(document réalisé sous la coordination de l’Afssaps édition 2008) Vous pouvez obtenir ce carnet chez votre pharmacien. Demandez le lui. En page 7, ce document recommande de faire notre test sur automesure.com pour vérifier que vous, ou le patient et son entourage, ont bien compris les messages importants. Si vous êtes pharmaciens, vous pouvez participer à notre enquête : contactez nous.
Rubrique réalisée sous la direction des Professeurs Joël Ménard et Jean Noël Fiessinger Santé publique et informatique médicale, Faculté de Médecine Broussais Hôtel-Dieu, 15, rue de l’École de Médecine 75006 Paris. Rédaction automesure.com®, Février 2009 MAJ juin 2015
De nombreuses applications permettent de mesurer sa fréquence cardiaque avec son Smartphone. Mais, sauf rares exceptions avec équipement supplémentaire, il ne faut pas les utiliser pour détecter des arythmies. Explications
Les troubles du rythme cardiaques (arythmies) se traduisent notamment par des battements irréguliers du cœur. Ces arythmies peuvent se traduire par des malaises, ou bien la personne peut ne pas s’en apercevoir. Il peut s’agir de troubles bénins (comme les simples extrasystoles auriculaires) ou de troubles graves menaçant la santé. Les troubles du rythme sont des pathologies fréquentes avec la particularité de se manifester souvent de façon intermittente, autrement dit existant par périodes et non pas de façon permanente. Cette intermittence explique que le diagnostic n’est pas toujours facile à faire ; par exemple on peut avoir un cœur battant à un rythme normal et régulier au moment de la consultation chez le médecin, puis anormal une fois de retour au domicile. Dans ces cas, le diagnostic passe par l’enregistrement des battements cardiaques sur une longue période (enregistrement ambulatoire). Pour faire le diagnostic le cardiologue dispose d’appareils professionnels (on parle de Holter cardiaque). Mais le grand public peut-il utiliser son smartphone pour détecter un trouble du rythme cardiaque ? C’est que prétendent parfois les multiples applications smartphones qui mesure la fréquence cardiaque. Est-ce sérieux ? Dans un article publié par la Revue Médicale Suisse, le Professeur Haran Burri et le Docteur Cheryl Teres font le point sur deux modes techniques, l’un au moyen de l’appareil photo du Smartphone, l’autre par la connexion d’électrodes au Smartphone (1).
Analyse par l’intermédiaire de l’appareil photo et la lumière LED du Smartphone : pas assez fiable
En posant le doigt sur l’objectif photo de son Smartphone et en téléchargeant une application dédiée à l’étude de la fréquence cardiaque on obtient un chiffre et aussi une courbe animée (comme par exemple, Cardiograph fait par MacroPinch Ltd, Sofia, Bulgarie). Le Smartphone se trouve ainsi doté d’une fonction de pulsomètre et le signal est affiché sous forme d’un « pseudo électrocardiogramme ». Mais attention il ne s’agit que des indications du passage du sang au niveau alors qu’aucun signal électrique n’est enregistré. Cela ne reflète donc pas l’activité électrique du coeur, celle que l’on cherche à analyser en cas de troubles du rythme cardiaque. Ces applications sont donc peu fiables. De plus des artéfacts liés au mouvement du doigt appliqué contre la source de lecture peuvent être faussement interprétés comme des arythmies. Par ailleurs, des extrasystoles, ne générant pas un pouls efficace, ne seront pas visualisées par cette méthode. Au total, il ne faut pas utiliser ces applicatifs dans un but médical.
Analyse avec des électrodes connectées au smartphone : certaines applications sont validées
D’autres possibilités plus évoluées consistent en des dispositifs incorporant une paire d’électrodes qui peuvent être couplées aux téléphones (comme un boitier) afin d’enregistrer un ECG d’une dérivation (ressemblant à DI). Selon Haran Burri et Cheryl Teres ( Mai 2015) deux dispositifs sont disponibles pour le grand public : l’AliveCor® (AliveCor, San Francisco, Etats-Unis) pour iPhone/Android et l’ECG Check (Cardiac Designs®, Round Rock, Etats-Unis) pour l’iPhone. Le dispositif AliveCor® a été validé dans le cadre de la détection d’une fibrillation auriculaire et approuvé par la Food and Drug Administration (FDA), organisme publique nord américain qui fait référence. Il enregistre un tracé de qualité suffisante pour permettre le diagnostic d’une fibrillation auriculaire (sensibilité 98%, spécificité 97%, précision globale de 97%). Son utilisation a également été étudiée dans le dépistage de la fibrillation auriculaire. Finalement, des dispositifs externes, comportant des électrodes peuvent être connectés au Smartphone via Bluetooth afin de transmettre les données sur une plateforme web. Des exemples de ce type de dispositif sont l’eMotion ECG® (Mega Electronics Ltd, Kuopio, Finlande) et le CardioSecur® (Personal MedSystems GmbH, Berlin, Allemagne). Cette technologie est certes intéressante pour dépister des arythmies, mais le rendement diagnostique va dépendre de l’interprétation des données. Les auteurs n’ont pas trouvé (mai 2015) d’étude de validation pour ces dispositifs. Dossier à suivre.
Références Source : Haran Burri et Cheryl Teres (Unité d’électrophysiologie. Service de Cardiologie HUG, Genève. Suisse)..Nouveaux outils pour le diagnostic d’arythmies. Revue Médicale Suisse. www.revmed.ch 27 mai 2015 (Rédaction dr. N. Postel-Vinay pour automesure.com).
Le rythme cardiaque est la conséquence de la contraction des ventricules du coeur. Sa mesure est exprimée en nombre de battements par minutes (bpm). On parle aussi de fréquence cardiaque.
Comment mesurer son rythme cardiaque au repos ?
Elle se fait traditionnellement en appliquant les doigts sur le trajet de l’artère radiale au niveau du poignet, Une légère pression des doigts permet de percevoir les pulsations du sang dans l’artère, ce geste est communément appelé « prendre le pouls ». Il existe d’autres endroits du corps où cette palpation est possible (par exemple là où les artères sont assez proches de la peau : au niveau du cou, à l’aine ou aux membres inférieurs où ?). La mesure peut également être faite automatiquement avec des appareils : électrocardiogrammes, appareils oscillométriques de mesure de la pression artérielle, oxymètres de pouls. Depuis 2011, des applicatifs pour téléphones mobiles (iPhone et Androïd) proposent une mesure du pouls par simple application de l’index sur l’objectif de l’appareil photo au dos du smartphone.
Que penser du résultat ?
Sans connaissance des caractéristiques de la personne, un chiffre isolé de pulsations n’a pas de signification en soi. Sans autre information, il n’est pas possible – même pour un médecin – d’en tirer des conclusions valides. De la même façon, aucun garagiste ne dirait que le moteur d’une voiture est en bon état sous prétexte qu’il tourne à un rythme normal. Il faut connaitre bien d’autres paramètres.
Il faut savoir qu’une personne peut présenter un pouls lent (ou rapide) sans avoir aucune maladie cardiaque et, inversement, on peut souffrir d’un réel trouble cardiaque alors même que le rythme du coeur se situe dans des valeurs dites « normales ». De plus, il n’existe aucune limite précise à partir duquel on peut en déduire un risque de maladie.
Avant de tenter d’interpréter un chiffre de rythme cardiaque, il faut savoir se poser quelques questions : le pouls est-il mesuré au repos ? La mesure a t-elle été faite au moment d’un malaise ou de+ « palpitations » ? Les battements sont-ils réguliers ou pas ? Quel est l’âge de la personne ? Prend +-elle des médicaments qui peuvent ralentir le coeur ? Souffre t-elle de maladie comme notamment des problèmes de thyroïde, d’anémie ou de fièvre qui accélèrent le rythme cardiaque ? La personne est-elle sportive sans antécédent de maladie cardiovasculaire ou au contraire totalement sédentaire. Etc … La liste des questions est tellement longue qu’elle ne peut être détaillée ici. En pratique, aucun médecin ne peut dire si le rythme cardiaque d’une personne est normal, ou pas, sans avoir remplaçé la valeur mesurée dans un contexte et avoir interrogé et examiné la personne.
La mesure du rythme cardiaque étant facile à faire, il n’est pas rare qu’une personne se demande si la valeur relevée est « normale » ou pas. On peut trouver sur internet une foule de sites donnant des réponses. Mais elles sont le plus souvent fausses par omission car une valeur isolée ne permet pas d’être affirmatif. Ces réserves faites, on peut toutefois tenter de donner des indications pour les pulsations cardiaques mesurées après au moins dix minutes de repos chez une personne indemne de toute maladie et ne prenant pas de médicament jouant sur le rythme cardiaque. Elles sont déduites des enseignements des études épidémiologiques faites chez un très grand nombre personnes adultes (1,2). Voici les commentaires que l’on peut proposer. Il s’agit d’indications très générales , sans aucune application individuelle.
Indications sur le rythme cardiaque au repos pour une personne adulte ne ressentant pas de malaise
Nombre de battement par minute
Indications très générales, sans aucune application individuelle
Entre 30 et 40
Rythme cardiaque trop lent. Il est recommandé d’en parler en à son médecin
Entre 41 et 49
Rythme lent. Cela peut être normal chez un athlète de fond (marathonien, cycliste par ex.) bien entrainé.
Entre 50 et 85
C’est le rythme au repos de la majorité des personnes. C’est un rythme « normal » dans un contexte « normal »
Entre 86 et 90
Rythme un peu rapide au repos. Cela peut correspondre à un manque d’exercice physique. L’exercice physique régulier est conseillé sauf avis contraire du médecin ou situation particulière
Entre 91 et 99
Rythme rapide au repos. Cela peut correspondre à un manque d’exercice physique ((sauf maladie cachée). L’exercice physique régulier est conseillé sauf avis contraire du médecin ou situation particulière.
Entre 100 et 119
Rythme franchement rapide au repos : cela peut évoquer une anomalie cardiaque, une maladie de la thyroïde mais aussi correspondre à un manque d’exercice. Mieux vaut en parler à son médecin.
Entre 120 et 170
Rythme trop rapide. Après dix minutes de repos c’est très anormal, il faut avertir son médecin.
Vous trouverez ici une courte sélection de livres disponibles en librairies et de lectures accessibles au grand public.
Guide pratique des facteurs de risque cardiovasculaire Jean Passeron. MMI Éditions, Collection Médiguides, mai 2000, 248 pages, 36,59 €
Le Retour du Dr Knock Essai sur le risque cardiovasculaire Nicolas Postel-Vinay, Pierre Corvol. Éditions Odile Jacob, janvier 2000, 300 pages, 22,87 €
La prévention de la maladie coronaire Jacques Delaye et coll. John Libbey Eurotext, Collection pathologie science formation, mars 1999, 196 pages, 22,87 €
Le guide Internet du risque cardiovsculaire Cardiologie, diabètologie, tabac, nutrition Nicolas postel-Vinay et coll. Éditions Imothep médecine-sciences, octobre 1999, 440 pages. Diffusion Maloine, 22,87 €
La difficulté de trouver les mots juste pour expliquer aux patients leur risque de faire – dans les prochaine années – un accident cardiovasculaire est une préoccupation pour les médecins. Les chercheurs en médecine préventive se penchent sur ce sujet depuis des décennies. Les possibilités qu’offre internet pour délivrer un message personnalisé changent la donne. Il devient plus facile de tenir compte des caractéristiques de chaque personne avec son niveau de pression artérielle, de cholestérol, son âge, l’existence ou pas d’un diabète. Le mérite d’une étude publiée en 2014 dans l’European Journal of Preventive Cardiology est d’associer la présentation d’un calculateur internet à la description de son fonctionnement. Ceci permet de juger l’outil avec rigueur et donne confiance. Devant le foisonnement des milliers de sites pseudo-médicaux et d’applicatifs santé qui existent librement sur internet, il faut porter sa préférence vers les outils qui jouent le jeu de la transparence et de l’évaluation. C’est le cas avec les données de Framingham Regicor. Selon cette étude, dire à un patient que son coeur parait plus vieux qu’il ne l’est en réalité à un certain pouvoir de communication. Soit.
Ceci dit gardons les pieds sur terre : la sensibilisation des personnes aux risques de santé qu’elles encourent n’est qu’une première étape. Indispensable certes en prévention, mais qui n’est pas un but en soi. L’objectif essentiel c’est l’action efficace sur les risques cardiovasculaire; à savoir le contrôle de l’hypertension, la baisse du cholestérol, l’obtention d’un poids dans les normes. Sans oublier la cessation du tabac. Et cela, ce n’est pas un calculateur internet qui le fait : c’est vous !
Plusieurs équations permettant un calcul de risque sont disponibles sur Internet. Ce calcul est adapté pour les médecins, mais beaucoup moins pour le grand public, car il est sans signification individuelle. Automesure.com® met en garde les malades sur les difficultés d’interprétation du calcul du risque cardiovasculaire avec un résultat chiffré. De plus, il existe sur beaucoup de sites Internet des calculs scientifiquement faux. Évitez les sites Internet proposant des calculs « bidons » ou sans aucune explication. Ne vous faites pas « piéger » par Internet.
Cette réserve faite, vous pouvez accéder à un calcul en ligne. Attention en cliquant sur ces liens, vous quittez le site automesure.com :
Estimation du risque cardiovasculaire : extraits des recommandations de l’Anaes (1)
« Nous manquons encore d’outils objectifs validés permettant de calculer le risque cardiovasculaire. Les données de Framingham ont été mises en équations, différentes selon les territoires concernés, coronarien ou cérébrovasculaire. Le modèle modifié Framingham–Anderson de calcul du risque coronarien (1991) a été adapté aux conditions françaises, en 1994, par Laurier et al., selon les données de l’étude PCV-METRA. Le groupe de travail a jugé prématuré de recommander l’utilisation de ce calcul comme outil décisionnel.
Il existe, en effet, de nombreuses limites à l’utilisation de ce calcul du risque cardiovasculaire.
– L’utilisation des résultats d’études de groupes pour la prédiction d’un risque individuel doit se faire avec précaution. Il ne s’agit que d’un risque moyen pour un groupe de sujets présentant les mêmes caractéristiques que l’individu concerné, assorti d’un écart type assez large ;
– Les équations de Framingham ont été calculées dans une population bien précise d’origine anglo-américaine dont les caractéristiques ne sont pas directement extrapolables, et ont varié au fil du temps ;
– Les variables prises en compte dans les équations sont en nombre limité, de définition imprécise, donc le calcul est très imparfait. L’âge y joue un rôle déterminant : une approche basée sur la notion d’un seuil unique aurait pour principale conséquence d’augmenter l’indication du traitement antihypertenseur chez les sujets âgés, et de le réduire chez les sujets jeunes ;
– Le calcul ignore de nombreux facteurs (antécédents familiaux, zones géographiques, type d’obésité, etc.), en intègre d’autres de façon purement qualitative (tabagisme, HVG, diabète, etc.) sur la base de définitions peu explicites ;
– Enfin, la notion de seuils d’intervention ne relève pas seulement d’un choix technique de décision médicale, mais aussi, de la définition de priorités entre différents objectifs sanitaires, et donc de la politique de santé.
Le groupe de travail a par conséquent préconisé la réalisation d’études complémentaires pour évaluer l’intérêt du calcul du risque cardiovasculaire absolu dans la prise en charge du patient hypertendu. »
Référence 1. Recommandations pour la pratique clinique. Prise en charge des patients adultes atteints d’hypertension artérielle essentielle. Recommandations cliniques et données économiques. Anaes, avril 2000, 133 pages. Ce texte est disponible en texte intégral sur le site de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes).
Un facteur de risque est un paramètre qui favorise la survenue d’un accident. Par exemple, pour la conduite automobile, le verglas est un facteur de risque d’accident de la route. Concernant la santé de votre cœur et de vos artères, les facteurs de risque sont très nombreux. Les plus connus sont la consommation de tabac, l’élévation de la pression artérielle (hypertension artérielle), l’élévation du cholestérol sanguin (hypercholestérolémie) et le diabète. Les travaux scientifiques ont été jusqu’à dénombrer plusieurs centaines de facteurs de risque cardiovasculaire. Voici la liste des facteurs les plus importants sur lesquels la prévention est efficace : – hypertension artérielle, – diabète, – tabagisme, – hypercholestérolémie, – obésité, – absence d’exercice physique, – prise excessive d’alcool, – fréquence cardiaque élevée au repos (« cœur qui bat vite au repos »), – antécédents familiaux (mort de cause cardiovasculaire chez les parents avant l’âge de 65 ans).
L’âge et le sexe doivent être mis à part, car ces deux facteurs ne sont pas modifiables. Toutes choses égales par ailleurs (par exemple, à un même niveau de pression artérielle), le risque cardiovasculaire est d’autant plus élevé que, l’on est plus âgé, ou que, l’on est un homme. Il en va de même pour les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires.
Calculer son risque cardiovasculaire sur la toile : est-ce sérieux ?
Risque cardiovasculaire absolu : son intérêt, ses limites
Le calcul du RCVA est un excellent moyen de classification, sans être un outil de prédiction individuelle utilisable en France. Il ne permet pas au médecin de définir par chaque patient « son » risque, mais c’est un outil de choix pour repérer les sujets à haut risque que l’analyse séparée des facteurs aurait méconnus. Pour en savoir plus lire les explications du Pr. Gilles Chatellier (département d’informatique hospitalière Hôpital Européen Georges Pompidou; Paris) parues en juillet 2001 dans un N° spécial de CPS.
Communication et risque cardio-vasculaire
Comment le médecin peut-il communiquer avec son patient au sujet du calcul du risque cardiaque ? Lire les explications du Dr. Nicolas Postel-Vinay (Service de santé publique. Faculté de médecine Broussais Hôtel-Dieu, Paris) parues en juillet 2001 dans un N° spécial de CPS.
Perception et communication du risque : du diabète à la maladie cardiovasculaire
Article de F. Gianinazzi, P. Bodenmann,F. Izzo, A.-C. Voeffray Favre, I. Rossi et J. Ruiz. paru dans la Révue Médicale Suisse (9 juin 2010). Lire l’article Nous remercions la Revue Médecine Suisse et les auteurs de nous avoir autorisé à mettre en ligne cet article
Stratification du risque cardiovasculaire global
Extraits des recommandations ESH/ESC 2007 pour la prise en charge de l’hypertension artérielle. Avec l’autorisation des éditions Imothep Médecine-Sciences que nous remercions. ISBN : 2-911443-21-7. Paris
Que faut-il retenir d’essentiel ? La santé de notre cœur et de nos artères dépend de plusieurs facteurs. Ces facteurs se combinent entre eux pour favoriser l’apparition des maladies cardiovasculaires. Ainsi, le risque de survenue d’un infarctus est un risque « global ». Certains facteurs sont plus importants que d’autres. Comme ils n’agissent pas isolément, la situation de chaque individu est toujours différente, et évolue dans le temps. Par exemple, avoir une tension « un peu élevée » n’a pas les mêmes conséquences si, on est jeune ou âgé, si, on est diabétique ou pas. Estimer son risque de maladie cardiaque de façon précise est donc assez difficile. Internet peut vous y aider, à condition de ne pas oublier que, votre médecin est le mieux placé pour préciser votre risque cardiovasculaire.
Qu’est-ce qu’un facteur de risque ?
Un facteur de risque est un paramètre qui favorise la survenue d’un accident. Par exemple, pour la conduite automobile, le verglas est un facteur de risque d’accident de la route. Concernant la santé de votre cœur et de vos artères, les facteurs de risque sont très nombreux. Les plus connus sont la consommation de tabac, l’élévation de la pression artérielle (hypertension artérielle), l’élévation du cholestérol sanguin (hypercholestérolémie) et le diabète. Les travaux scientifiques ont été jusqu’à dénombrer plusieurs centaines de facteurs de risque cardiovasculaire. Voici la liste des facteurs les plus importants sur lesquels la prévention est efficace : – hypertension artérielle, – diabète, – tabagisme, – hypercholestérolémie, – obésité, – absence d’exercice physique, – prise excessive d’alcool, – fréquence cardiaque élevée au repos (« cœur qui bat vite au repos »), – antécédents familiaux (mort de cause cardiovasculaire chez les parents avant l’âge de 65 ans).
L’âge et le sexe doivent être mis à part, car ces deux facteurs ne sont pas modifiables. Toutes choses égales par ailleurs (par exemple, à un même niveau de pression artérielle), le risque cardiovasculaire est d’autant plus élevé que, l’on est plus âgé, ou que, l’on est un homme. Il en va de même pour les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires.
Comment se combinent les facteurs de risque ?
Les facteurs de risque interagissent entre eux pour favoriser les accidents ou les maladies. Dans l’exemple de la conduite automobile, le risque de survenue d’un accident est plus élevé si, on ajoute le verglas, le manque de sommeil, et l’alcool au volant. Plus on combine les facteurs de risque, plus la probabilité (le risque) de survenue d’un accident, ou d’une maladie augmente. La combinaison de ces facteurs peut se calculer scientifiquement au moyen d’une équation. La plus connue est celle dite de Framingham. Elle est issue de travaux scientifiques établis d’après l’observation d’une population entière de personnes résidant dans la ville de Framingham (Massachusetts, États-Unis). Elle a débuté, en 1947, et, les premiers résultats concluant aux dangers de l’hypertension, de l’hypercholestérolémie, ou du diabète pour le cœur ont été publiés dans les années soixante. Peut-on modifier son risque pour prévenir les maladies ? Oui, il est possible de diminuer son risque en agissant sur ses facteurs de risque. Arrêter de fumer est, par exemple, très efficace pour diminuer son risque vasculaire. Le traitement de l’hypertension artérielle diminue le risque. La correction d’une hypercholestérolémie par un régime, ou par la prise de médicaments permet également d’améliorer son risque. En revanche, il existe des risques non modifiables comme l’âge, le sexe (les hommes ont un risque vasculaire plus élevé que les femmes) ou la présence d’antécédents cardiovasculaires chez les parents (mort d’un parent avant l’âge de 65 ans). Pour connaître les possibilités d’agir sur votre risque vasculaire, le mieux est d’en parler à votre médecin.
Peut-on modifier son risque pour prévenir les maladies ?
Oui, il est possible de diminuer son risque en agissant sur ses facteurs de risque. Arrêter de fumer est, par exemple, très efficace pour diminuer son risque vasculaire. Le traitement de l’hypertension artérielle diminue le risque. La correction d’une hypercholestérolémie par un régime, ou par la prise de médicaments permet également d’améliorer son risque. En revanche, il existe des risques non modifiables comme l’âge, le sexe (les hommes ont un risque vasculaire plus élevé que les femmes) ou la présence d’antécédents cardiovasculaires chez les parents (mort d’un parent avant l’âge de 65 ans). Pour connaître les possibilités d’agir sur votre risque vasculaire, le mieux est d’en parler à votre médecin
Que penser du rôle de l’âge ?
Tout le monde vieillit, et notre risque de maladie cardiovasculaire augmente avec le temps qui passe. On a plus de probabilité de faire un infarctus à l’âge de 65 ans qu’à l’âge de 20 ans. C’est une évidence contre laquelle personne ne peut rien. L’âge est un facteur de risque non modifiable. Mais attention, le rôle de l’âge dans l’estimation du risque est trompeur : tout le monde vieillit, et un risque faible à l’âge de 20 ans deviendra important si, le facteur de risque n’est pas corrigé pendant 30 ans. Par exemple, un fumeur âgé de 20 ans a un risque très faible de faire un infarctus. Mais trente ans plus tard, ce risque deviendra majeur. Il est donc important de prendre en charge vous-même ces risques, même jeune. La prise en charge est plus facile lorsque l’on débute tôt la prévention. Ainsi, il est relativement aisé de rester mince, mais il est beaucoup plus difficile de maigrir.
Indication et prescription de l’autosurveillance glycémique : recommandations HAS
L’automesure de la glycémie est le dosage du taux de sucre dans le sang par le paArticle du Document de la haute autorité de santé; Octobre 2007. Lire le document
CAutosurveillance glycémique : pourquoi les patients ne persistent-ils pas ?
IlArticle du Pr. Gérard Reach qui commente une étude parue dans le British médical Journal mettant en évidence les raisons pour lesquelles certains patients arrêtent leur autosurveillance ; Paru le 17 janvier 2008 dans le Concours Médical, avec permission. Lire le document
Article du Professeur Gérard Reach (hôpital Avicenne, Bobigny). Indispensable dans la surveillance du diabète de type I, l’automesure doit être aussi utilisée dans le diabète de type II. Elle a un impact favorable sur le contrôle du diabète. Lire l’article du Concours médical (28 novembre 2006)
Automesure et surveillance dans le diabète de type II
Dans cette rubrique, les patients et leurs familles trouveront des explications sur l’automesure de la glycémie (taux du sucre dans le sang). Mais avant d’aller plus loin, rappelons que les meilleurs conseils sont donnés par le médecin qui vous connaît personnellement
Qu’est-ce-que l’automesure glycémique ?
L’automesure de la glycémie est le dosage du taux de sucre dans le sang par le patient lui-même. C’est un élément essentiel du traitement du diabète. On parle aussi d’autocontrôle glycémique car mesurer sa glycémie permet d’adapter soi-même, avec le plus d’autonomie possible, son régime, son activité physique et son traitement.
Comment faire l’automesure ?
Il faut d’abord obtenir une goutte de sang. Le prélèvement du sang se fait avec une légère piqûre, (habituellement au bout du doigt, mais d’autres endroits de prélèvement sont possibles). Pour faciliter le prélèvement, il existe des « autopiqueurs ». La goutte de sang est ensuite apposée sur un appareil spécial (lecteur de glycémie) ou une bandelette qui effectue de dosage. Les appareils les plus modernes sont automatiques (piqueur et/ou lecteur automatiques).
Malgré sa relative simplicité, le geste d’automesure n’est pas réalisable par tous les malades. Le médecin ne doit donc la conseiller qu’après un enseignement du patient et une vérification de la qualité du geste. Cet enseignement est fait par un médecin ou une infirmière spécialisée. Il existe des livrets et des films vidéo expliquant comment pratiquer l’automesure.
À quelle fréquence faire l’automesure ?
C’est le médecin qui définit le rythme et les horaires des automesures de glycémie (autocontrôles). Il n’est pas possible d’indiquer sur Internet des règles personnalisées pour chaque cas.
De façon générale, les deux moments à privilégier sont : –› Le matin à jeun. –› Le soir avant le dîner. À cette heure, la glycémie est en général la plus basse de la journée. La mesure, deux heures après le début du repas, est intéressante ponctuellement (pour évaluer l’effet hyperglycémiant de tel ou tel aliment, ou surtout, s’il existe une discordance entre les valeurs des glycémies à jeun, celles de 18 heures et le taux d’hémoglobine AI c).
Dans le diabète non traité par insuline, il n’est pas nécessaire de mesurer sa glycémie tous les jours, sauf avis contraire du médecin. En règle générale, les fréquences conseillées sont : –› Une à deux fois par jour lors d’un changement thérapeutique ou de la survenue d’un problème intercurrent (infection, alitement, traumatisme…). –› Une à deux fois par semaine en période stationnaire, en précisant que si le résultat ne se situe pas dans la cible fixée, le malade devra répéter les contrôles plus fréquemment.
Tenir un carnet ?
Pour mieux suivre sa situation, il est recommandé de porter sur un carnet les résultats des automesures, les éventuels écarts de régime (en plus ou en moins), l’activité physique quotidienne et les changements de traitement. Avec ce carnet, le patient et les soignants discuteront des difficultés rencontrées et des éventuelles adaptations du traitement ou du régime.
Intérêt dans le diabète de type I (diabète insulinodépendant) ?
Le diabète de type I, est dit insulinodépendant : c’est le diabète qui débute en général avant l’âge de 20 ans, et qui nécessite toujours un traitement par insuline. Le traitement par insuline se contrôle par mesure de la glycémie. L’autocontrôle est un élément essentiel du traitement car l’insuline est délicate à manier (elle s’administre par injection sous-cutanée ; les surdosages en insuline exposent à des accidents ; les doses à administrer varient). En pratique, l’autocontrôle de la glycémie permet au malade de gérer lui-même sa maladie en constatant les résultats de ses efforts, et les conséquences éventuelles de ses écarts de régime ou de doses d’insuline. Cet autocontrôle, effectué si besoin plusieurs fois par jour, se fait en étroite collaboration avec le médecin ou l’infirmière.
Intérêt dans le diabète de type II (diabète non insulinodépendant) ?
Le diabète de type II se définit par une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l (7 mmol/l). En France, 2 millions de personnes sont concernées. C’est une maladie évolutive qui va généralement nécessiter au fil des années différents traitements : régime seul pour commencer, puis introduction de médicaments en comprimés, et finalement, si besoin insuline. Dans le traitement du diabète non insulinodépendant, l’autocontrôle glycémique ne concerne pas l’ensemble des patients.
L’autosurveillance glycémique a peu d’intérêt chez un diabétique non insulinodépendant bien équilibré, ne faisant pas d’hypoglycémie (sucre trop bas dans le sang). Une surveillance biologique (prise de sang dans un laboratoire) tous les deux ou trois mois paraît alors suffisante. De même, l’autosurveillance n’est pas indispensable pour une personne âgée n’ayant pas de complication microvasculaire, et pour laquelle on se contente de glycémies à jeun autour de 2 g/l (11 mmol/l).
L’autocontrôle glycémique est très utile pour permettre au malade de prendre conscience de sa maladie (surtout si le diabète est sans symptôme), de juger du résultat de ses efforts de régime, d’activité physique, de corriger d’éventuelles erreurs diététiques, d’adapter son traitement. Chaque diabétique est différent. C’est le médecin traitant qui est le mieux placé pour conseiller – ou pas – une automesure.
Avec quels appareils ?
Il existe de nombreux appareils permettant l’autocontrôle de la glycémie. Pour en savoir plus sur ce sujet, voyez notre rubrique Matériel
Mesurer aussi sa tension ?
Les diabétiques ont plus souvent une hypertension artérielle que les non diabétiques. Ils présentent un risque cardiovasculaire élevé. Près d’un diabétique sur deux présente un accident vasculaire grave. Il est recommandé de mesurer sa tension lorsqu’on est diabétique. Visitez nos rubriques « Automesure de la tension » et « Automesure du risque cardiovasculaire » pour en savoir plus.
Rédaction automesure.com® Avril 2002 actualisation Février 2007. Rédacteurs : Dr. N. Postel-Vinay (Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris) Pr A. Grimaldi (Hôpital Pitié-Salpétrière, Paris. Chef de service diabétologie), Pr M. Marre (Hôpital Bichat,Paris. Chef de service de diabètologie). Bibliographie : Grimaldi A. Guide pratique du diabète. MMI éditions. Paris, septembre 2001. 368 p