontologie des pharmaciens est formel (article R. 4235-10 du CSP) : « Le pharmacien doit veiller à ne jamais favoriser, ni par ses conseils, ni par ses actes, des pratiques contraires à la préservation de la santé publique. Il doit contribuer à la lutte contre le charlatanisme, notamment en s’abstenant de fabriquer, distribuer ou vendre tous objets ou produits ayant ce caractère. » pharmaciens qui proposent à la vente ce type de produits discréditent leur profession.
Dans ce cas précis, la vente de bijoux revendiquant des propriétés thérapeutiques est non seulement contraire à la réglementation comme on vient de le démontrer, (rappelons que les pharmaciens d’officine ont connaissance de la liste des marchandises qu’ils sont autorisés à vendre au cours de leur formation universitaire, le Journal de l’Ordre, le JORF, l’inspection de la pharmacie ou la presse professionnelle) mais engage la responsabilité et l’image de toute une profession aux yeux de la population. Comment faire confiance à des pharmaciens qui vendent à prix élevés (39,90 euros en avril 2012) un article qui n’apporte absolument aucune preuve d’efficacité ? Le ronflement peut être un signe de pathologie parfois sévère (le syndrome d’apnée du sommeil par exemple) et peut gêner au quotidien : un pharmacien qui, au lieu d’agir en professionnel averti et fiable s’improvise vendeur de bijoux effectue là un bien mauvais choix.
Rédaction Dr. Nicolas Postel-Vinay. Hôpital européen Georges Pompidou. Paris Sources : code de la santé publique ; Bulletin de l’Ordre national des pharmaciens (mars 2012). Nous remercions Morgane Morey, juriste, et le Docteur Sylvie Royant-Parola, Présidente du réseau Morphée, membre de la société française de recherche sur la médecine du sommeil (SFRMS) pour avoir relu ce texte et nous avoir fait part de leurs suggestions. Commentaire rédigé le 3 Mai 2012.
À la vôtre ! Santé ! Dans l’imaginaire populaire, la consommation d’alcool est souvent valorisée. La grande majorité des consommateurs perçoit les côtés positifs de l’alcool (convivialité, goût agréable, etc.) et dans ce contexte, il est difficile de faire percevoir les usages à risque et nocif. C’est pourtant un préalable pour qu’une intervention d’aide et de soins soit possible. Alors, comment repérer les usages à risque ou nocifs ?
La limite de consommation se situe bien avant l’ivresse ou la dépendancec’est combien, quand et comment » ?
Contrairement à ce que la plupart des hommes interviewés dans l’étude qualitative semblent croire, la limite à laquelle il faut s’arrêter de boire n’est pas celle de l’ivresse ou de la dépendance. Cette limite n’est, en effet, pas nécessairement ni ressentie, ni exprimée par notre corps lorsque l’on boit. En dehors des changements d’état provoqués par l’ivresse et des manifestations extérieures de l’excès, le corps subit silencieusement les effets d’une consommation régulière à long terme.
Repères simples pour une consommation d’alcool faible
Le Plan National Nutrition Santé a établi des recommandations concernant la consommation d’alcool : La consommation d’alcool est déconseillée.
Pour les hommes : moins de deux verres par jour Pour les femmes : moins d’un verre par jour
Pour les consommations occasionnelles : pas plus de 4 verres d’alcool en une seule occasion
Dans certaines situations particulières, aucune boisson alcoolisée : – pendant toute la durée de la grossesse et de l’allaitement – pendant l’enfance – quand on conduit un véhicule ou une machine – quand on exerce des responsabilités qui nécessitent de la vigilance – quand on prend certains médicaments (consulter la notice) – dans certaines maladies chroniques ou aiguës (hépatite virale, pancréatite, épilepsie, …)
Les seuils de consommation diffèrent entre les hommes et les femmes car ceux-ci sont inégaux face à l’alcool. En effet, un homme et une femme du même âge et de même poids n’ont pas les mêmes taux d’éthanol dans leur sang à niveaux de consommation égale : l’alcoolémie sera plus importante chez la femme. Plusieurs explications sont avancées pour comprendre ce phénomène. Chez la femme, le tissu adipeux est plus important que chez l’homme et la masse musculaire dans laquelle diffuse l’alcool plus réduite. Il en résulte un volume de distribution plus petit et donc une concentration en éthanol dans le sang plus importante. Par ailleurs, des travaux récents ont mis en évidence, chez la femme, une enzyme responsable du métabolisme de l’alcool moins active que chez l’homme. L’alcool est donc éliminé plus lentement. Enfin, les modifications hormonales durant le cycle menstruel et la ménopause ainsi que la prise de contraceptifs oraux et de traitements hormonaux substitutifs peuvent modifier le métabolisme de l’éthanol. Toutes ces caractéristiques rendent les femmes plus vulnérables que les hommes aux méfaits de l’alcool. Chez elles, les effets de l’éthanol vont se manifester plus rapidement et parfois plus sévèrement. C’est le cas pour la cirrhose, cette maladie du foie dont un plus grand nombre de femmes consommatrices excessives que d’hommes consommateurs excessifs, meurent. L’alcool pourrait également être impliqué dans le cancer du sein. Une faible augmentation du risque a été rapportée pour des consommations quotidiennes d’alcool relativement modérées.
Contrairement aux idées reçues, l’effet protecteur spécifique du vin n’est pas démontré
L’alcool ne devrait pas être proposé comme moyen de prévention des maladies cardiovasculaires ou comme un « alicament ». Un lien statistique entre une faible consommation d’alcool – un verre d’alcool par jour pour les femmes et un à deux verres pour les hommes – et une protection contre les maladies cardiovasculaires a été décrit quelle que soit la boisson alcoolisée (Expertise collective Inserm – Alcool, effets sur la santé– coll. Inserm 2001). Ces liens statistiques ont été décrits pour les hommes de plus de 50 ans, les femmes ménopausées. Mais, il n’est pas possible de parler de lien de causalité entre consommation d’alcool et meilleure santé. Il se peut par exemple que les faibles consommateurs d’alcool soient au départ des personnes déjà en bonne santé ou prudentes pour leur santé donc moins souvent malades. Dans certaines études décrivant les liens entre vin et santé, il n’est souvent pas possible de distinguer l’effet de la consommation de vin de phénomènes de vie comme un régime alimentaire protecteur ou un avantage socioculturel.
À la vôtre ! Santé ! Dans l’imaginaire populaire, la consommation d’alcool est souvent valorisée. La grande majorité des consommateurs perçoit les côtés positifs de l’alcool (convivialité, goût agréable, etc.) et dans ce contexte, il est difficile de faire percevoir les usages à risque et nocif. C’est pourtant un préalable pour qu’une intervention d’aide et de soins soit possible. Alors, comment repérer les usages à risque ou nocifs ?
L’usage à risque « c’est combien, quand et comment » ?
Combien ? Les consommateurs à risque ont une consommation supérieure à 35 verres par semaine chez l’homme, supérieure à 21 verres par semaine chez la femme et/ou supérieure à 4 à 5 verres par occasion. Ce seuil ne signifie pas que toute consommation inférieure ne pose aucun problème ou, a priori, puisse être encouragée.
Quand ?
Le danger de l’alcool est augmenté dans certaines circonstances :
– grossesse – conduite automobile ou de machines ; – association à certains traitements psychotropes.
Comment ?
La consommation à risque peut provenir : – de la précocité de la consommation ; – du cumul de consommation d’alcool avec d’autres substances ; – de la recherche d’ivresses et notamment en cas d’ivresses précoces ou répétées ; – de la consommation solitaire à visée anxiolytique ou antidépressive
L’usage nocif : quand les problèmes commencent…
Les personnes qui rentrent dans cette catégorie sont appelées » consommateurs à problèmes « . Ce type de consommation ne se définit pas par un seuil de consommation, mais par l’existence de dommages liés à une consommation d’alcool répétée sans signe de dépendance. Cette catégorie correspond à la définition de l’abus par le DSM IV et de l’utilisation nocive à la santé de la CIM 10..
La dépendance : quand la liberté est perdue
La dépendance est une perte de maîtrise de la consommation d’alcool. Moins qu’un seuil quantitatif, c’est d’abord la perte de la liberté de s’abstenir de consommer. Elle se traduit cliniquement par l’installation d’une tolérance et des signes de sevrage à l’arrêt de la consommation.
Les formes précoces : difficile à repérer
ll est difficile de repérer les personnes qui présentent une consommation entraînant – ou susceptible d’entraîner – des problèmes. Dans un but pratique, l’idée d’un continuum allant d’un usage socialement intégré à faible risque à une consommation importante génératrice de multiples problèmes médicaux, sociaux, psychologiques et de dépendance, a progressivement remplacé celle d’une frontière tranchée entre consommation pathologique et non pathologique. Heureusement, l’évolution d’une catégorie vers une autre plus grave est loin d’être systématique et le retour spontané vers une catégorie de risque inférieur est également possible. Il est important de noter qu’au stade précoce, l’entretien n’est pratiquement jamais motivé par la consommation d’alcool et par une demande de soins. C’est pourquoi le dépistage ne peut être le fait de spécialistes. Il est du domaine des médecins généralistes. Cependant, beaucoup de patients jeunes ne consultent pas. C’est dire l’importance du rôle des enseignants, des travailleurs sociaux, du médecin du travail et, bien sûr, de l’entourage.
Le dépistage doit être systématique
En France, trois millions de personnes sont concernées par un usage à risque et/ou nocif d’alcool. Le dépistage systématique de l’usage nocif d’alcool est actuellement recommandé aux médecins par de nombreuses institutions. Une consommation dangereuse d’alcool peut être dépistée de manière relativement simple. Il faut la faire préciser systématiquement pour tout nouveau patient, au même titre que les antécédents personnels et familiaux ou d’autres facteurs de risque tels que la consommation de tabac, de médicaments, les habitudes alimentaires, l’activité physique. La minimisation, souvent mise en avant, a peu d’importance puisqu’il s’agit d’apprécier cette consommation par rapport à un seuil d’intervention et non de l’évaluer avec exactitude. Cette consommation est évaluée en verres, unité internationalement reconnue de consommation que les patients savent bien exprimer. La quantité d’alcool ingérée est indépendante du type de boisson consommée car la taille des verres est inversement proportionnelle à la teneur en alcool de la boisson. Ainsi, si l’on considère les verres de café » standards « , il y a sensiblement autant d’alcool dans un verre de spiritueux, de vin ou de bière, soit environ 10 à 12 g d’alcool pur. Il convient de différencier : – les consommations régulières, quotidiennes : le nombre de verres consommés au cours de la semaine précédente donne une bonne idée de la situation ; – les consommations irrégulières : estimer le nombre de verres consommés par occasion de boire, ainsi que le nombre de jours avec alcool, par semaine ou par mois selon les cas.
Accès au questionnaire AUDIT (OMS)
Le questionnaire Audit est en ligne de façon interactive sur automesure.com. Pour lire l’article original cliquez
Validation d’un test de dépistage pour adolescents : le CRAFFT
Bibliographie Les informations de cette page sont principalement adaptées du livre de Michel Lejoyeux, François Paille et Michel Reynaud. Usage nocif de substances psychoactives. Chapitre III – Repérage et évaluation des usages à risque et de l’usage nocif d’alcool. La documentation française 2002, Paris. ISBN : 2-11-005024-1.
Rédaction :automesure.com® – Dernière actualisation mars 2014 Dr Anne-Laurence Le Faou (Hôpital européen Georges Pompidou, 75015 Paris). Dr Nicolas Postel-Vinay (Hôpital européen Georges Pompidou, 75015 Paris)