Moyenne d’automesure de pression artérielle classée dans le vert ? Dans ce cas, nul besoin de faire des autocontrôles trop souvent.
Les utilisateurs de la web application Hy-Result dont la moyenne d’automesure de pression artérielle se situent au-dessous de 135/85 mm Hg (donc codée en zone verte) se voient conseillés de refaire environ 6 mois plus tard, pas avant (1). Cependant certaines personnes recevant un traitement antihypertenseur effectuent des contrôles plus fréquents. Est-ce bien opportun si leur médication n’a pas changée ?
Comme le remarque F. Rose et all dans une étude parue en aout 2025, il existe peu de données concernant la fréquence optimale de l’autosurveillance de la pression artérielle (2). Pour déterminer la bonne fréquence à laquelle les patients devraient s’autosurveiller cette étude a utilisé des données d’essais récents (HOMEBP et TASMINH4) pour évaluer le rythme d’autosurveillance de la tension au fil du temps.
Pour cette étude, les données de deux essais provenant de patients dont la pression à domicile était ≤ 135/85 mm Hg sous traitement stable dans les groupes d’autosurveillance ont été analysées. Le critère d’évaluation principal était la variation moyenne de pression par mois. Les critères d’évaluation secondaires comprenaient la variabilité intra-individuelle et la probabilité d’une augmentation réelle de pression au fil du temps.
Le résumé des résultats est le suivant : 232 participants de l’étude HOMEBP et 582 participants de l’étude TASMINH4 ont été inclus. Les variations moyennes de la pression artérielle systolique par mois et par étude étaient respectivement de -0,1 mm Hg [écart-type 0,6 mm Hg] et -0,2 mm Hg [ET 0,7 mm Hg]. La variabilité systolique intra-individuelle (ET) par mois était respectivement de 4,7 et 5,1 mm Hg. À partir des données de TASMINH4, pour une pression systolique initiale de 130 mm Hg, un nouveau test de pression artérielle après 6 mois a donné une probabilité de 18 % que la pression artérielle soit ≥ 135 mm Hg, avec une probabilité de 25 % que cela reflète une augmentation réelle de la pression artérielle ; après 12 mois, la probabilité d’une augmentation était de 26 %, avec une probabilité de 65 % que cela reflète une augmentation réelle.
Les auteurs concluent qu’en l’absence de changements de traitement, la pression artérielle moyenne auto-surveillée par mois a très peu varié, avec une plus grande variabilité dans les mesures mensuelles soumises par chaque individu. Pour les personnes dont la tension artérielle était initialement contrôlée et dont la médication était stable, il semble donc approprié de répéter l’autosurveillance à 12 mois afin d’orienter la prise en charge. Ce résultat est de nature à rassurer les patients ayant la propension à faire des autocontrôles trop rapprochés dans le temps. D’ailleurs remarquent les auteurs, des mesures trop fréquentes peuvent entraîner des changements de traitement erronés en raison de « bruits » aléatoires conduisant à des mesures élevées par hasard. En pratique le tensiomètre peut être rangé dans un placard la plupart du temps, et il n’est pas opportun de devenir un obsessionnel de la mesure.
Dr. Nicolas Postel-Vinay. Directeur du site automesure.com Rédaction octobre 2025
Références
- Postel-Vinay N, Bobrie G, Ruelland A, Oufkir M, Savard S, Persu A, Katsahian S, Plouin PF. Automated interpretation of home blood pressure assessment (Hy-Result software) versus physician’s assessment: a validation study. Blood Press Monit. 2016 Apr;21(2):111-7.
- Rose F, Stevens RS, Morton KS, Yardley L, McManus RJ. How often should self-monitoring of blood pressure be repeated? A secondary analysis of data from two randomized controlled trials. J Hypertens. 2025 Nov 1;43(11):1863-1870.
