Autotests génétiques pour les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer : une épée de Damoclès en vente libre !

 


 

 

C’est reparti ! Après avoir donné un coup d’arrêt à la société 23anMe lui interdisant en 2013 de commercialiser certains autotests génétiques par internet, les autorités de santé nord américaines (la Food and Drug Administration) redeviennent permissives quatre ans plus tard. Depuis Avril 2017 la société 23anMe est autorisée à vendre directement aux consommateurs des autotests de susceptibilité génétique portant sur dix maladies. Autrement dit, les autotests génétiques en libre accès sont à nouveau disponibles via internet. Cette fois, le kit de « susceptibilité » génétique comprend désormais les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer qui sont des pathologies aussi fréquentes qu’effrayantes.

 

En pratique pour avoir accès au GHR (Personal Genome Service Genetic Health Risk), il suffit de commander d’un clic sur internet le kit (199 dollars US). Une fois reçu le matériel on dépose de la salive dans un tube et on le place dans une enveloppe prépayée. Reste ensuite quelques 6 à 8 semaines (d’angoisse ?) avant de recevoir un email indiquant que les résultats sont disponibles. L’utilisateur peut alors se connecter à son compte personnel et accéder à ses résultats et leur interprétation. En cas de mauvaise pioche, 23anMe explique que certaines mutations constituent « un facteur de risque, mais dont la présence ne préjuge en aucun cas de la certitude d’être malade ». Prudente en raison de l’impact négatif de la nouvelle, la société 23andMe exige que les personnes qui achètent le test spécifient leur volonté d’obtenir une information. Qui est tenté par l’achat d’une épée de Damocles ? Si vous l’êtes, sachez qu’en France, l’achat d’un test génétique sur internet est passible d’une amende.

La commercialisation de ces nouveaux autotests font débat. On retiendra ici que contrairement aux maladies monogénétiques (un seul gêne est touché), les maladies de Parkinson et d’Alzheimer sont plurifactorielles (elles dépendent de plusieurs causes). Donc ces tests sont peu fiables. C’est tout particulièrement vrai pour la maladie d’Alzheimer pour laquelle le calcul se fonde sur le variant ? 4 du gène APOE. « Si vous portez ce variant en un exemplaire, votre risque de développer la maladie est de 22% à 35% après 85 ans. Mais comment comprendre ce résultat ? Et qu’en faire ?

 

Rédaction Dr Nicolas Postel-Vinay pour automesure.com (Juillet 2017)


 

Sources :

  1. « Alzheimer, Parkinson,… : la FDA approuve finalement un autotest génétique pour dix pathologies ». Medscape, 18 avril 2017.
  2. « FDA permits marketing of first direct-to-consumer genetic, carrier test for Bloom syndrome » FDA, 23 février 2015 ;
  3. « It’s just saliva. No blood, No needles » 23andMe.