Note : Migraine avec aura
Selon le Collège des enseignants de neurologie, la migraine avec aura se caractérise par la présence de signes neurologiques focalisés précédant ou accompagnant la céphalée migraineuse et classiquement controlatérale à celle-ci. Deux paramètres sont importants pour le diagnostic :

    • le mode d'apparition : de manière progressive (≥ 5 minutes), réalisant la classique « marche migraineuse », avec régression complète en moins d'une heure avant ou parallèlement à la céphalée ;
    • le type : l’aura visuelle et l’aura sensitive sont les plus fréquentes et peuvent se combiner chez un même patient ; une aura entraînant des troubles du langage (manque du mot ou paraphasies) est plus rare ;

Certaines auras sont exceptionnelles (ophtalmoplégie, hémiplégie, etc.) et doivent conduire à des examens complémentaires (IRM cérébrale). L’aura migraineuse peut ne pas être suivie de céphalée, posant des problèmes diagnostiques difficiles, surtout en l'absence d'antécédent identique.

 

1. Aura visuelle

  • C'est la plus fréquente des auras ; elle caractérise la « migraine ophtalmique ».
  • Le scotome scintillant est le plus fréquent des symptômes visuels : point lumineux dans une partie du champ visuel des deux yeux, persistant les yeux fermés, s'élargissant sous forme d'une ligne brisée et laissant place à un scotome central, lui-même de régression progressive.
  • L’hémianopsie latérale homonyme est également fréquente, apparaissant en quelques minutes, parfois précédée de taches colorées ou lumineuses dans le même hémichamp.
  • De nombreuses autres manifestations visuelles sont possibles :
    • unilatérales : phosphènes, scotome sur un œil ;
    • complexes : vision kaléidoscopique, troubles de la perception visuelle (notamment métamorphopsies, déformation de la forme des objets et des individus), voire hallucinations visuelles élaborées.

2. Autres auras

  • Les auras sensitives sont aussi fréquentes. Il s'agit de paresthésies non douloureuses touchant typiquement les premiers doigts de la main et le pourtour des lèvres du même côté (chéiro-orales).
  • Elles s'étendent progressivement au coude, puis à l'hémiface, plus rarement à l'ensemble de l'hémicorps selon une « marche » caractéristique.
  • Les troubles du langage sont plus rares : manque du mot, dysarthrie, parfois aphasie totale.
  • Les auras motrices sont très rares et surviennent dans le cadre de la migraine hémiplégique familiale ou sporadique. Ces auras associent des troubles moteurs de sévérité variable, uni- ou bilatéraux, à des troubles sensitifs et/ou des troubles du langage. L'imagerie cérébrale est ici nécessaire pour ne pas méconnaître une lésion responsable du déficit.

Dans la migraine dite « basilaire », l'aura évoque une atteinte du tronc cérébral et des régions postérieures du cerveau : troubles visuels, diplopie, ataxie, troubles de la vigilance, voire coma… Il s'agit d'une forme rare de migraine, souvent très bruyante, qui impose des explorations complémentaires en urgence pour éliminer une autre pathologie.