Les thermomètres frontaux sont couramment utilisés, y compris par les médecins et certains hôpitaux. Leur utilisation est croissante car ils ne sont pas chers et sont faciles d’emploi. Problème : ils ne sont pas assez fiables. Dans une lettre parue dans la très sérieuse revue British Medical Journal, un généraliste anglais alerte les utilisateurs de thermomètres frontaux (qui mesurent la température cutanée au niveau du front) des erreurs engendrées par ces appareils lorsque les patients sont en situation de fièvre sévère avec vaso-constriction périphérique. Dans ces cas, ce type de thermomètres fonctionne mal alors que ceux qui mesurent la température orale ou rectale sont plus fiables. A savoir.
Il est utile de surveiller sa température en cas d’infection par Coronavirus, que cette maladie soit seulement suspectée ou prouvée
Pourquoi surveiller sa température ? La fièvre fait partie des symptômes de toutes infections. Sa présence – ou son absence – sert à évaluer si l’infection est présente, s’aggrave ou bien si elle évolue vers la guérison. Une fièvre élevée et mal tolérée peut justifier un avis médical. Noter la température matin et soir sur un cahier permet d’en suivre l’évolution et de donner des réponses précises lorsqu’un médecin évaluera la situation. Pour se préparer à la demande d’avis médical utilisez l’outil Coviq-Quest.
Comment la mesurer la température et avec quel type de thermomètre ? Le plus simple est d’utiliser un thermomètre électronique que l’on place dans le rectum ou bien sous la langue.
Comment lire les résultats du thermomètre ? On parle de fièvre quand la température interne du corps dépasse 38 °. Attention, les valeurs affichées par les thermomètres varient suivant l’emplacement du corps où le thermomètre est appliqué. Il faut donc interpréter les chiffres mesurés.
La température normale mesurée au niveau du rectum est comprise entre 36°6 et 38°, sous l’aisselle elle est de 35°5 à 37°5 et prise au front elle se situe entre 34°7 et 37°3.
Quelques notions médicales à connaitre
• Une température très basse doit aussi faire craindre une infection. Le questionnaire Covid-Quest vous conseille d’appeler rapidement un médecin en cas de fièvre vers 35°
• Une infection par Covid-19 peut occasionner des fièvres durant une dizaine de jours ou plus
• Prendre un médicament antipyrétique (du paracétamol par exemple) 4 à 6 heures avant la mesure peut masquer la fièvre
• Chez la personne âgée une fièvre peut entrainer rapidement une déshydratation et/ou une baisse de la tension artérielle. Il faut donc conseiller des boissons abondantes et surveiller sa tension artérielle
• Lorsqu’en période de pandémie Covid quelqu’un présente de la fièvre, il faut aussi savoir penser aux autres causes possibles de fièvre. Un train peut en cacher un autre
• Les médicaments anti-inflammatoires (ibuprofène par exemple) sont déconseillés en cas d’infection
En cas de symptômes à l’évidence très sévères (par exemple très grande gêne respiratoite), le recours au centre 15 est conseillé. Dans les autres cas, prendre quelques minutes pour faire la synthèse avec l’outil Covid-Quest disponible depuis ce site vous sera utile pour appeler les soignants de votre choix : services d’urgence, médecin traitant, pneumologue, service de téléconsultation, secrétariat de rendez-vous médicaux.
Rubrique réalisée sous la direction du Professeur Bruno Housset.Chef du service de pneumologie, hôpital intercommunal de Créteil, 40, avenue de Verdun, 94010 Créteil Cedex 01. automesure.com® – Actualisation octobre 2013 – Rédaction :automesure.com® Dr Anne-Laurence Le Faou (hôpital européen Georges Pompidou, 75015 Paris). Dr Nicolas Postel-Vinay (faculté de médecine Broussais Hôtel-Dieu, Paris VI).
Les patients hypertendus utilisent de plus en plus l’automesure tensionnelle, mais cet outil incontournable du diagnostic et du suivi des patients hypertendus tarde à s’installer chez les médecins généralistes français. Pour identifier les facilitateurs et les obstacles à la généralisation de l’automesure par les généralistes, le Pr Jean Marc Boivin (Nancy) a conduit une étude explorant la perception de l’automesure chez les médecins généralistes dans leur pratique quotidienne. En voici le résumé : Cette étude qualitative comprenait la constitution de six groupes d’échanges réunissant en tout 41 médecins spécialistes en soins primaires en Lorraine (Nord-Est de la France). Elle a été menée entre octobre 2016 et Février 2017. Les entretiens ont été anonymisés et intégralement retranscrits puis une analyse thématique et exhaustive a été réalisée.Les résultats montrent que les premières raisons invoquées par les généralistes pour expliquer leurs difficultés concernant l’automesure étaient le manque de temps, de ressources matérielles et humaines. Cependant, tous ces motifs masquaient d’autres facteurs limitatifs importants, notamment l’insuffisance de connaissances concernant l’automesure, la faible adhésion aux recommandations, et la crainte de perdre en quelque sorte, une partie de leur « pouvoir médical ». Les médecins interrogés ont admis cependant que l’utilisation de l’automesure pouvait améliorer l’observance des traitements par les patients et diminuer l’inertie thérapeutique du soignant. Toutefois, la plupart des médecins utilisaient l’AMT seulement au moment du diagnostic et rarement pour le suivi. Une explication à la réticence des médecins à l’égard de l’automesure, en plus de celles qui concernaient les recommandations, était que l’AMT était perçue comme contraignante et difficile à mettre en œuvre chez les patients. Cet obstacle était principalement observé chez les omnipraticiens les plus âgés mais moins fréquemment chez les jeunes médecins, principalement ceux qui exerçaient dans des centres de santé multidisciplinaires, car la barrière logistique n’était plus la même. En conclusion les auteurs de ce travail estiment qu’il est nécessaire de se concentrer sur la formation des médecins et l’éducation des patients. Nous devons également mettre fin au « pouvoir médical » dans la prise en charge de l’hypertension et nous tourner vers les soins multidisciplinaires, incluant les infirmières, les pharmaciens et les patients.
Les meilleures modalités de détection de la BPCO par les non-pneumologues en 2013 donnent encore et toujours lieu à des débats animés. Des stratégies basées sur les facteurs de risque, les symptômes, la mini-spirométrie ou la spirométrie, isolées ou associées, ont fait l’objet de multiples travaux avec des résultats variables.
La mesure du rapport VEMS/VEM6 par minispirométrie (Piko-6®, Néo-6®, BPCO-6®) a notamment été préconisée par certains. La fiabilité technique de ces dispositifs est bien établie, mais une limite notable à leur utilisation est la nécessité de manœuvres expiratoires de bonne qualité, faisant intervenir une composante humaine par essence moins robuste : ainsi, plusieurs études dont certaines en France ont montré un taux élevé de mesures incorrectes, allant jusqu’à dépasser 50 %. En cause, un manque de formation, d’expérience et de pratique de la part des professionnels sollicités. Quoi qu’il en soit, se pose aussi la question du seuil « d’alerte » du rapport VEMS/VEM6 à prendre en compte pour déclencher le recours à une « vraie » spirométrie de confirmation diagnostique. Une étude Canadienne, COLD (Canadian Obstructive Lung Disease study) a voulu répondre à cette question en étudiant les spirométries de 2 911 sujets de plus de 40 ans. Les caractéristiques diagnostiques du rapport VEMS/VEM6 ont été étudiées en prenant deux références : le VEMS/CVF < 0,70 (seuil fixe) et < limite inférieur de la normale (LIN). Le meilleur seuil fixe de VEMS/VEM6 pour détecter un VEMS/CVF<0,70 est de 0,77, avec une sensibilité de 94,3 % et une spécificité de 87 %. Lorsque la référence est le VEMS/CVF < LIN, le meilleur seuil fixe de VEMS/VEM6 est 0,75, avec une sensibilité de 91,4 % et une spécificité de 91,6 %. Des résultats importants pour tous ceux qui voudraient promouvoir l’utilisation de ces outils en première ligne des stratégies de détection de la BPCO.
Les premières mesures du souffle remontent au XVIIIe siècle. Au XIX e siècle furent inventés les premiers spiromètres pouvant être utilisés à l’Hôpital. Découverte
Extrait d’un film muet en noir et blanc montrant une mesure du périmètre thoracique et une mesure de la capacité vitale au début du XXe siècle. Conservé par l’Institut national de l’audiovisuel qui en détient le copyright (INA).
Copyright INA – http://www.ina.fr/ La Machine Humaine – voir le film en entier
Depuis cette page, trois films pour mieux comprendre les explorations fonctionnelles respiratoires. Ces films sont destinés aux étudiants en médecine, aux médecins généralistes et à tout patient souhaitant découvrir comment se déroule l’examen.
Film 1 > Les EFR du patient en vidéo film de 4,45 minutes en quatre parties : • les normes, • l’installation du patient, • la mesure des volumes pulmonaires (courbes débit volume), • la mesure du volume résiduel
Film 2 > Comprendre les EFR film de 2,30 minutes expliquant en images la courbe débit volume avec étude d’un cas
Film 3 > Le test de marche film de 2, 35 minutes pour comprendre l’utilisation du saturomètre lors d’un test de marche de 6 minutes
Les débitmètres de pointe (appelés aussi peak flow) sont de petits appareils servant à mesurer le souffle. Ils sont portatifs et simples d’utilisation. Dans la plupart des cas, la mesure du souffle est effectuée par les sujets asthmatiques (enfants et adultes) ou par les malades souffrant d’insuffisance respiratoire (complication de la bronchite chronique, par exemple).
Les débitmètres comportent une extrémité dans laquelle on souffle par la bouche (embout buccal) comme dans une trompette.
Avec les débitmètres de pointe classique, la force du souffle déplace un curseur. On mesure ce déplacement qui, comme nous vous l’expliquerons plus en détails ailleurs, correspond au débit maximal enregistré lors d’une manœuvre expiratoire forcée. Avec les débitmètres de pointe électroniques, le résultat de la mesure apparaît sur un écran.
Pourquoi mesurer son souffle ? Quand utiliser un débitmètre ? Comment souffler dans l’appareil ? Avec qui apprendre à se servir d’un débitmètre ? Quel appareil acheter ?
Ce dossier va répondre à toutes vos questions. Avant cela, sachez que le souffle se mesure aussi au cabinet du médecin, avec un spiromètre. Les spiromètres sont des appareils plus complexes que les débitmètres de pointe. Ils sont utilisés au cabinet médical, notamment chez le pneumologue ou dans les services hospitaliers de pneumologie. Les spiromètres sont destinés à l’usage professionnel. Ce sont essentiellement des appareils d’installation fixe (volumineux et relativement coûteux, ils restent localisés chez le médecin). Notons que des spiromètres portatifs ont été récemment développés : ils font l’objet d’évaluation chez certains patients, devant pratiquer à domicile des mesures répétées quotidiennement (c’est le cas, par exemple, des malades transplantés pulmonaires).
Pourquoi mesurer son souffle quand on est fumeur ?
Le simple fait de fumer est un motif suffisant pour vous inquiéter de votre souffle. E, effet le tabac abîme fortement le système respiratoire, bouche les bronches, favorise les infections du poumon et le cancer. Même si vous ne vous plaignez d’aucun trouble, vous avez peut-être déjà une atteinte de vos poumons. Tout fumeur qui tousse et crache souffre déjà d’une maladie appelée BronchoPneumopathie Chronique Obstructive, ou BPCO. Cette bronchite entraîne un handicap majeur et raccourcit l’espérance de vie. L’essoufflement est le signe d’une atteinte respiratoire liée au tabac déjà avancée. Cependant, la sensation de manque de souffle peut passer inaperçue. C’est le cas si vous vous adaptez aux limitations de vos capacités (par exemple en évitant de prendre des escaliers) ou si vous pensez que votre essouflement est normal en l’attribuant à tort à d’autres facteurs (« c’est l’âge », « je prend du poids », « je n’ai plus le temps de faire du sport »). Si vous fumez, posez-vous la question de savoir si vous n’êtes pas essoufflé en raison de la toxicité du tabac. N’hésitez pas à demander à votre médecin si une mesure de votre souffle (appelée « spirométrie », ou « exploration fonctionnelle respiratoire ») peut vous être utile.
Comment ? Qu’appelle t-on spirométrie ?
Le volume d’air déplacé à chaque respiration normale est appelé « volume courant. » Le volume qui reste dans les poumons à la fin d’une expiration est appelé « volume résiduel ». La différence entre « gonflé à fond » et « vidé à fond » est la capacité vitale (en abrégée « CV »).
Qu’est ce que le VEMS ?
La quantité d’air qui sort des poumons pendant la première seconde de l’expiration forcée s’appelle le « volume expiré maximal en une seconde », (en abrégé VEMS). Si le rapport du VEMS et de la CV, (VEMS/CV), est inférieur à 75%, on en déduit qu’il y a une obstruction des bronches, et donc BPCO dans le cas d’un fumeur. Plus le VEMS est diminué, plus la BPCO est sévère.
Qu’est-ce que la courbe débit-volume ?
En mesurant votre souffle, votre médecin étudiera également ce que l’on appelle la courbe débit-volume. Au lieu de représenter les changements de volume pulmonaire en fonction du temps on représente le débit inspiratoire ou expiratoire (la force de l’inspiration ou de l’expiration) en fonction du volume pulmonaire. Plus le poumon est gonflé, plus l’on est capable de souffler fort. Plus on a vidé d’air, moins on est fort pour continuer à en vider (on éteint plus de bougies au début du souffle sur le gâteau qu’à la fin). Le débit expiratoire diminue donc avec la diminution du volume pulmonaire, la courbe dessinant, normalement, un triangle. En cas de BPCO, l’effort expiratoire va écraser les bronches malades et diminuer le débit expiratoire pour un volume donné. Au début, ceci ne se voit que pour les volumes pulmonaires les plus bas, puis pour des volumes de plus en plus élevés. Le triangle se creuse. En superposant la courbe normale attendue et la courbe réelle, on peut avoir une visualisation schématique de l’importance de la perte de fonction respiratoire.
Quelles anomalies du souffle sont recherchées ?
Pour dépister une BPCO, on étudie le rapport entre le volume maximal expiré en une seconde (VEMS) et le volume total qu’il est possible de déplacer, la capacité vitale (en abrégé « CV »). Ce rapport, VEMS/CV, doit normalement être supérieur à 75%. On peut, pour simplifier remplacer la capacité vitale par la mesure du volume maximal expiré en 6 secondes (en abrégé VEM6). Le rapport VEMS/VEM6 doit normalement être supérieur à 80%.
Mesurer seul ou avec votre médecin ?
Il est possible de mesurer son souffle seul (c’est notamment utile pour se surveiller lorsque l’on est asthmatique), mais il faut voir son médecin pour dépister une BPCO. Le généraliste peut effectuer une première mesure avec un spiromètre miniaturisé pour dépister une anomalie. A lui de juger ensuite si une mesure plus complète est nécessaire ou pas. Si oui, il vous adressera chez un spécialiste (pneumologue).
Avec quels appareils
Les appareils de mesure du souffle sont nombreux et plus ou moins performants. Il existe deux principales familles d’appareil, les « spiromètres » et les « pléthysmographes ». Il existe aussi des spiromètres électroniques miniaturisés dont l’utilisation est simplifiée. Ces derniers permettent un dépistage de la BPCO, par exemple au travers de la mesure du rapport VEMS/VEM6, mais en cas d’anomalie, une vérification est nécessaire au moyen d’un appareil plus performant.