Mesurez votre risque cardiaque


  Explications pour les professionnels de santé
 



 

Estimation du risque cardiovasculaire :
extraits des recommandations de l’Anaes (1
)
 
   

« Nous manquons encore d’outils objectifs validés permettant de calculer le risque cardiovasculaire. Les données de Framingham ont été mises en équations, différentes selon les territoires concernés, coronarien ou cérébrovasculaire. Le modèle modifié Framingham–Anderson de calcul du risque coronarien (1991) a été adapté aux conditions françaises, en 1994, par Laurier et al., selon les données de l’étude PCV-METRA. Le groupe de travail a jugé prématuré de recommander l’utilisation de ce calcul comme outil décisionnel.

Il existe, en effet, de nombreuses limites à l’utilisation de ce calcul du risque cardiovasculaire.

– L’utilisation des résultats d’études de groupes pour la prédiction d’un risque individuel doit se faire avec précaution. Il ne s’agit que d’un risque moyen pour un groupe de sujets présentant les mêmes caractéristiques que l’individu concerné, assorti d’un écart type assez large ;
  
– Les équations de Framingham ont été calculées dans une population bien précise d’origine anglo-américaine dont les caractéristiques ne sont pas directement extrapolables, et ont varié au fil du temps ;

– Les variables prises en compte dans les équations sont en nombre limité, de définition imprécise, donc le calcul est très imparfait. L’âge y joue un rôle déterminant : une approche basée sur la notion d’un seuil unique aurait pour principale conséquence d’augmenter l’indication du traitement antihypertenseur chez les sujets âgés, et de le réduire chez les sujets jeunes ;

– Le calcul ignore de nombreux facteurs (antécédents familiaux, zones géographiques, type d’obésité, etc.), en intègre d’autres de façon purement qualitative (tabagisme, HVG, diabète, etc.) sur la base de définitions peu explicites ;

– Enfin, la notion de seuils d’intervention ne relève pas seulement d’un choix technique de décision médicale, mais aussi, de la définition de priorités entre différents objectifs sanitaires, et donc de la politique de santé.


Le groupe de travail a par conséquent préconisé la réalisation d’études complémentaires pour évaluer l’intérêt du calcul du risque cardiovasculaire absolu dans la prise en charge du patient hypertendu. »

 

Référence
1. Recommandations pour la pratique clinique. Prise en charge des patients adultes atteints d’hypertension artérielle essentielle. Recommandations cliniques et données économiques.
Anaes, avril 2000, 133 pages.
Ce texte est disponible en texte intégral sur le site de l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes).

 

Calculer son risque cardiovasculaire sur la toile : est-ce sérieux ?:
  A ce sujet lire l'article de Nicolas Postel-Vinay et Isabelle Colombet paru dans la Revue du praticien, du 18 juin 2001
  Lire l'article

Risque cardiovasculaire absolu : son intérêt, ses limites
  Le calcul du RCVA est un excellent moyen de classification, sans être un outil de prédiction individuelle utilisable en France. Il ne permet pas au médecin de définir par chaque patient "son" risque, mais c'est un outil de choix pour repérer les sujets à haut risque que l'analyse séparée des facteurs aurait méconnus. Pour en savoir plus lire les explications du Pr. Gilles Chatellier (département d'informatique hospitalière Hôpital Européen Georges Pompidou; Paris) parues en juillet 2001 dans un N° spécial de CPS.
  Lire l'article

 

Communication et risque cardiovasculaire
  Comment le médecin peut-il communiquer avec son patient au sujet du calcul du risque cardiaque ? Lire les explications du Dr. Nicolas Postel-Vinay (Service de santé publique. Faculté de médecine Broussais Hotel-Dieu, Paris) parues en juillet 2001 dans un N° spécial de CPS.
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  Pour en savoir plus
 

 

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Rédaction : Pr Gilles Chatellier, Dr Nicolas Postel-Vinay, faculté de médecine Paris-VI, novembre 2001.