Indication et prescription de l’autosurveillance glycémique : recommandations HAS
L’automesure de la glycémie est le dosage du taux de sucre dans le sang par le paArticle du Document de la haute autorité de santé; Octobre 2007. Lire le document
CAutosurveillance glycémique : pourquoi les patients ne persistent-ils pas ?
IlArticle du Pr. Gérard Reach qui commente une étude parue dans le British médical Journal mettant en évidence les raisons pour lesquelles certains patients arrêtent leur autosurveillance ; Paru le 17 janvier 2008 dans le Concours Médical, avec permission. Lire le document
Article du Professeur Gérard Reach (hôpital Avicenne, Bobigny). Indispensable dans la surveillance du diabète de type I, l’automesure doit être aussi utilisée dans le diabète de type II. Elle a un impact favorable sur le contrôle du diabète. Lire l’article du Concours médical (28 novembre 2006)
Automesure et surveillance dans le diabète de type II
Dans cette rubrique, les patients et leurs familles trouveront des explications sur l’automesure de la glycémie (taux du sucre dans le sang). Mais avant d’aller plus loin, rappelons que les meilleurs conseils sont donnés par le médecin qui vous connaît personnellement
Qu’est-ce-que l’automesure glycémique ?
L’automesure de la glycémie est le dosage du taux de sucre dans le sang par le patient lui-même. C’est un élément essentiel du traitement du diabète. On parle aussi d’autocontrôle glycémique car mesurer sa glycémie permet d’adapter soi-même, avec le plus d’autonomie possible, son régime, son activité physique et son traitement.
Comment faire l’automesure ?
Il faut d’abord obtenir une goutte de sang. Le prélèvement du sang se fait avec une légère piqûre, (habituellement au bout du doigt, mais d’autres endroits de prélèvement sont possibles). Pour faciliter le prélèvement, il existe des « autopiqueurs ». La goutte de sang est ensuite apposée sur un appareil spécial (lecteur de glycémie) ou une bandelette qui effectue de dosage. Les appareils les plus modernes sont automatiques (piqueur et/ou lecteur automatiques).
Malgré sa relative simplicité, le geste d’automesure n’est pas réalisable par tous les malades. Le médecin ne doit donc la conseiller qu’après un enseignement du patient et une vérification de la qualité du geste. Cet enseignement est fait par un médecin ou une infirmière spécialisée. Il existe des livrets et des films vidéo expliquant comment pratiquer l’automesure.
À quelle fréquence faire l’automesure ?
C’est le médecin qui définit le rythme et les horaires des automesures de glycémie (autocontrôles). Il n’est pas possible d’indiquer sur Internet des règles personnalisées pour chaque cas.
De façon générale, les deux moments à privilégier sont : –› Le matin à jeun. –› Le soir avant le dîner. À cette heure, la glycémie est en général la plus basse de la journée. La mesure, deux heures après le début du repas, est intéressante ponctuellement (pour évaluer l’effet hyperglycémiant de tel ou tel aliment, ou surtout, s’il existe une discordance entre les valeurs des glycémies à jeun, celles de 18 heures et le taux d’hémoglobine AI c).
Dans le diabète non traité par insuline, il n’est pas nécessaire de mesurer sa glycémie tous les jours, sauf avis contraire du médecin. En règle générale, les fréquences conseillées sont : –› Une à deux fois par jour lors d’un changement thérapeutique ou de la survenue d’un problème intercurrent (infection, alitement, traumatisme…). –› Une à deux fois par semaine en période stationnaire, en précisant que si le résultat ne se situe pas dans la cible fixée, le malade devra répéter les contrôles plus fréquemment.
Tenir un carnet ?
Pour mieux suivre sa situation, il est recommandé de porter sur un carnet les résultats des automesures, les éventuels écarts de régime (en plus ou en moins), l’activité physique quotidienne et les changements de traitement. Avec ce carnet, le patient et les soignants discuteront des difficultés rencontrées et des éventuelles adaptations du traitement ou du régime.
Intérêt dans le diabète de type I (diabète insulinodépendant) ?
Le diabète de type I, est dit insulinodépendant : c’est le diabète qui débute en général avant l’âge de 20 ans, et qui nécessite toujours un traitement par insuline. Le traitement par insuline se contrôle par mesure de la glycémie. L’autocontrôle est un élément essentiel du traitement car l’insuline est délicate à manier (elle s’administre par injection sous-cutanée ; les surdosages en insuline exposent à des accidents ; les doses à administrer varient). En pratique, l’autocontrôle de la glycémie permet au malade de gérer lui-même sa maladie en constatant les résultats de ses efforts, et les conséquences éventuelles de ses écarts de régime ou de doses d’insuline. Cet autocontrôle, effectué si besoin plusieurs fois par jour, se fait en étroite collaboration avec le médecin ou l’infirmière.
Intérêt dans le diabète de type II (diabète non insulinodépendant) ?
Le diabète de type II se définit par une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l (7 mmol/l). En France, 2 millions de personnes sont concernées. C’est une maladie évolutive qui va généralement nécessiter au fil des années différents traitements : régime seul pour commencer, puis introduction de médicaments en comprimés, et finalement, si besoin insuline. Dans le traitement du diabète non insulinodépendant, l’autocontrôle glycémique ne concerne pas l’ensemble des patients.
L’autosurveillance glycémique a peu d’intérêt chez un diabétique non insulinodépendant bien équilibré, ne faisant pas d’hypoglycémie (sucre trop bas dans le sang). Une surveillance biologique (prise de sang dans un laboratoire) tous les deux ou trois mois paraît alors suffisante. De même, l’autosurveillance n’est pas indispensable pour une personne âgée n’ayant pas de complication microvasculaire, et pour laquelle on se contente de glycémies à jeun autour de 2 g/l (11 mmol/l).
L’autocontrôle glycémique est très utile pour permettre au malade de prendre conscience de sa maladie (surtout si le diabète est sans symptôme), de juger du résultat de ses efforts de régime, d’activité physique, de corriger d’éventuelles erreurs diététiques, d’adapter son traitement. Chaque diabétique est différent. C’est le médecin traitant qui est le mieux placé pour conseiller – ou pas – une automesure.
Avec quels appareils ?
Il existe de nombreux appareils permettant l’autocontrôle de la glycémie. Pour en savoir plus sur ce sujet, voyez notre rubrique Matériel
Mesurer aussi sa tension ?
Les diabétiques ont plus souvent une hypertension artérielle que les non diabétiques. Ils présentent un risque cardiovasculaire élevé. Près d’un diabétique sur deux présente un accident vasculaire grave. Il est recommandé de mesurer sa tension lorsqu’on est diabétique. Visitez nos rubriques « Automesure de la tension » et « Automesure du risque cardiovasculaire » pour en savoir plus.
Rédaction automesure.com® Avril 2002 actualisation Février 2007. Rédacteurs : Dr. N. Postel-Vinay (Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris) Pr A. Grimaldi (Hôpital Pitié-Salpétrière, Paris. Chef de service diabétologie), Pr M. Marre (Hôpital Bichat,Paris. Chef de service de diabètologie). Bibliographie : Grimaldi A. Guide pratique du diabète. MMI éditions. Paris, septembre 2001. 368 p
ll existe plusieurs sortes d’appareils. Voici 8 critères à prendre en compte pour choisir. Le choix du matériel est important. Idéalement, ce choix devrait au mieux être réalisé par le patient lui-même, parce que c’est lui qui aura à l’utiliser de manière quotidienne et parce que le fait qu’il ait participé de manière active à la prise de décision pourrait contribuer à stimuler son utilisation. Souvent, en milieu hospitalier, on montre plusieurs appareils au patient. Lorsque le lecteur est prescrit par un médecin généraliste, celui-ci peut prescrire un lecteur, en expliquant les différents critères discutés ci-dessus, et le patient peut ensuite demander conseil au pharmacien, éventuellement demander à voir plusieurs appareils.
1°) La fiabilité. Disons tout de suite qu’à partir du moment où un lecteur est commercialisé et remboursé en France, il est passé par une procédure d’homologation qui vérifie que sa fiabilité répond à des critères bien définis. La question ne se pose donc pas; les appareils disponibles sont fiables.
2 °) Le temps de réponse. Certains lecteurs donnent le résultat en 30 secondes, d’autres en 15, certains en 5. Il ne faut pas sous-estimer ce critère car une différence entre 5 et 15 secondes est loin d’être futile : il correspond plus à un temps psychologique, celui de l’attente du résultat. Cependant, certains patients ne s’en préoccupent pas.
3°) La taille de l’appareil. Elle est variable selon les appareils disponibles, et un très petit lecteur peut être bien perçu en raison de la discrétion de son utilisation, par exemple par un adolescent. Par contre, du fait de sa petite taille, il peut être plus difficile d’utilisation pour un sujet âgé. Accessoirement, le patient peut également vouloir tenir compte de la forme de la housse qui contient l’appareil, plus ou moins petite, plus ou moins …élégante.
4°) La taille de l’écran de visualisation du résultat. Ce critère peut être à prendre en compte chez un patient ayant des troubles de la vision. Certains lecteurs ont un éclairage de l’écran d’affichage qui peut également représenter un avantage.
5°) La taille de la goutte de sang. Il y a schématiquement deux possibilités : dans un cas la goutte de sang capillaire, de l’ordre d’une fraction de microlitre, est aspirée par la bandelette ; ailleurs, il faut déposer une goutte de sang, en général plus importante, sur une zone réactive. Ici également, il faut tenir compte de la dextérité du patient.
6°) La calibration de l’appareil. Il s’agit d’un problème essentiel. Certains appareils utilisent une puce électronique qui doit être changée à chaque changement de lot de bandelettes, d’autres se calibrent par introduction d’une bandelette de calibration, d’autres nécessitent de modifier une valeur de calibration qui apparaît sur l’écran lors de la mise en marche du lecteur. En général en fait, il s’agit d’un geste simple. Il doit néanmoins être expliqué au patient qui doit avoir compris son caractère essentiel.
7°) L’entretien de l’appareil. Il doit être simple, et le patient doit en connaître les règles. La plupart des lecteurs utilisent une mesure ampérométrique, qui signifie que le sang n’est en contact qu’avec la partie de la bandelette qui l’aspire. Ailleurs, il s’agit d’une lecture réflectométrique : le sang se propage à l’intérieur de la bandelette jusqu’à une cellule qui réalise la mesure optique. Il n’y a pas de risque que le sang souille cette cellule, mais celle-ci doit rester propre. De toute façon, le lecteur doit rester propre, et, accessoirement, d’usage strictement individuel. Le patient doit également savoir qu’il faut vérifier de temps en temps la fiabilité du lecteur au moyen de solutions de contrôle.
8°) Les possibilités logicielles. La tendance actuelle est au développement de lecteurs qui deviennent intelligents. La plupart ont une mémoire accompagnée d’un horodatage. Ils donnent une moyenne des résultats des semaines précédentes. On peut rappeler les derniers résultats, en général plusieurs centaines. Certains lecteurs peuvent être connectés à un ordinateur qui génère des représentations graphiques, utiles pour le soignant, et pour certains patients « branchés ». Comment choisit-on un autopiqueur ? Concernant l’autopiqueur, il est le plus souvent vendu avec le lecteur sous forme d’un kit. La plupart ont maintenant la possibilité de faire varier la force du « tir », et il faut apprendre aux patients à utiliser cette possibilité. Certains autopiqueurs ont développé un embout présentant de petits ergots qui pourraient diminuer la douleur de la piqûre. Il faut rappeler qu’un autopiqueur est d’usage strictement individuel.
En 1996 la direction générale de la santé alerte sur la possibilité de transmission du virus de l’hépatite C avec des autopiqueurs de glycémie en cas d’utilisation non adaptée. Lire le bulletin officiel du ministère
L’oxymétrie de pouls est une méthode qui permet de savoir si le sang est correctement oxygéné. Cette mesure est simple, rapide et non douloureuse (pas de piqûre). Elle consiste à poser un petit appareil (appelé aussi saturomètre) au bout du doigt qui calcule la saturation artérielle en oxygène. Cette mesure n’est pas aussi précise que la mesure des gaz du sang faite à l’hôpital, mais sa simplicité permet d’avoir un reflet rapide de vos capacités à correctement oxygéner votre sang.
Attention les oxymètres de pouls disponibles sur internet ne sont pas tous fiables. Pour en savoir plus sur la qualité des appareils disponibles, voir notre rubrique « Matériel »
Avant la mesure, retirer le vernis à l’ongle le cas échéant, car la mesure serait faussée
Placer l’oxymètre à l’extrémité d’un doigt en veillant à ne pas le mettre de travers et ne pas se tromper de sens
Ne pas bouger le temps de la mesure (qui est très court).
L’écran de l’appareil affiche deux données :
1) Le pourcentage de la saturation en oxygène (appelée SpO2). Sa valeur normale est de 96 % et ne doit pas descendre en dessous de 90%. Une valeur basse (à partir de 92 % par exemple) justifie un avis médical.
2) La fréquence cardiaque (encore appelée pouls). Notons que la fièvre induit souvent une tachycardie (fréquence cardiaque accélérée), de même que l’hypoxie (manque d’oxygène).
La fréquence respiratoire est le nombre d’inspiration + d’expiration (on parle aussi de cycles respiratoires). La fréquence respiratoire s’exprime en cycle par minute.
Pour mesurer la fréquence respiratoire, prenez une montre avec trotteuse (ou le chronomètre de votre smartphone) et observer la respiration de la personne (ou vous-même) au repos. Ne dites rien de particulier à la personne car il ne faut pas modifier le rythme de la respiration.
La durée d’observation doit être suffisamment longue pour pouvoir apprécier la régularité de la fréquence, en pratique trois à cinq minutes. Si la respiration semble irrégulière, c’est un élément à noter. On parle parfois de pause respiratoire, élément qu’il faut indiquer au médecin ou à l’infirmière.
La fréquence respiratoire normale d’un adulte se situe entre 12 et 20
Fréquence ralentie
12 et moins
Fréquence normale
entre 13 et 20
Fréquence accélérée
Plus de 20
Voir sur YouTube une vidéo de l’Université de Rouen :
Les thermomètres frontaux sont couramment utilisés, y compris par les médecins et certains hôpitaux. Leur utilisation est croissante car ils ne sont pas chers et sont faciles d’emploi. Problème : ils ne sont pas assez fiables. Dans une lettre parue dans la très sérieuse revue British Medical Journal, un généraliste anglais alerte les utilisateurs de thermomètres frontaux (qui mesurent la température cutanée au niveau du front) des erreurs engendrées par ces appareils lorsque les patients sont en situation de fièvre sévère avec vaso-constriction périphérique. Dans ces cas, ce type de thermomètres fonctionne mal alors que ceux qui mesurent la température orale ou rectale sont plus fiables. A savoir.
Il est utile de surveiller sa température en cas d’infection par Coronavirus, que cette maladie soit seulement suspectée ou prouvée
Pourquoi surveiller sa température ? La fièvre fait partie des symptômes de toutes infections. Sa présence – ou son absence – sert à évaluer si l’infection est présente, s’aggrave ou bien si elle évolue vers la guérison. Une fièvre élevée et mal tolérée peut justifier un avis médical. Noter la température matin et soir sur un cahier permet d’en suivre l’évolution et de donner des réponses précises lorsqu’un médecin évaluera la situation. Pour se préparer à la demande d’avis médical utilisez l’outil Coviq-Quest.
Comment la mesurer la température et avec quel type de thermomètre ? Le plus simple est d’utiliser un thermomètre électronique que l’on place dans le rectum ou bien sous la langue.
Comment lire les résultats du thermomètre ? On parle de fièvre quand la température interne du corps dépasse 38 °. Attention, les valeurs affichées par les thermomètres varient suivant l’emplacement du corps où le thermomètre est appliqué. Il faut donc interpréter les chiffres mesurés.
La température normale mesurée au niveau du rectum est comprise entre 36°6 et 38°, sous l’aisselle elle est de 35°5 à 37°5 et prise au front elle se situe entre 34°7 et 37°3.
Quelques notions médicales à connaitre
• Une température très basse doit aussi faire craindre une infection. Le questionnaire Covid-Quest vous conseille d’appeler rapidement un médecin en cas de fièvre vers 35°
• Une infection par Covid-19 peut occasionner des fièvres durant une dizaine de jours ou plus
• Prendre un médicament antipyrétique (du paracétamol par exemple) 4 à 6 heures avant la mesure peut masquer la fièvre
• Chez la personne âgée une fièvre peut entrainer rapidement une déshydratation et/ou une baisse de la tension artérielle. Il faut donc conseiller des boissons abondantes et surveiller sa tension artérielle
• Lorsqu’en période de pandémie Covid quelqu’un présente de la fièvre, il faut aussi savoir penser aux autres causes possibles de fièvre. Un train peut en cacher un autre
• Les médicaments anti-inflammatoires (ibuprofène par exemple) sont déconseillés en cas d’infection
En cas de symptômes à l’évidence très sévères (par exemple très grande gêne respiratoite), le recours au centre 15 est conseillé. Dans les autres cas, prendre quelques minutes pour faire la synthèse avec l’outil Covid-Quest disponible depuis ce site vous sera utile pour appeler les soignants de votre choix : services d’urgence, médecin traitant, pneumologue, service de téléconsultation, secrétariat de rendez-vous médicaux.
Rubrique réalisée sous la direction du Professeur Bruno Housset.Chef du service de pneumologie, hôpital intercommunal de Créteil, 40, avenue de Verdun, 94010 Créteil Cedex 01. automesure.com® – Actualisation octobre 2013 – Rédaction :automesure.com® Dr Anne-Laurence Le Faou (hôpital européen Georges Pompidou, 75015 Paris). Dr Nicolas Postel-Vinay (faculté de médecine Broussais Hôtel-Dieu, Paris VI).
Les patients hypertendus utilisent de plus en plus l’automesure tensionnelle, mais cet outil incontournable du diagnostic et du suivi des patients hypertendus tarde à s’installer chez les médecins généralistes français. Pour identifier les facilitateurs et les obstacles à la généralisation de l’automesure par les généralistes, le Pr Jean Marc Boivin (Nancy) a conduit une étude explorant la perception de l’automesure chez les médecins généralistes dans leur pratique quotidienne. En voici le résumé : Cette étude qualitative comprenait la constitution de six groupes d’échanges réunissant en tout 41 médecins spécialistes en soins primaires en Lorraine (Nord-Est de la France). Elle a été menée entre octobre 2016 et Février 2017. Les entretiens ont été anonymisés et intégralement retranscrits puis une analyse thématique et exhaustive a été réalisée.Les résultats montrent que les premières raisons invoquées par les généralistes pour expliquer leurs difficultés concernant l’automesure étaient le manque de temps, de ressources matérielles et humaines. Cependant, tous ces motifs masquaient d’autres facteurs limitatifs importants, notamment l’insuffisance de connaissances concernant l’automesure, la faible adhésion aux recommandations, et la crainte de perdre en quelque sorte, une partie de leur « pouvoir médical ». Les médecins interrogés ont admis cependant que l’utilisation de l’automesure pouvait améliorer l’observance des traitements par les patients et diminuer l’inertie thérapeutique du soignant. Toutefois, la plupart des médecins utilisaient l’AMT seulement au moment du diagnostic et rarement pour le suivi. Une explication à la réticence des médecins à l’égard de l’automesure, en plus de celles qui concernaient les recommandations, était que l’AMT était perçue comme contraignante et difficile à mettre en œuvre chez les patients. Cet obstacle était principalement observé chez les omnipraticiens les plus âgés mais moins fréquemment chez les jeunes médecins, principalement ceux qui exerçaient dans des centres de santé multidisciplinaires, car la barrière logistique n’était plus la même. En conclusion les auteurs de ce travail estiment qu’il est nécessaire de se concentrer sur la formation des médecins et l’éducation des patients. Nous devons également mettre fin au « pouvoir médical » dans la prise en charge de l’hypertension et nous tourner vers les soins multidisciplinaires, incluant les infirmières, les pharmaciens et les patients.