Précautions pour prévenir la survenue de phlébite en avion
Lors d’un vol long courrier bouger régulièrement les chevilles, les orteils et les jambes. L’exercice et les étirements augmentent la circulation sanguine et diminuent le risque. Les exercices devraient être faits durant quelques minutes toutes les heures. Porter des chaussettes ou des bas de contention Bien s’hydrater avec de l’eau et des jus de fruit. Eviter de boire de l’alcool, du café et du thé, car ces boissons sont diurétiques. Éviter de prendre des sédatifs avant et durant le vol afin de se tenir éveillé et d’être capable de bouger librement. Garder le minimum de bagages avec soi afin de laisser l’espace sous le siège libre pour pouvoir s’étirer (par contre, dans le cas de passagers de petite taille qui sont assis les jambes pendantes, on recommande de garder les pieds surélevés, voire d’utiliser leurs bagages au besoin pour s’appuyer les pieds, dans le but d’éviter de comprimer l’arrière des cuisses sur le bord du siège).
Rédaction : Conseils donnés par l’équipe médicale d’automesure.com d’après les précautions édictées par le ministère des transports du Canada (Transports Canada).
La pilule contraceptive augmente le risque de caillot sanguin (thrombose) c’est vrai, mais cela reste rare
La pilule, c’est-à-dire la contraception orale, est un médicament à base d’hormones (oestrogène et/ou progestérone). Les pilules sont des médicaments qui ont des avantages et des risques. L’avantage est une très grande efficacité contraceptive : la pilule est efficace presque à 100 %, sauf évidemment si on oublie de la prendre. L’inconvénient le plus grave est un risque de caillot sanguin (thrombose). Tous les contraceptifs œstroprogestatifs, y compris les patchs contraceptifs, augmentent le risque de faire un caillot sanguin dans les veines ou les artères (accident thrombo-embolique artériel ou veineux). Un caillot dans les veines de la jambe (thrombose du membre inférieur) entraîne une phlébite. Le danger est que ce caillot se détache et migre vers le poumon : cela provoque une embolie pulmonaire qui, si elle n’est pas traitée en urgence, peut abimer gravement le poumon ou même être mortelle. Un caillot dans une artère peut entraîner une lésion du coeur ou du cerveau : infarctus du myocarde ou bien un accident vasculaire cérébral.
Risque de caillot dans les veines : plus élevé avec les pilules de 3ème génération
Selon l’agence du médicament (ANSM), le nombre attendu de cas d’accidents thromboemboliques veineux par an est d’environ : – 0,5 à 1 cas pour 10 000 femmes non utilisatrices de pilules – 2 cas pour 10 000 femmes utilisatrices de pilule 2èmegénération (pilule à base de lévonorgestrel) – 3 à 4 cas pour 10 000 femmes utilisatrices de pilule de 3ème génération (pilule à base de désogestrel ou de gestodène ou à base de drospirénone).
Le risque de thrombose veineuse est de 6 cas pour 10 000 femmes au cours de la grossesse (soit un risque plus élevé que sous pilule, notons le).
Comprendre ces chiffres
La signification de ces risques est complexe. Si on compare les risques entre eux (on parle alors de « risque relatif ») par rapport au nombre d’accidents thrombo-emboliques chez les femmes de même âge qui ne prennent aucun contraceptif oral, on peut dire que : l’utilisation des pilules de 2ème génération augmente de deux fois le risque de survenue d’une phlébite associée ou non à une embolie pulmonaire. L’utilisation des pilules de 3ème et 4èmegénération augmente de quatre fois ce risque.
On peut aussi raisonner différemment en estimant le nombre d’accidents (on parle alors de « risque absolu »). Avec ce mode de raisonnement, le nombre absolu d’accidents thrombo-emboliques parmi les 800 000 femmes françaises enceintes est de 480. Parmi 800 000 autres femmes sous pilule de 2ème génération, il y aura 160 accidents thrombo-emboliques et 320 chez les 800 000 autres femmes sous pilule de 3ème génération.
Il est intéressant de comparer ce nombre d’accident par pilule à un nombre de maladies liées au tabac. Pendant l’année 2010 en France, l’utilisation du tabac provoquera un cancer du poumon chez près de 7000 fumeuses (en l’an 2000 ce nombre n’était voisin que de 4000, car il y a dix ans les jeunes femmes fumaient moins que maintenant).
La consommation de tabac augmente les risques de maladie thrombo-embolique veineuse et d’accident artériel (cœur, cerveau, jambes). L’urgence de l’arrêt du tabagisme est encore plus grande quand on souhaite utiliser une pilule contraceptive, quelle qu’elle soit. Le choix de la contraception orale s’accompagne donc toujours d’une étude des habitudes de vie, de l’histoire de santé de la famille, d’une surveillance du poids, de la pression artérielle, des graisses et du sucre du sang.
Les circonstances aggravantes
Le risque de thrombose des veines (phlébite) est augmenté par une anomalie de la coagulation sanguine. On peut la suspecter chez les personnes qui ont déjà fait des phlébites ou embolies pulmonaires, dans des familles où les proches ont déjà souffert de ces maladies, ou chez les femmes qui font de longs voyages en avion, ou qui ont les jambes immobilisées, par exemple être au lit pour maladie ou du fait d’un plâtre en raison d’une fracture de jambe ou d’une entorse grave)(voir nos conseils voyage en avion).
Précautions pour prévenir la survenue de phlébite en avion
Risque de caillot dans les artères : le tabac aggrave les choses
Le risque d’augmentation d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus est identique pour toutes les pilules contraceptives œstro-progestatives, quelle que soit leur génération. Selon l’agence du médicament (ANSM) ce risque de thrombose artérielle est de l’ordre de 2 à 4 événements pour 10 000 femmes sous pilule pendant un an. Le risque de thrombose artérielle est augmenté si les femmes prenant la pilule contraceptive œstro-progestative fument, ont un diabète (glycémie élevée) ou des taux augmentés de cholestérol ou de triglycérides. Ce risque augmente aussi chez les femmes ayant une hypertension artérielle, une surcharge pondérale ou un âge supérieur à 35 ans. L’utilisation de la pilule contraceptive œstro-progestative pose plus de problème chez certaines femmes que chez d’autres. II est indispensable de bien évaluer ses avantages et ses risques avant de la choisir comme méthode contraceptive. En répondant au questionnaire d’automesure.com, vous pouvez aider votre médecin ou sage-femme à discuter avec vous votre choix de contraception.
Rédaction équipe médicale automesure.com (Professeur Joël Ménard et Docteur Nicolas Postel-Vinay). Merci à Pierre Arwidson (Institut National de prévention en santé) pour sa relecture. Sources : Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (questions/réponses 23/01/2013). Haute autorité de santé, fiche bon usage du médicament (novembre 2012). CepiDc-INSERM. Mise en ligne Février 2013.
Ce choix doit toujours être fait avec soin. Avec certaines pilules, certaines personnes ont dix fois plus de risques de maladie que d’autres. Il est INDISPENSABLE de repérer autant que faire se peut les personnes pour qui certaines pilules contraceptives constituent un DANGER, plus ou moins important d’une personne à l’autre. Si vous recherchez très consciencieusement l’existence de certaines maladies dans votre famille, votre médecin choisira la pilule la plus appropriée après avoir mesuré votre pression artérielle, votre poids, et après avoir demandé dans un laboratoire de biologie la mesure du sucre (glycémie) et des graisses (cholestérol, triglycérides) par une prise de sang. Mais avant que la pilule ne vous soit prescrite, répondez d’abord à nos questions. Vos réponses à transmettre à votre médecin aideront au choix qui va vous concerner pendant plusieurs années. – Une question concerne le risque de faire une obstruction d’un vaisseau par un caillot de sang (thrombose) dans une veine (jambes, œil, cerveau) – Une autre concerne le risque de faire une obstruction d’une artère dans le cerveau (paralysie) ou dans le cœur (infarctus) – Les questions 3 à 5 concernent le tabac. La cigarette augmente le risque de maladie veineuse ou artérielle associé à certaines pilules. On ne peut pas fumer en prenant certaines pilules contraceptives, qui sont peut-être celles dont vous aurez besoin. Ne croyez surtout pas que tout le monde arrête facilement quand il le souhaite. N’hésitez pas à demander à votre pharmacien les substituts de nicotine qui peuvent vous convenir, en fonction de ce que vous fumez (voir notre rubrique tabac pour calculer votre degré de dépendance).
Vous désirez actuellement avoir une vie sans possibilité de grossesse. Votre médecin va vous proposer plusieurs choix de contraception. La pilule est un choix possible, vous en discuterez avec lui. Plusieurs choix de pilules contraceptives existent et ce choix sera fait avec vous par votre médecin traitant, par votre gynécologue, votre sage-femme, ou au collège ou au lycée, dans un centre de planning familial.
– Attention à l’obésité. Le rapport du poids sur la taille au carré ne doit pas dépasser 30.
Une version française du TYM test a été développée par automesure.com en lien avec son concepteur le Dr Jeremy Brown (Cambridge – Grande Bretagne). Les premiers résultats ont été présentés à la 11ème Réunion Francophone sur la Maladie d’Alzheimer et les syndromes apparentés (Toulouse – 24 mai 2012) et publié dans le Journal « Maladie d’Alzheimer Recherche et Pratique clinique ». Nous présentons ci le résumé de ce travail réalisé par Nicolas Postel-Vinay, Olivier Hanon, Pierre Clerson, Jeremy Brown, Jean-Jacques Péré et Joël Belmin avec l’aide de Joël Ménard.
Titre :Intérêt d’un auto-questionnaire (TYM Test) pour le repérage des troubles cognitifs, chez les patients présentant une plainte mnésique adressés en « consultation mémoire ».
Introduction Le Test Your Memory Test (TYM test) [BMJ 2009] est un nouvel outil explorant différentes fonctions cognitives, qui peut être administré par le patient (auto administration) ou son entourage. Il comprend 10 questions pour un score maximal de 50. Plus le score est bas, plus les capacités cognitives sont altérées. Il a été proposé pour le repérage des patients déments. Une version française du TYM test a été développée. Nous présentons ses propriétés métrologiques et psychométriques.
Matériel et Méthodes L’étude a été réalisée dans 5 centres mémoire experts auprès de primo-consultants ambulatoires rapportant une plainte mnésique. Dans le cadre d’une « consultation mémoire », le TYM test a été administré avant tout autre test de dépistage et avant le bilan mémoire (consultation médicale spécialisée, tests neuropsychologiques, imagerie cérébrale, biologie) sans que son résultat ne soit transmis aux professionnels en charge d’établir le diagnostic de trouble cognitif. La validité concurrente du TYM Test a été étudiée versus le MMSE (version Greco), le MIS (Memory Impairment Screen),, le CODEX et la Geriatric Depression Scale (GDS). La cohérence interne a été évaluée par l’alpha de Cronbach (α) et la reproductibilité inter-cotateurs par le coefficient de corrélation intra-classe (ICC). Les performances du TYM pour le diagnostic de démence ont été évaluées par la sensibilité, la spécificité, les rapports de vraisemblance (RV) positifs et négatifs, les valeurs prédictives positives (VPP) et négatives (VPN). Le seuil optimal a été déterminé par régression logistique et courbe ROC.
Résultats Deux cent un patients (77±10 ans, 68.2% de femmes, 49% de niveau baccalauréat ou au delà) ont rempli le TYM test et ont été évalués par un médecin spécialisé. Seuls 26 patients (13 %) ont eu besoin d’une aide modérée ou majeure pour remplir le questionnaire, d’autant plus souvent qu’ils étaient âgés, que leur niveau d’études était faible ou qu’ils étaient déments. Le diagnostic de démence a été porté chez 68 patients (dont 48 démences de type Alzheimer) ; 46 patients n’avaient aucun trouble cognitif, 22 un MCI non amnésique, 68 un MCI amnésique.. Le score du TYM test s’établissait à 43.5±6.6/50 en l’absence de trouble cognitif et à 30.9±7.6 en cas de démence (p<0.0001). Le score était corrélé à l’âge (corrélation inverse) et au niveau d’études (corrélation positive). La reproductibilité inter-cotateurs (ICC 0.99) et la cohérence interne (α=0.83) étaient excellentes. Le score TYM était corrélé au MMSE (r=0.78), au MIS rappels libres (r=0.51), au MIS rappels différés (r=0.54) mais pas au score GDS (r=-0.03) ; il était d’autant plus faible que la probabilité de démence calculée par le CODEX était élevée (p<0.0001). Un score TYM£39 permettrait de suspecter la démence avec une sensibilité de 0.90 et une spécificité de 0.70, soit, dans ce groupe, un RV positif de 2.98 [1.59-5.59] et un RV négatif de 0.15 [0.07-0.31], une VPP de 0.60 et une VPN de 0.93.
Discussion La version française du TYM test démontre des propriétés métrologiques intéressantes pour contribuer au repérage des démences dans cette population et présente l’avantage sur les outils existants de pouvoir être administré en quelques minutes par le patient lui-même ou toute personne de son entourage. Il reste à étudier en médecine générale, à quelles conditions le TYM test pourrait être un outil d’aide à la décision pour les médecins traitants orientant les patients se plaignant de troubles mnésiques pour un avis spécialisé.
Rédaction Nicolas Postel-Vinay en lien avec Jeremy Brown et Pierre ClersoNicolas Postel-Vinay physician Hypertension unit, Hôpital Européen Georges Pompidou, 20 rue Nicolas Leblanc 75015 Paris, France B Hanon professor Department of Geriatry, Hôpital Broca, 75013 Paris, France P Clerson physician, Orgamétrie biostatistiques, 59100 Roubaix, France J Brown physician Department of Neurology, Addenbrooke’s Hospital, Cambridge CB2 2QQ J, England, J Ménard université René Descartes , JJ Péré ; Novartis, J Belmin professor, Department of geriatrics, Hôpital Charles Foix and university UPMC, 94200 Ivry sur Seine, France Correspondence to: N Postel-Vinay automesure@gmail.com
Mise en ligne : mai 2012 par Nicolas Postel-Vinay pour automesure.com. Ce travail a été possible grâce à l’Association Rivages, la société Orgamétrie et un soutien de Novartis.
Le TYM test est un nouveau test de mémoire pour la détection de la maladie d’Alzheimer. L’équipe d’automesure.com a mis en place sa traduction et sa validation en Français.
Qu’est ce que le TYM Test ?
Le Test Your Memory (TYM test) a été proposé par J Brown en 2009. C’est un outil simple, rapide à administrer, qui ne requiert qu’une aide minimale par un médecin ou une infirmière, voir l’entourage d’une personne se plaignant de troubles de la mémoire. Il comprend 10 questions intégrant différentes fonctions cognitives (orientation, capacité à recopier une phrase, connaissance sémantique, calcul, capacité à discerner les points communs ou les ressemblances, dénomination, capacités visiospatiales, rappel différé). Chaque question est cotée sur 5 points pour un total maximal de 50 points.
A quoi sert-il ?
Le Tym test n’est pas destiné à remplacer un test de référence comme le MMSE. En revanche sa simplicité le rend utile pour toutes les situations – fort nombreuses – où le test MMSE n’est pas effectué. Il apporte une aide au repérage des troubles cognitifs.
Comment faire passer le Tym Test ?
Le Tym test est simple à faire passer. L’équipe automesure.com en lien avec J Brown a réalisé un mode d’emploi sous forme de vidéo. Voir la vidéo
Comment obtenir la version validée ?
Toutes les versions françaises trouvées sur Internet ailleurs que sur automesure.com ne sont pas conformes. Ce sont des traductions « pirates » scientifiquement non correctes. Notre version française est disponible ici
Elle est soumise à copyright et sa reproduction sur d’autre sites internet ou toutes autres formes de publications est interdite sans l’accord des auteurs (N. Postel-Vinay, J. Brown et al.).
Comment coter le Tym Test ?
Pour faciliter la cotation du test par des personnes non formées, l’équipe automesure.com a mis au point un logiciel de cotation en partenariat avec J. Brown.
Quelles sont les publications scientifiques concernant le TYM Test ?
Quelles sont les publications scientifiques concernant le TYM Test ? La publication princeps est celle de J Brown dans le British médical Journal (2009). (en savoir plus) La première annonce de la validation française a été dans congrès scientifique en Mai 2012 ; (en savoir plus)
Rédaction Nicolas Postel-Vinay en lien avec Jeremy Brown et Pierre Clerson. Décembre 2012 – Actualisation mars 2014
Le test des cinq mots comprend plusieurs temps : un apprentissage avec indiçage, un rappel immédiat, et un rappel différé après une épreuve intercurrente.
Déroulement pratique
Après avoir montré à la personne examinée, une liste des cinq mots imprimés sur une feuille de papier en gros caractères, par exemple « musée, limonade, sauterelle, passoire, camion » (écrit un par ligne) et dire : « Je vais vous demander de lire ces cinq mots à voix haute et d’essayer de les retenir, car je vous les redemanderai tout à l’heure. » Une fois la liste lue, et tout en montrant toujours la liste imprimée des cinq mots, dire au patient : « Pouvez-vous me dire, tout en regardant la feuille, quel est le nom de : la boisson – l’ustensile de cuisine – le véhicule – le bâtiment – l’insecte ? »
Il faut ensuite retourner la feuille et demander au patient : « Pouvez-vous me dire les mots que vous venez de lire ?»
Il faut noter le nombre de bons mots rappelés et le nombre d’intrusions (mots ne figurant pas dans la liste). Pour les mots non rappelés, et seulement pour ceux-ci, demander : « Quel était le nom de … ? »
Le score de rappel immédiat est le nombre de bons mots rappelés avec ou sans indiçage. Le rappel différé consiste à demander au sujet de dire les mots de la liste après avoir réalisé une épreuve intercurrente destinée à détourner l’attention du sujet pendant 3 à 5 minutes (calcul mental, test de l’horloge ou autre), et à noter les bons mots rappelés, les intrusions et les mots non rappelés ; de même, pour ces derniers, proposer l’indice et noter son effet. Le score de rappel différé est le nombre de bon mots rappelés avec ou sans indiçage. Le score total est la somme des scores de rappel immédiat et différé.
Objectif du test
Le test des cinq mots a pour objectif d’évaluer de façon rapide la performance de la mémoire épisodique, et faire la part entre plainte banale et trouble objectif de la mémoire.Interprétation : Le résultat normal est de 10 points.
Un score abaissé traduit un trouble objectif de la mémoire non amélioré par l’indiçage, ce qui est en faveur d’un trouble de l’encodage de l’information, pouvant indiquer l’existence d’une démence. L’existence d’intrusions au cours du test est un élément qualitatif en faveur d’un processus démentiel. Les troubles de mémoire avec difficulté du rappel sans trouble de l’encodage sont améliorés ou corrigés par l’indiçage, et sont plus souvent en rapport avec les effets du vieillissement cérébral ou des troubles attentionnels. Ce test a été validé pour des patients atteints de maladie d’Alzheimer.
Références : Dubois B, Touchon J, Portet F, Ousset PJ, Vellas B, Michel B. Les 5 mots : une épreuve simple et sensible pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Presse Med 2002.31 : 1696-9 ;
Source : Rédaction Pr. Joel Belmin.Service de gériatrie et Consultation mémoire, Hôpital Charles Foix, 94 Ivry-sur-Seine Mise en ligne Avril 2010
Ce test a pour but de dépister de façon très rapide les troubles de la mémoire et de la compréhension (troubles cognitifs, fonctions exécutives, praxies visuo-constructives). Il faut bien expliquer l’objectif et le déroulement du test à la personne testée et s’assurer qu’elle a des capacités de communication et de coopération suffisantes pour que l’interprétation soit fiable. Il n’y a pas de limite de temps pour réaliser ce test. La cotation du test de l’horloge est faite de 0 à 10 points et l’interprétation est présentée dans le tableau ci après. Il faut noter que le score de 6 ne permet pas de porter une conclusion.
Note
Critère
Interprétation
1
Tout est faux ou ininterprétable ou il n’y a pas eu d’essai.
anormal
2
Ce qui est dessiné a un rapport avec les consignes, mais l’organisation spatiale des chiffres est inappropriée,
anormal
3
Chiffres des heures plus connectés au dessin du cadran. Aiguilles pas présentes de façon reconnaissable.
anormal
4
Chiffres absents ou écrits en dehors de l’horloge, ou séquence fausse. Aiguilles non clairement représentées.
anormal
5
Persévération ou arrangement inapproprié des chiffres (ex : chiffres indiqués par des points). Les aiguilles peuvent être représentées, mais ne pointent pas forcément des chiffres
anormal
6
Usage inapproprié des aiguilles (par exemple, affichage digital ou entoure les chiffres des heures malgré des instructions répétées). Accumulation des chiffres d’un côté de l’horloge ou chiffres à l’envers.
limite
7
Placement des aiguilles de façon significativement fausse (plus d’un chiffre).
normal
8
Erreurs plus notables dans le placement des heures et des minutes (moins de un chiffre), l’espace entre les chiffres montre un trou.
normal
9
Légère erreur dans le placement des aiguilles (pas exactement sur 8 et 4) mais pas franchement sur un autre chiffre, ou un chiffre manquant sur l’horloge.
normal
10
Chiffres et aiguilles en position approximativement correcte. Les aiguilles des heures étant clairement distinctes de celles des minutes.
normal
Exemples
Références : Sunderland T, Hill JL, Mellow AM, et al. Clock drawing in Alzheimer’s disease. A novel measure of dementia severity. J Am Geriatr Soc. 1989
Depuis cette rubrique, nous présentons ou donnons accès à des tests de mémoire ayant fait l’objet d’études scientifiques. Cette liste n’est pas exhaustive, mais nous avons sélectionné les tests les plus fréquemment utilisés. Ce ne sont pas des jeux, comme il en existe dans le commerce, mais des outils médicaux pour évaluer les troubles de mémoire. Ils ne doivent pas être utilisés sans avoir au préalable pris connaissance de nos informations. Leur interprétation doit se faire avec un médecin.
Mini Mental Status Examination (MMSE)
Il comporte 18 questions ou épreuves et dure environ 15 minutes. Lire les questions
Test CODEX
Il est réalisable en 3 minutes. Pour en savoir plus sur ce test, voir le site testcodex.org réalisé par le Pr Belmin
Test de l’horloge
Le test de l’horloge consiste à présenter au sujet une feuille sur laquelle un cercle est dessiné. On demande au sujet de représenter à partir de ce cercle le cadran d’une horloge ou d’une montre en plaçant les graduations et les chiffres sans utiliser de modèle. Une fois cela fait, on lui demande dans un second temps de dessiner les aiguilles pour représenter une heure précise (par exemple, 2 h 45, ou bien 19 h 20). (Pour en savoir plus, cliquez ici)
Test des 5 mots
Ce test consiste à montrer à la personne examinée, une liste des cinq mots imprimés sur une feuille de papier en gros caractères. L’examinateur pose ensuite une série de questions ayant trait aux mots qui viennent d’être mémorisés plus ou moins bien. Ce test rapide fait la part entre une plainte banale de trouble de la mémoire ou la mise en évidence d’un trouble objectif de la mémoire. Plus de détails, lire
Faut-il une évaluation médicale pour les patients se plaignant de leur mémoire, même après 80 ans ?
Oui. Il faut éviter de rassurer hâtivement une personne âgée qui se plaint de sa mémoire, sans avoir fait une évaluation clinique précise incluant une évaluation rapide des fonctions cognitives. Les effets du simple vieillissement sur la mémoire sont relativement modérés. Ils n’expliquent pas l’existence de troubles de la mémoire gênant la vie quotidienne.
Est-il possible d’évaluer la mémoire d’un patient en milieu non spécialisé ?
Oui. Il est possible de réaliser une évaluation précise de la mémoire et de donner au patient des conseils pertinents en consultation de médecine générale. Pour la réaliser en un temps limité l’interrogatoire et l’examen clinique recherchent :
la prise de médicaments
des troubles de l’humeur
une atteinte cérébrovasculaire ou neurologique
des anomalies des fonctions cognitives
Points clés à rechercher et les réponses :
– A) Le patient prend-t-il des médicaments pouvant perturber la mémoire ? Le professionnel recherche la prise de benzodiazépines et apparentés, de neuroleptiques et de médicaments ayant des propriétés anticholinergiques.
– B) Le patient a –t-il des troubles de l’humeur qui peuvent interférer sur sa mémoire, telle une dépression ou des troubles anxieux ? Le professionnel doit recueillir les antécédents. L’interrogatoire recherche des symptômes dépressifs ou anxieux. Il faut systématiquement poser des questions au patient, car certains d’entre eux ne parlent pas spontanément de leurs difficultés. Il faut notamment rechercher une humeur triste, une perte d’intérêt, une modification du poids, des troubles du sommeil, une perte d’énergie, des sentiments de culpabilité ou de dévalorisation, des pensées de mort.
– C) Y a-t-il des symptômes « suspects » qui peuvent faire craindre une démence ? Certaines situations ou symptômes doivent inciter à recherche un syndrome démentiel : • la personne concernée a plus de 70 ans • les difficultés de mémoire se sont majorées au cours des derniers mois ou semaines • la personne concernée a besoin de l’aide d’une autre personne pour accomplir certains gestes de la vie quotidienne, comme gérer son budget, utiliser le téléphone, se déplacer et prendre les transports en commun, gérer la prise de ses médicaments • la personne concernée minimise ses difficultés de mémoire ou les nie, alors qu’elles sont perçues comme importantes par l’entourage familial/amical • le comportement de la personne concernée a changé • la personne concernée prend plusieurs médicaments, ou a fait des chutes, ou a maigri récemment sans suivre de régime • la personne concernée a eu un accident vasculaire cérébral ou est atteinte d’une maladie neurologique (maladie de Parkinson ou autre).
– D) Y a-t-il une maladie cérébrovasculaire ou une maladie neurologique autre ? Le professionnel recueille les antécédents et procède à un examen physique.
– E) L’évaluation rapide des fonctions cognitives est-elle anormale ? Pour répondre à cette question, il faut réaliser un test rapide pour évaluer les fonctions cognitives. Le plus classique est le test du Mini Mental Status Examination qui comporte 18 questions ou épreuves et peut être réalisé en 15 mn environ. Le test CODEX est réalisable en 3 minute, le test des 5 mots est également de réalisation simple. (Pour en savoir plus, voir la rubrique tests).
Que conseiller au patient au terme de l’évaluation ? (quatre cas de figures)
A) Une cause probable est trouvée En cas d’utilisation de médicament pouvant perturber la mémoire, conseiller un arrêt si cela est possible. Attention, s’il s’agit de benzodiazépines utilisées depuis plus de 30 jours, il faut les arrêter de façon progressive (pas de sevrage brutal). En cas d’épisode dépressif majeur ou de trouble anxieux généralisé, il faut entreprendre une prise en charge spécifique, si besoin avec l’aide d’un psychiatre. Les traitements font appel à des psychothérapies et/ou des médicaments antidépresseurs, le plus souvent de type inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Dans ces deux cas de figure, il faut revoir le patient à distance (2 ou 3 mois par exemple) pour voir si les symptômes se sont amendés et pour refaire une évaluation cognitive.
B) Le test d’évaluation cognitive est anormal Il faut orienter le patient vers une consultation spécialisée, idéalement vers une consultation mémoire où vous obtiendrez une évaluation approfondie des fonctions cognitives et l’avis d’un médecin spécialisé. Il est possible à ce stade de prescrire une imagerie cérébrale (IRM cérébrale, ou en cas de contre-indication ou d’accès difficile, un scanner cérébral) qui sera utile pour l’évaluation spécialisée. L’objectif premier du bilan spécialisé est le suivant : y a-t-il une démence, et si oui, de quelle origine ?
C) Le test d’évaluation cognitive est normal : Il est possible de rassurer le patient quant à son état actuel. Il est très important de revoir le patient à distance pour une nouvelle évaluation cognitive, par exemple à 6 mois, ou bien avant si les symptômes venaient à se majorer. Cela est particulièrement important si le patient a une maladie neurologique et/ou des symptômes « suspects ». En effet, les tests d’évaluation rapide des fonctions cognitives peuvent parfois être pris en défaut (faux négatifs, maladie vue au stade très débutant). Dans ces cas, l’évaluation à six mois permet de rectifier la stratégie de prise en charge.
D) Le test d’évaluation cognitive n’est pas réalisable : Il peut s’agir de problèmes sensoriels (vision audition) qu’il faut prendre en charge. Il peut s’agir de patients comprenant ou parlant mal le français. Il peut aussi s’agir de patients ne souhaitant pas coopérer par refus ou dans le cadre de problèmes psychiatriques. Dans ces cas, le recours aux centres spécialisés doit être fait au cas par cas.
Auteur : Professeur Joël Belmin. Service de gériatrie et Consultation mémoire, Hôpital Charles Foix, Ivry-sur-Seine, contact mail automesure.com® Rédaction Janvier 2009